Conseil et coach en communication et en négociation
Conseil et coach en communication et en négociation
11.06.2018
Philippe Etienne
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Cette photo épatante a été prise par l'agence de presse allemande DPA. Comme dirait l'autre, un bon croquis (en l'occurrence une bonne photo) vaut mieux qu'un long discours. "L'autre" étant Napoléon, c'est vous dire si la citation est pleine d'à-propos ! Les amoureux de la communication non-verbale peuvent prendre leur pied avec cet instantané, ce pris sur le vif formidable. Merkel, tout le corps en avant, met visiblement tout son poids dans la balance. Shinzo Abe a par contre les bras croisés et l'air "droopy" plus vrai que nature. Il sait que cela ne sert à rien. Macron est de son côté lui aussi en action de conviction, même si la photo le montre davantage de profil. Merkel ne sourit pas vraiment, lui un peu plus, sur le thème "bon, Donald, arrête ton cirque". Quant au Donald, justement, bras croisés et l'air arrogant et moqueur, il est évident qu'il a l'air de s'en foutre comme de son premier hamburger. C'est d'ailleurs le cas, sans aucun doute possible, il l'a dit en un peu plus de 200 caractères, une fois de retour dans sa niche Air Force One. Plus ça va, plus Trump me fait penser au clébard agressif de Tom et Jerry : Plus sérieusement, Donald Trump est le profil le plus caricatural du négociateur dit "compétitif-agressif". Basiquement, les profils compétitifs aiment gagner, ne perdent pas de vue (jamais !) leurs intérêts et sont évidemment de formidables ressources pour ceux qui les emploient. Ce sont des négociateurs dits "durs". Nous avons tous du compétitif en nous, à des degrés divers. Nous les opposons aux "coopératifs", assertifs et bienveillants, qui travaillent à protéger leurs intérêts en même temps que la relation. Sous stress, le profil dit coopératif peut avoir tendance à devenir "soumis", au risque donc de perdre de vue ses intérêts. Un altruiste débordé, en quelque sorte. Le profil compétitif dit "agressif", que je décris, par égard pour ceux auxquels je m'adresse, comme "sous stress" lui aussi, est aveuglé le plus souvent par son ego, ou par une vision particulièrement rigide de son mandat, et donc, à cause de l'un et / ou de l'autre, capable de mettre en danger la relation avec le(s) autres(s) pour pouvoir (se) dire qu'il a gagné coûte que coûte. De façon schématique, le profil compétitif-agressif cherche à vaincre dans un rapport de force et se montre rigide, arrogant, hostile, intolérant, égoïste, agressif, violent... Nous en avons beaucoup dans nos rues et nos plateaux télé en France aussi, le Donald est un repoussoir pratique, mais bon, il n'est pas le seul de son espèce. Donald pourrait se contenter d'être "compétitif-efficace", c'est à dire : dur toujours mais aussi observateur, bien préparé, ayant le sens du timing, toutes qualités que nous pouvons espérer le voir mettre en pratique face au petit père Kim, car dans le genre casse-noix, le Coréen du Nord en tient une sacrée couche également. Cependant, et c'est tout le drame avec le Donald, il est tellement pénible, notre "winner" du Potomac, que le bolcho coréen ou les turbans de Téhéran finissent par paraître moins pénibles que lui. C'est dingue. Bon, il continue de pleuvoir des trombes mais Nadal a gagné Roland-Garros pour la onzième fois, c'était déjà ça ! Dans le genre "dur", il est réjouissant, l'animal (la photo est du Point). Au moins les matches de tennis ne prétendent-ils pas être des négociations !
20.05.2018
Philippe Etienne
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Il y a des jours où je délire Il m'est arrivé une toute petite histoire curieuse pas plus tard qu'hier. Alors que j'étais avec mon cadet à sélectionner un film que nous aurions envie de regarder ensemble, nous tombons sur la bande annonce du film The Square, palme d'or à Cannes l'an dernier. Le trailer décoiffe un brin et surtout il me met face à un visage d'actrice qui me fait dire : "c'est dingue, pourquoi j'ai l'impression de la connaître". Et quand je dis "connaître", ce n'est pas seulement à d'autres films dans lesquels j'aurai pu voir cette actrice que je pense. J'ai l'impression de l'avoir connue en vrai ! Alors que je ne sais même pas comment elle s'appelle 😁 Je fouille sur Google la carrière de l'actrice en question, qui s'appelle Elisabeth Moss et là, tout s'éclaire : elle joue dans la série Mad Men ! Le pouvoir des séries J'ai tellement regardé Mad Men à une époque que je finissais par y penser, à l'intrigue comme aux personnages, parfois dans la journée, comme je pense à des amis ou à des personnes avec lesquelles je vis ou travaille. Je m'étais fait la même remarque avec les personnages de Downtown Abbey, autre série qui m'avait bien envahi le quotidien. Elisabeth Moss est, dans Mad Men, un des personnages les plus intéressants de la bande de pubards new yorkais au coeur de la série. Donc, si le coeur vous en dit et si vous n'avez toujours pas vu un épisode de Mad Men, je vous laisse les découvrir. The Square : miroir ironique salutaire Vous pouvez aussi regarder The Square, qui nous a bien bottés, mon cadet et moi. Nous sommes, avec un peu de retard, tout à fait d'accord avec l'honneur fait à ce film Palme d'Or 2017 ! Si vous vous intéressez à la manière dont on réfléchit à la médiatisation d'un évènement, à la façon dont les journalistes travaillent avec les communicants de mon espèce comme avec les dirigeants, aux relations que les uns et les autres peuvent nouer, the Square vous donnera quelques clefs sardoniques sur la manière dont les choses se passent. Je ne suis pas sûr que ce soit à la gloire ni des communicants, ni des dirigeants, ni des journalistes. C'est d'ailleurs une des choses que j'ai aimé dans ce film. A force de ne pas faire dans le détail, le réalisateur, Ruben Östlund, passe au large de tous les emmerdeurs sentencieux. Son film garde une saine distance moqueuse avec tous sans tricher particulièrement avec la réalité. Par exemple, tous les points du scénario liés à la communication sont crédibles. Le raisonnement de l'agence de com' montrée dans le film est d'une validité stratégique incontestable, les résultats sur réseaux sociaux sont hélas à la hauteur du bidule qui leur est proposé, la légèreté, puis la lâcheté de certains dirigeants est bien cernée. La réalité a bien souvent dépassé la fiction que nous propose joyeusement The Square. Quant à l'art contemporain, prétexte central du film, pour avoir fréquenté de près les promoteurs de la Gaîté Lyrique et croisé les animateurs du Palais de Tokyo il y a pas mal d'années, j'avoue que la mise en boîte réalisée par The Square est sacrément réussie. Je parle bien de mise en boîte, pas d'étrillage en règle. Car c'est aussi ce que j'ai aimé dans ce film. Il se moque, mais il y a de la tendresse là-dedans. Il m'a d'ailleurs semblé que The Square avait trouvé cet équilibre dans l'humour qui manque à tous les régleurs de compte de France Inter, du Quotidien, et autres comiques troupiers de l'époque. The Square est une jolie illustration de ce que pourquoi plaide mon camarade Didier Pourquery dans son dernier rafraîchissant bouquin : "En finir avec l'ironie ?". Bref, regardez The Square si vous en avez l'occasion : les travers bien-pensants de nos gentilles démocraties qui font rêver les migrants, sont très bien cernés. Grosse réussite aussi bien dans l'approche du scénario, l'interprétation des acteurs que le traitement du réalisateur. Chouette moment. Quant à cette brave Elisabeth Moss dont je ne me rappelais plus le nom... et bien dans le film, le personnage principal joué par Claes Bang, lui fait presque le même coup... et pourtant, lui, dans le scénario, il ne s'est pas contenté de la voir dans une série américaine 😎
07.05.2018
Philippe Etienne
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J'ai déjà eu l'occasion dans ce blog de dire tout le bien que je pensais du film Vice-Versa, produit par Pixar, un film pour les enfants comme pour les parents qui aide à comprendre le rôle des émotions dans nos comportements et nos décisions. Le caractère ultra-émotionnel de l'actualité, entre anarchistes violents, célébrations soixante-huitardes et autres Fête à Macron, sans oublier le PDG d'Air France qui joue au poker, me donne envie de revenir sur ces émotions et ce qu'elles traduisent de nous. La colère : commençons par elle puisqu'elle est la vedette de nos médias. C'est intéressant d'en observer les gradations successives : au départ il existe une contrariété, laquelle peut muer en agacement, ces deux premiers stades restants somme toute gérables. Si nous n'y arrivons pas, les choses vont devenir plus compliquées. A l'agacement va succéder l'énervement. L'énergie monte ! Ensuite vient l'agressivité, et c'est là que les projectiles pleuvent sur les vitrines, les gendarmes mobiles ou les chemises blanches des DRH... Ces différents stades d'énergie se mettent en mouvement car au départ il existe chez celui (ou celle !) un besoin qu'il n'arrive pas à satisfaire, le besoin de respect. Prenez le camarade Mélenchon, colérique chronique, il raconte très bien l'absence de respect, de considération, dont il dit avoir fait l'objet de la part des instances dirigeantes du PS. Au-delà du personnage, les phénomènes économiques engendrés par la mondialisation, génèrent un sentiment de perte de contrôle, d'insignifiance, à la racine des mouvements que nous pouvons observer. Que faire alors pour la faire retomber ? Pensez alors au remarquable film de Sidney Lumet, justement intitulé "Douze hommes en colère", avec Henry Fonda dans le rôle principal. Il est intéressant de voir comment Henry Fonda va se confronter à la colère de ses homologues. Il leur pose des questions, il laisse la porte ouverte, il assume son désaccord et les interroge sur ce à quoi ils croient. Il utilise son pouvoir, celui d'être un juré comme eux, pour les faire réfléchir et pas pour les contraindre. Et il emporte le morceau. La colère n'a rien à voir avec la justice ou la vérité. La peur : continuons avec elle puisque c'est ce que ressentent tous ceux qui se trouvent licenciés parfois sans ménagement, ceux qui vivent dans des environnements dégradés, etc... Cette émotion naît avec le doute, lequel peut muer en inquiétude. Là encore, l'émotion ressentie joue en nous mezza voce. Elle prend de l'énergie si elle se mue en appréhension, puis en angoisse, voire en terreur ou effroi. La peur souligne que nous nous sentons en insécurité, elle part d'un besoin de protection. La peur nous invite à questionner la réalité. Que font les parents confrontés aux enfants qui font des cauchemars ? Ils leur offrent leur protection sans concession, font parler les enfants de ce qu'ils viennent de "voir", ils les ramènent progressivement dans une réalité a priori rassurante. Nous sommes tous de grands enfants. La tristesse : c'est l'émotion que ressentiront tous ceux qui, dans notre actualité chargée, auront l'impression d'avoir engagé un bras de fer "pour rien". C'est une impression très présente chez les managers ou les dirigeants que je peux rencontrer lorsqu'ils ont perdu un job, un statut, un sentiment d'appartenance. La tristesse nous dit que quelque chose de bon s'est achevé, quelque chose qui donnait du sens à notre vie. A basse intensité, la tristesse commence avec une déception, qui peut muer en nostalgie. D'intensité plus forte elle se mue en mélancolie, et, dans les cas les plus douloureux en désespoir, en dépression, elle peut déboucher sur des suicides. La tristesse s'installe lorsque nous avons perdu ce qui nous rendait vivant, ce qui faisait le sel de notre quotidien. Confronté à la tristesse, la nôtre ou celle de nos proches, la ligne de conduite est de les accompagner bien souvent dans la prise de conscience de ce qui manque, et de les aider à chercher d'autres sources de sens. La joie : c'est une émotion positive alors les choses nous paraissent plus simples. Nous pouvons en observer là aussi des gradations : au départ nous sommes contents et ce contentement peut muer en satisfaction. A forte intensité nous ressentons de l'enthousiasme. La joie peut devenir vaguement dérangeante lorsqu'elle mue en exaltation, pour ne pas dire en hystérie. Pour prendre un exemple en forme de clin d'oeil, rappelons-nous lorsque Tragicomix, dans Astérix Légionnaire, s'écrie "je vais revoir Falbala, je vais revoir Falbala !", Obélix ne peut s'empêcher de maugréer "gnagnagna". Rappelons nous les résultats de nos examens, ces débordements exaltés lorsque le résultat est positif... que ne vivent pas très bien ceux qui se sont fait recaler ! Du vécu, vous dis-je, du vécu. Bref, la joie est casse-pieds parfois, il suffit de se rappeler les polémiques râleuses chez les vaincus lorsque notre Jupiter favori est allé fêter son premier tour à la Rotonde ! La joie signe une réponse à notre besoin d'accomplissement. C'est important de ne pas la louper. Je connais quelques dirigeants et managers qui oublient régulièrement de célébrer la réussite, la leur et celle de leurs équipes. Cela donne des organisations sans joie. L'émotion de la joie favorise le sentiment de fierté. C'est très important ! Apprenons donc à communiquer nos émotions, à écouter celles des autres, aussi difficile que cela soit parfois ! Le film Vice-Versa nous apprend qu'elles nous aident à grandir. Revoyons Vice-Versa ! PS : un lecteur attentif et cultivé m'a fait remarquer, à la toute première édition de ce post, que je m'étais mélangé les pinceaux dans l'exemple, brillant bien sûr, que je tire d'Astérix. J'avais attribué à Obélix les répliques du bellâtre Tragicomix ! Bourde corrigée. Que ce lecteur érudit en soit remercié ! Son attention m'a apporté une joie sans mélange :-) !
16.04.2018
Philippe Etienne
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Ainsi donc les deux intervieweurs vedettes du moment, célébrés par leurs pairs, vantés pour leur punch, leur absence de complaisance pour les puissants, ces hommes que le monde libre tout entier nous envie, sont donc Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel. Damned, voilà qui m'en bouche un coin. Festival de narcissisme J'avoue que le festival de complaisance auquel les médias se livrent de plus en plus souvent entre eux avant ou après un exercice comme l'interview de Macron au Palais de Chaillot l'autre dimanche, me semble complètement invraisemblable et décalé. Dans le genre il n'y a que François Hollande pour les battre... l'homme qui dit que Macron aurait perdu l'élection si lui, François Hollande, avait fait campagne. Il ajoute qu'il aurait perdu aussi. Ah ah ah. Comme Fillon aurait récolté sa tempête, c'est donc la fille du facho ou l'autre énervé du Venezuela qui auraient gagné ? Nous l'avons vraiment échappé belle. Il a bien fait de venir nous raconter cela, pépère. On est content qu'il soit resté à la maison au lieu de faire campagne, s'il pouvait y retourner d'ailleurs pour y reprendre un croissant au beurre, surtout qu'il ne se gêne pas. Il nous manque tellement peu que le 20h de France 2 aurait eu une chute d'audience ce soir là... c'est trop drôle pour que j'arrive à le croire Mais revenons à JJ Bourdin, l'homme qui cherche à mettre à mal les puissants, l'une des têtes de Turcs favorites de Nicolas Canteloup. Et à Edwy Plenel, le camarade de Tariq Ramadan. Je les vois davantage comme des Pieds Nickelés : avec Edwy Plenel dans le rôle de Filochard, le gugusse qui soulève les poubelles, l'homme qui se fait condamner par le fisc parce que son journal ne paie pas ses impôts et dénonce Cahuzac en même temps. Quel talent. Pour en savoir plus sur le personnage, je conseille la lecture de "Mon Tour du Monde" d'Eric Fottorino, qui n'est pas un nervi ultra-libéral de mon genre mais un homme pondéré, qui a longtemps dirigé Le Monde et vu Edwy Plenel concrètement dans ses pompes et ses oeuvres. Le portrait n'est pas très glorieux. JJ Bourdin tiendrait bien de son côté le rôle de Ribouldingue. Ribouldingue, c'est le plus crasseux des Pieds Nickelés, et JJ Bourdin, il me donne toujours l'impression de n'être pas net, d'avoir oublié la douche, ou le savon, je ne sais pas. J'espère qu'il n'a pas mauvaise haleine. J'exagère, pardon. Mais comme je me suis forcé à l'écouter pendant plus de 2 heures, je me relâche. Reste une grande question : Macron fut-il Croquignol ? Je suis sûr qu'il aime le mot "croquignolet" en tout cas, et pour être "croquignolesque", cette interview le fut. Les marches du Palais D'abord, le cadre : le Palais de Chaillot. C'est intéressant car j'ai naturellement pensé à "La Folle de Chaillot" de Jean Giraudoux, une pièce qui se moque des affairistes... Je serai Macron, je n'aimerai pas cette association d'idées possible. Bon, il y avait la Tour Eiffel derrière, le téléspectateur américain qui verra (on ne sait jamais) l'image comprendra alors que c'est un Frenchie qui parle. Mais quand même, serait-il possible de se calmer de temps en temps. ? En campagne, Macron avait donné une super-interview à Médiapart, dans les locaux de Médiapart, dans le bazar temporairement rangé de la salle de rédaction. J'aurai préféré qu'il y retourne, ou alors dans les studios de RMC ou de BFM, puisque JJ Bourdin était en tête de gondole. Ensuite, l'arrivée sur "les marches du Palais". Macron aurait dû se méfier. Les commentateurs y ont vu un nouvel épisode du "Jupiter Walk". Rien que de la malveillance. Faut bien que la presse s'amuse, à défaut de gagner des lecteurs. Presque trois heures ! Enfin le déroulement. Presque 3 heures. Du pur délire. Tout ça pour rabâcher les mêmes sujets depuis des semaines, parce que oui, oh hé la gauche socialo pur jus, c'est fini les bêtises. C'est fini, les odes à la France qui ne fait rien, qui baille aux 35 heures, qui laisse ses dettes à ses gosses. C'est terminé de jouer, fini les statuts infernaux qui sont autant de murs infranchissables pour les 6 millions de chômeurs, les migrants et tutti quanti, dans un monde où notre relation au travail change de fond en comble, sous les coups de boutoir du digital et de la tech' en général. Il est temps de bosser nom d'un chien. Entre la droite neu-neu qui dit que c'était mieux hier et la gauche gnangnan qui dit qu'il faut faire autrement demain, après le grand soir, ce que j'aime en Macron, c'est qu'il s'occupe du temps présent. Nom d'une pipe, il y a un maximum de taf si nous ne voulons pas, à horizon 30 ans, que notre pays ait autant de poids économique dans le monde que la Thaïlande n'en a aujourd'hui (lisez Michel Camdessus pour comprendre cette comparaison) Ce qui est dingue, c'est de se dire que Macron est allé raconter sa messe dans une école primaire de province trois jours avant et que les stratèges en com' de l'Elysée s'étaient dits que les "élites" (rires) qui, elles, ne regardent pas JPP à 13h, avaient besoin d'un service spécial, le dimanche soir, avec les deux encartés acceptés par la rive gauche. Le pire est que les stratèges en com' de l'Elysée avaient raison. Cela donne une idée du monde "morcelé" dans lequel nous sommes, où l'entre-soi domine. Et qu'on ne vienne pas accuser Facebook... Pour des prunes En plus, si vous voulez mon avis, tous ceux qui voulaient voir Macron mis en difficulté, s'énerver, s'embrouiller, que sais-je, tous ceux là, à gauche ou ailleurs, en sont pour leurs frais. Cette interview n'a pu satisfaire que les egos de Filochard, de Ribouldingue, des médias qui parlent des médias et des seconds couteaux qui hantent les plateaux de LCI ou de BFM, qui glosent ensuite jusqu'à plus soif dans le poste. Tout cela compte pour des prunes parce que, même si machin râle à cause des 80km/h ou machine à cause de sa CSG, ou encore bidule à cause de son statut qui lui fait sentir qu'il est un dinosaure, eh bien les braves gens remarquent que le mec avance, qu'il prend des décisions, qu'il redonne un peu de lustre à un pays qui en avait perdu, qu'il ouvre les fenêtres et fait circuler l'air... que cela fasse tousser les trains ne durera guère. Bref, comme le disait dans une interview JPP avant son 13h : "les gens n'en disent pas de mal". Quant aux facs, ce sont les vacances de printemps et les examens qui se pointent qui nous débarrasseront des glandeurs. Notre Plenel-Filochard finassait hier soir sur le score de Macron au 1er tour de la présidentielle, fallait oser utiliser cela pour "défendre"les zadistes ou des syndicats étudiants qui ne représentent rien ni personne, franchement rien ni personne, ce qui ne date pas d'hier. Mai 68 est une histoire de septuagénaires les gars, vos révolutions sentent la naphtaline. Quant aux favelas de ND des Landes, cette ZAD transpire le taudis, la misère et le shit mal cultivé. Toute cette agitation est bonne pour les télés d'infos continues, c'est tout. Relisez plutôt les Pieds Nickelés.
31.03.2018
Philippe Etienne
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Une chronique où il sera question des paranoïaques qui font l'actualité, de l'Intelligence Artificielle qui nous manque encore et des anti-barbus. Ami parano, bonjour L'affaire Cambridge Analytica / Facebook fait grimper singulièrement le compteur Geiger de la parano moyenne. Je pense même que le déconomètre explose, à lire certains commentaires. Dans cette affaire il n'y a pas de piratage. Il y a une transmission qualifiée d'illégale de résultats de tests psychométriques en ligne à une société d'études qui en a tiré des conclusions et des stratégies de ciblage en faveur de Donald Trump pendant la campagne électorale américaine. A mon avis il y en a pour un paquet d'années pour un paquet d'avocats. J'attends le film made in Hollywood. J'avais bien aimé celui sur Snowden ! Cette affaire intervient : - alors que tout un chacun cherche un moyen de museler Trump et ses âneries à répétition. Je n'aime pas ce personnage mais Hillary Clinton, comme Obama avant elle, ou encore notre amie Ségolène de la royalitude jadis comme n'importe quel candidat, tous ont mis aussi en place des études de profils sur les réseaux sociaux et des campagnes ciblées. C'est d'ailleurs la moindre des choses, faut bien que les yaourts politiques se vendent aussi. Hilary Clinton en parle elle-même dans son bouquin sur sa campagne loupée. - alors qu'en Europe va s'imposer une nouvelle règlementation de l'exploitation des données personnelles (les pros parlent du RGPD (Règlement Général pour la Protection des Données) ou, in English, du GDPR (General Data Protect Regulation). Sur le sujet, je conseille cette vidéo, non dramatisante et sereine. Du coup, grand succès de presse. Et puis, avec 2 milliards d'utilisateurs, Facebook, c'est une bonne tête de gondole pour vendre de l'éditorial. La plume à papote ne peut pas résister ! Je dois dire que voir fleurir le hashtag "Delete Facebook" sur Twitter, me fait ricaner. Twitter est pollué par la haine, la fachosphère, France Insoumise et autres gros bras (pour en rester à des exemples tricolores). J'ai écrit un jour que l'oiseau bleu s'était pirater son nid par une bande de coucous braillards. Cela reste vrai, il me semble. J'ai du mal à trouver mon bonheur dans Twitter. Gros succès de la formule : "quand c'est gratuit, c'est toi le produit". J'aimerai rappeler aussi la formule à tous ceux qui demandent la gratuité de tout un tas de choses au nom du service public et du modèle social français, ah ah ah. Le problème des réseaux sociaux est qu'ils doivent bien trouver un modèle de revenus. Facebook est gratuit aussi bien pour les particuliers que pour les marques ou les organisations, donc c'est la pub qui paie, donc Facebook agit bien comme n'importe quel média, pas comme une plateforme technologique même s'il l'est aussi, il vend et vante la qualité de son audience. En plus l'audience s'y expose en direct, un pur bonheur. Je suis très peu sensible à la parano sur l'exploitation des données. J'ai sûrement tort, je pèche dans un nombre très importants de domaines de toutes façons. Mais comme me disait un ancien client, je ne sais pas ce qu'il y a de plus angoissant : de me dire que je n'intéresse personne ou de me dire que je suis observé sous toutes les coutures (il avait une expression plus triviale). Mais mon insensibilité certainement naïve fait que je ne crois pas vraiment à l'influence du travail de Cambridge Analytica sur les résultats de l'élection américaine. Je crois beaucoup plus à l'influence dévastatrice, et de longue date, de Fox News et autres crachats journalistiques. Je suis allé il y a quelques jours parler "réseaux sociaux" avec un amphi de jeunes de BTS pro dans un lycée professionnel. Je leur ai conseillé d'y aller, de construire leur réseau, c'est très important pour trouver du travail, d'avoir une utilisation sérieuse du truc. La bêtise crasse en ligne c'est bien souvent de la bêtise crasse en live. Pour orienter leur pratique, j'ai fait le malin en rappelant le premier des "accords toltèques" : "Que ta parole soit impeccable". Sur Facebook ou ailleurs, cela veut dire de ne pas médire des autres ni de soi-même. La petite chanteuse à turban de The Voice devrait lire Les Accords Toltèques davantage que la littérature des barbus. Histoire d'essayer des nouveautés, je teste un nouveau réseau social : Vero. Il se veut plus vertueux que Facebook sur l'exploitation des données et offre un mélange de services intéressants. Pour l'instant, je me sens très pionnier. Je n'y ai pour l'instant qu'une poignée d'amis. Les vrais ? Intelligence Artificielle : A l'action ! A propos de l'exploitation des données personnelles, l'actualité de la semaine passée nous a aussi livré le rapport Villani sur la stratégie nationale en matière d'Intelligence Artificielle. Grâce à mon gentil client Do You Dream Up, je suis cité dans les personnes auditionnées et dans les contributeurs. Cool. Ce rapport montre qu'il est temps de se grouiller si nous ne voulons pas être perdus pour de bon entre les Californiens et les Chinois. Il donne des pistes, propose des actions. Maintenant il est temps de passer à l'action. Mais c'est agréable de voir que les pouvoirs publics ont pigé ce qui se passe. "Le matheux" dont se moquait l'homme qui se fait huer dans les manifs comme une vulgaire fille de facho, je suis bien content de le voir à l'oeuvre. Cela nous change de Martinez et sa bande, têtes de gondole des défenseurs de statuts (de statues, comme dans la France Immobile ?). Bon, maintenant, comme dirait l'autre, la route est droite mais la pente est forte. Contre les barbus Je terminerai cette chronique de début de printemps par un conseil de lecture : précipitez vous sur "Khomeiny, Sade et moi", de Abnousse Shalmani. Elle a les barbus et les femmes corbeaux en horreur et pas la langue dans sa poche. Très très rafraîchissant. Joyeuses Pâques !
08.03.2018
Philippe Etienne
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Les trois plaies Lorsque j'échange avec des clients sur les bonnes pratiques de négociation, et donc aussi sur les mauvaises, trois personnages ou organisations aux comportements caricaturaux arrivent très vite dans la conversation : - le premier est Donald Trump. D'abord parce que lorsqu'on est entre Français, dire du mal d'un Américain ne gêne pas grand monde. En plus Donald Trump a osé écrire "l'Art de la Négociation". Enfin il a osé c'est sûr, écrire c'est moins sûr. Lisez "Le Feu et la Fureur" pour prendre toute la mesure de ce qui se passe à Washington. Si j'en crois Michael Wolff, l'auteur de ce brûlot, déjà le Donald ne sait pas lire, alors écrire... Après nous avoir brandi le feu nucléaire possible, le voilà qui se rengorge à l'idée de déclencher une guerre commerciale. Bon, je ne m'en fais pas, quelques petits tweets au saut du lit et tout cela passera. Ce Président est une catastrophe, ses électeurs finiront eux aussi par s'en rendre compte. Ayons confiance en l'humanité. - les seconds sont les Centres Leclerc. Michel-Edouard Leclerc a plutôt bonne presse et son blog fait partie de mes bonnes lectures. Mais les acheteurs de la centrale sont des caricatures de négociateurs, plutôt du genre bandit de grand chemin. En termes d'image de marque, je trouve cela catastrophique. Comme dirait le héros des publicités Lidl : "on est mal, c'est sûr, on est mal". - les troisièmes sont chez Bouygues. Les rois de la truelle ne font pas dans la dentelle quand il s'agit de négocier. Bouygues est le seul client que j'ai jamais vu qui refuse de régler une facture et en même temps menace de poursuites pénales son fournisseur. C'est une très vieille histoire, j'étais très jeune, je me souviens leur avoir ri au nez. Après, j'ai moins ri mais ce ne fut pas trop grave quand même, un simple marchandage de tapis qui m'a rappelé mes séjours à Amman. TF1 contre Canal+ : les maçons contre les petits marquis L'actualité confirme que les Bouygues Boys sont toujours aussi délicats et printaniers, des artistes. Dans le cas qui occupe le devant de la scène du moment, il s'agit des Bouygues Boys cathodiques, les chevaliers du Minorange TF1, bref les descendants de Patrick Le Lay, l'homme qui vendait du temps de cerveau disponible (ce qui est d'ailleurs la définition la plus franche du métier qu'il faisait). Donc TF1, que n'importe qui peut capter gratuitement pour peu qu'il soit équipé d'un décodeur TNT, veut valoriser moyennant quelques dizaines de millions d'euros de droit de cuissage, les merveilleux contenus qu'il nous offre : ses JTs extraordinaires, ses divertissements haut de gamme, ses séries fabuleuses, que sais-je. Il faut comprendre, semble-t-il, que la pub ne génère plus assez de revenus puisque les clients, pardon les téléspectateurs, que dis-je les publics, se barrent, donc TF1 cherche des revenus pour payer son train de vie. En face, Canal +, qui dans mon esprit ne vaut pas plus cher moralement, bref les ex-petits marquis de la gauche caviar en déroute, se révoltent et coupent le signal. On se croirait chez Leclerc quand les acheteurs décident de déréférencer Ariel. Je pense que tout cela va se terminer par un grand marchandage à la mord moi le noeud et rentrera dans l'ordre, où nous constaterons une fois de plus que les matamores pullulent et ne nous font pas progresser d'un iota. Car le sujet pourrait être intéressant. Je dirai même plus : devrait stimuler la créativité davantage que l'envoi de lettres recommandées. Quel est le sujet : la transformation radicale de la consommation des médias sous les coups de boutoir du digital. Que cela soucie TF1, évidemment. Mais je crois que cela peut aussi soucier Canal +, Orange et Free. A des degrés divers et pour des raisons différentes, mais bon, le problème n'est pas réservé à TF1. Donc ces braves gens ont davantage de problèmes en commun que de conflits entre eux. Le test de réceptivité Je rappelle les 4 questions clefs à préparer lorsque vous avez une demande à exprimer, un sujet à négocier : - en quoi ma demande peut-elle créer un avantage à l'autre ? Cela revient à avoir des arguments, cela ne signifie pas qu'ils suffisent. - en quoi ma demande crée-t-elle des inconvénients à l'autre ? Cela oblige à réfléchir en partant du point de vue d'en face, afin d'éviter les contre-arguments et au contraire rechercher des options qui permettent d'atténuer, voire de faire disparaître le(s) inconvénient(s) en question - en quoi l'autre a-t-il un avantage à rejeter ma demande ? C'est plus compliqué que de réfléchir aux seuls inconvénients car, bien souvent, ces avantages là sont cachés. C'est le terrain de la négociation avec des gens difficiles - en quoi l'autre aurait-il un inconvénient à refuser ma demande ? C'est mon plan B. Dans l'affaire TF1 vs Canal+, nous voyons bien le plan B de Canal (couper le signal). TF1 a de son côté une série de sujets : l'accès à MyTF1.fr ? Les chutes spectaculaires d'audience d'émissions phares comme The Voice montrent les limites de l'affaire. La recherche de l'intervention d'un tiers, en l'espèce les pouvoirs publics ? Nous sommes en France. Cela a marché, dans une certaine mesure, pour les réceptions par satellite. L'appel au peuple ? Je suis tombé sur un JT de 13h qui montrait que, dans les campagnes, la France périphérique âgée qui reçoit les chaînes par satellite grognait. Mais ce n'est pas le coeur de clientèle de Canal + Ces quatre questions constituent ce que nous appelons en négociation raisonnée, le "test de réceptivité". A faire systématiquement, par chacun, pour être en mesure de mener votre négociation en étant centré sur le problème à résoudre davantage que sur la recherche obsédante et un tantinet pénible ou vaine, d'un "rapprochement des positions". Les "concertations" à venir sur les projets de réforme gouvernementaux, et la SNCF en tout premier, nous montrerons à leur tour dans quelle mesure les parties prenantes auront su faire ce test pour se préparer. J'en profite pour m'insurger une fois de plus sur l'utilisation abusive du terme de "concertation". Pourquoi ne pas plutôt parler de négociation ?
24.02.2018
Philippe Etienne
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Killy Je lisais il y a quelques jours une magnifique interview de Jean-Claude Killy. Nous devrions lui élever des statues. Il raconte avec une grande simplicité que son but, déjà tout gamin, était de gagner un maximum de courses de ski, il y a mis toute son ardeur et son sens stratégique et il a tout raflé. Son message aujourd'hui est magnifique : "La France est un très grand pays, il faut simplement qu'on en soit persuadé". Je suis plus que jamais fan de ce genre d'attitude. Nous avons besoin de ces passionnés. Macron Ce que j'aime d'ailleurs chez mon président de la République c'est qu'il donne le sentiment d'être un tempérament passionné. A priori ce que nous savons de sa vie personnelle pouvait nous en prévenir. Les députés même les plus grincheux de l'ancienne législature l'avait aussi observée, cette passion, à l'oeuvre dans son intense travail de négociation pour faire aboutir ses premières tentatives de desserrer dans notre pays le poids des corporations et des chasses gardées. Nous l'observons encore aujourd'hui alors qu'il lance une foultitude de réformes, au nom de la transformation (comment faire que la France pessimiste et grincheuse retrouve son enthousiasme et son optimisme). Quand il fait des discours incroyables pour faire aller l'Europe de l'avant, quand les gazettes racontent qu'il ne dort pas beaucoup et quand il nous dit, façon Kennedy mythique, de nous demander ce que nous pouvons faire pour notre pays plutôt que d'attendre le contraire. Macron est passionné par son job. Il a des fourmis dans les jambes. Honnêtement, j'adore ! Sortir du "bore-out" Quel courant d'air frais ! Qu'est ce que ça fait du bien ! Je ne voyais qu'un pays engoncé dans ses 35 heures moisies, davantage en "bore out" qu'en "burn out", et même si je constate encore pas mal de visages chafouins et méfiants comme des gales parfois, ce ne sont pas les bavasseries de l'ex-député de Haute-Loire qui vont me faire modérer mon avis. Ce grand bavard manipulateur voit son parti remporter deux micro élections avec 80% d'abstentions et il prend ça pour un signal. Allons donc, c'est surtout le signe que les personnels fatigués des Ehpads ont profité de l'aubaine pour proposer une sortie aux pensionnaires des maisons de retraite. Wauquiez, l'Elvis des déambulateurs... allez tournée de Flanby pour tout le monde. Pas cool pour Elvis. Evidemment le printemps s'annonce avec un autre fantasme de psychodrame, celui de la grande grève des transports comme en 1995. Je n'y crois pas un poil. Quand la SNCF a connu autant de loupés techniques et autres ces dernières années (déraillements, pannes multiples, retards récurrents, déficits considérables, pertes de clients sans nom dans le frêt), je me dis que c'est comme pour le Bac, nous sommes bien prévenus que ça ne marche pas et les agents SNCF, comme les profs et les élèves, sont les premiers à en payer les conséquences ! Par conséquent, laissons Martinez, sa moustache, Méluche et ses potes de récré batifoler sur les plateaux, et attendons. Comme dirait Rantanplan 1er, ça fera pschitt, leurs abracabrantesques palinodies, vous verrez. Dans le même esprit, regardons aussi du côté du Brexit. Je suis comme le journaliste Alex Taylor, je pense que les Grands Bretons iront à Canossa et se renieront tôt ou tard. Trop d'intérêts de toutes sortes sont piétinés par le Brexit. Quant à nous, que notre Président passionné soit devenu la première "marque" politique en Europe crée un "momentum" qu'il convient de ne pas laisser passer ! Les passionnés vivent Lorsque je rencontre des dirigeants passionnés par leur job, ils font faire des choses remarquables à leurs organisations, en dépit des erreurs qu'ils peuvent toujours commettre. Qu'était Steve Jobs sinon un passionné, que sont les créateurs de start-ups sinon des passionnés, pour peu que la cupidité ne s'empare pas d'eux. Allez voir ou relisez La Promesse de l'Aube de Romain Gary, magnifique témoignage de ce que la passion peut aider à faire éclore. Et de la passion, il nous en faut pour trouver des solutions aux défis que nous pose l'accélération du monde, les défis climatiques, la contagion des gangsters barbus. Tout ceci devrait nous inciter à nous souvenir de Chamfort, ce moraliste du 18ème siècle, dont une des maximes les plus connues est "les passionnés ont vécu, les raisonnables ont duré". Quand j'observe la SNCF, l'état de certains enseignants (pas tous quand même), l'état de certains managers ou dirigeants, je me dis que certaines "raisons" ont un peu trop duré. Vivons !
03.02.2018
Philippe Etienne
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Au début du 19ème siècle, l'écrivain Mary Shelley accède à la notoriété avec son premier roman : Frankenstein. Une notoriété durable. Mary Shelley a touché une corde sensible : les braves gens s'inquiètent du futur ! Et surtout le soupçon pèse sur les inventeurs : le mythe de Frankenstein, c'est celui de la créature qui se retourne contre son créateur. Dans son cycle des Robots, un peu plus d'un siècle après Mary Shelley, Isaac Asimov définit ses 3 lois : 1- Un robot ne peut porter atteinte à un humain ni le laisser exposé au danger 2- Un robot doit obéir aux ordres donnés par un humain, sauf si ces ordres sont en contradiction avec la première loi 3- Un robot doit protéger son existence à condition que cette mesure n'entre pas en contradiction avec les deux premières lois Avec de tels antécédents littéraires il n'est pas étonnant que le développement des systèmes ayant recours à l'Intelligence Artificielle (IA) génère une littérature abondante, avec force caricatures, propos alarmistes et tutti quanti. Sans oublier les déclarations d'Elon Musk, l'homme de Space X et de Tesla, qui nous met gentiment en garde... Hurlement de rire mais piège grossier dans lequel nos trouillards en costume foncent tête baissée. J'aime entendre les tycoons américains des technologies mettre en garde les peuples de la terre contre les systèmes qu'ils développent. Il ne s'agirait pas que nos propres entrepreneurs et inventeurs s'y mettent ! Histoire d'alimenter la confusion sur le sujet, voilà que surgit sur les écrans du monde entier le robot dit humanoïde Sophia, mis en scène par Hanson Robotics, laquelle n'oublie de préciser qu'elle est là pour dominer le genre humain. Ben voyons. Quand je regarde cette séquence j'ai l'impression de voir une version télévisée niaiseuse des expositions de monstres de foire que dénonçait le film Elephant Man. Je remarque au passage que cette version idiote de Frankenstein est une femme... Hanson Robotics mériterait d'être cloué au pilori du #balancetonporc. Jamais créature n'a aussi peu mérité son prénom ! Le boss de l'IA chez Facebook, Yann LeCun, ne s'est d'ailleurs privé de flinguer comme il convient ce numéro de prestidigitateur numérique.  Sophia n'est qu'une marionnette et Hanson Robotics des ventriloques. Dans quelques semaines va sortir le rapport sur "La Stratégie Nationale pour l'Intelligence Artificielle", auquel s'est attelé le député Cedric Villani, le "matheux" moqué par Jean-Luc Mélenchon. Pour l'instant, son message consiste à rappeler qu'il ne faut pas craindre l'Intelligence Artificielle mais juste les hommes qui seront derrière. Sage remarque. Car vu le succès d'audience remporté par Sophia et ses concepteurs, il est permis de se dire que, s'il est difficile de mesurer l'ampleur des transformations que nous apportera l'IA, il n'est pas compliqué d'observer les ravages quotidiens de la bêtise naturelle !
01.01.2018
Philippe Etienne
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Il y a une dizaine d'années, dans un conclave de coachs et de formateurs auquel je participai pour la toute première fois, certains participants se sont mis à évoquer "les accords toltèques" et ils avaient tous l'air de connaître cela très bien. J'ai donc cherché à combler ce fossé d'ignorance et donc découvert le best-seller du "chamane" Don Miguel Ruiz. Depuis je fais régulièrement allusion aux donc très fameux accords toltèques lors de mes interventions de diverses sortes. Et comme je me suis rendu compte que les ignares restaient plus nombreux que les sachants, je me suis senti rassuré 😄😀 J'aime beaucoup les accords toltèques et je les recommande à l'attention de tous pour cette nouvelle année. Mes voeux 2018 sont donc toltèques ! Le premier accord toltèque dit : "Que ta parole soit impeccable". Une parole impeccable est une parole intègre, qui ne médit ni des autres ni de soi. Si nous trompons, mentons, manipulons, notre parole n'est bien entendu pas impeccable. Idem lorsque nous agressons ou lorsque nous critiquons y compris nous même. Par exemple "tu m'énerves", "c'est nul" ou "je n'y arriverai jamais" ne sont pas des paroles impeccables ! La parole impeccable exprime notre assertivité, notre capacité à affirmer sans agresser. Au passage, parfois un défi personnel ! Le second accord toltèque dit : "Ne réagis pas de façon personnelle" C'est bien sûr le corollaire du premier : ne vous laissez pas déstabiliser par les comportements ou les paroles des autres. Chaque fois que nous réagissons de façon personnelle, notre intégrité est touchée, nous sommes dans l'ego. Apprenons à reconnaître notre réaction : nous sommes touchés, c'est vrai, rien ne sert de le nier. Apprenons ensuite à nous décentrer. Ce que les autres disent ou font n'est qu'une projection de leurs propres croyances. Il existe un livre d'exercices sur les accords toltèques que je conseille de lire sur le sujet. Les auteurs y citent Woody Allen : "Moi je ne suis pas susceptible, le premier qui dit le contraire je l'assomme !". L'humour est toltèque. Le troisième accord toltèque dit : "Ne fais pas de suppositions" Ayons le courage de poser des questions, de fuir les "lectures de pensée", les extrapolations. C'est un travail que je fais faire quasiment à chacun de mes clients. Sortez de l'implicite. Il y a cette fichue formule du cardinal de Retz qui en bride tant et selon laquelle "nous ne sortons de l'ambiguité qu'à notre détriment". Communiquons au contraire clairement avec les autres pour éviter les malentendus, la tristesse, les drames. Communiquons bien sûr en respectant aussi le premier accord. Le quatrième accord toltèque dit : "Fais toujours de ton mieux" Cela revient à faire les choses "à fond", avec énergie et passion. Et, une fois les choses faites, la décision prise, arrêtons de supputer, d'ergoter, de nous demander "et si". Bref, cela revient à accepter les résultats de ce que nous avons fait "à fond". Voilà qui peut aider à canaliser les perfectionnistes. Le cinquième accord A l'image des Trois Mousquetaires, dont chacun sait qu'ils étaient quatre, les Accords Toltèques ont leur "cinquième", que certains baptisent "l'axe de la boussole", Don Miguel Ruiz parlant, lui, de la "voie de la maîtrise de soi". Il dit : "sois sceptique mais apprends à écouter". Ce qui revient à s'ouvrir aux autres et à soi-même. Avec un premier post pareil pour inaugurer cette nouvelle année, je me sens pousser une belle auréole au dessus de ma tête... une image qui me rappelle immanquablement ce texte intitulé "La Cène" de ce fripon de Jacques Prévert, dont l'année 2017 a marqué le quarantième anniversaire de la mort : "Ils sont à table Ils ne mangent pas Ils ne sont pas dans leur assiette Et leur assiette se tient toute droite Verticalement derrière leur tête" Je ne sais pas si je peux dire que Jacques Prévert respectait les Accords Toltèques, mais il m'offre une jolie chute ! Bonne année !
17.12.2017
Philippe Etienne
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Le potage du bocage Notre-Dame-des-Landes est un extraordinaire cas pratique de nos très fâcheuses façons d'envisager la négociation et la gestion de projet en général. Nous sommes pourtant avertis depuis un siècle que les guerres de tranchées ne mènent nulle part, si ce n'est à d'autres violences. Notre Jupiter national va donc prendre une décision dans les semaines qui viennent. Je ne pense pas faire preuve d'une immense clairvoyance si j'écris qu'il va sonner la fin de la récré pour tous les protagonistes. Aux acharnés en faveur de l'aéroport il est en effet temps de mettre un terme à ce bras de fer juridique sans aucun sens et travailler à d'autres options pour traiter le problème à résoudre. Quand j'entends Bruno Retailleau protester à l'avance contre la "négation de l'état de droit", je me dis que je l'entendais moins sourcilleux quand il défendait bec et ongles son candidat mis en examen. J'aimerai aussi que les zadistes soient pris au mot et que nous leur demandions de travailler sur un projet écologique pour la "zone à défendre"... je ne doute pas qu'une grande partie du fretin qui s'agite dans ce bocage n'aille immédiatement se faire pendre ailleurs, sans qu'il soit véritablement besoin de montrer le moindre casque de CRS. Les zadistes cherchent la castagne. Avec ce genre de personnages, suivons le précepte : soyons chamallows. Le dur se noie dans le mou, si vous voyez ce que je veux dire. Donc, vivement le de profundis Notre-Dame-des-Landes, passons à autre chose par pitié. Au passage, le sujet est tellement encalminé qu'il permet même aux médias de réaliser ce que sont les ingrédients clefs d'une négociation raisonnée : - le travail sur les intérêts des parties prenantes. Si notre Macron national n'a aucun intérêt à jouer aux cow-boys, il me semble aussi que les élus locaux, Retailleau excepté peut être et encore, n'ont plus grand intérêt à jouer le bras de fer. Quant aux zadistes, il fait froid, c'est l'hiver, il est temps de rentrer à la maison plutôt que de continuer à jouer aux scouts d'occasion les pieds dans la gadoue. - éviter de confondre les personnes et le problème à résoudre. C'est bien parce que celui-ci répond à des paramètres très différents de ceux qui avaient été envisagés dans les années 60 que plaider "l'état de droit" n'a aucun sens. Nous ne construirions plus de Concorde aujourd'hui. Notre-Dame-des-Landes a un petit air de "Concorde des aéroports". Dire que les élus sont nuls et les zadistes des crapules, cela soulage sûrement, mais bon, so what... Même Libé et Le Figaro ont envie de changer de sujet. - s'appuyer sur des "critères objectifs" pour que les parties prenantes ne se disent pas qu'ils sont en train de subir la volonté de l'autre. Il me semble que le dernier rapport produit sur le sujet apporte pas mal d'éléments dans ce domaine. - rester créatifs et proposer des options à l'autre pour résoudre le problème que les uns et les autres ont en commun. - réfléchir à ses plans B. Si les élus locaux avaient eu vraiment un besoin urgent d'accueillir un excès de trafic sur l'aéroport de Nantes, je les trouve pour le moins mous du genou et pas pressés. En 40 ans, pas la queue d'un plan B ? Auraient-ils fait preuve de davantage d'incurie que de pragmatisme ? Quant aux zadistes, ils ont sûrement d'autres foutoirs à mettre ailleurs pour continuer à faire valoir leur cause et exister médiatiquement. Les meilleurs feuilletons ont une fin. Dans la série des "de profundis de la semaine" : la Neutralité du Net ou la victoire des rentiers sur les disrupteurs Perso, voir le lobbying des opérateurs télécoms couronné de succès après dix laborieuses années d'efforts (minimum, car je me souviens de débats sur le sujet dès le début des années 2000), je trouve cela un peu triste. Honnêtement je ne suis pas sûr que cela soit une excellente nouvelle. Que mes diverses amitiés dans le secteur n'en prennent pas trop ombrage, mais je vois dans cette décision une victoire des rentiers sur les disrupteurs. Dommage. Enfin, je veux quand même bien convenir que l'accès aux réseaux pour les multiples objets connectés et usages nouveaux et à venir nécessite un modèle économique différent. Il y a effectivement un problème à résoudre. Peut être est-ce moi qui pleurniche sur la fin du coup de boutoir que le numérique a donné à toute une série de vieilleries. J'aimais bien ça. Allez, rendez-vous en 2018, y'a du boulot sur le reste !

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