Conseil et coach en communication et en négociation
Conseil et coach en communication et en négociation
05.09.2018
Philippe Etienne
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Lors de la "cérémonie de passation de pouvoirs" (expression consacrée) au ministère de la Transition Ecologique, Nicolas Hulot était en larmes. J'avoue avoir été impressionné par cette image. Je me dis que nous avons collectivement besoin d'en tirer quelques enseignements. D'abord sur la cruauté absolue de la vie politique. La surabondance des commentaires, les piapias infernaux des chaînes d'information continue, les remarques vaseuses des observateurs, le foutoir innommable des réseaux sociaux, franchement, effectivement, il y avait de quoi pleurer. Quand Nicolas Hulot a pris ses fonctions, que n'a-t-il pas subi comme commentaires malveillants. Et ceux qui le critiquaient le plus vertement quand il était en fonction sont naturellement ceux qui se sont mis à chanter ses louanges à son départ. Dans ce pays (voire dans d'autres), un responsable politique devient supportable lorsqu'il quitte ses fonctions. Le bal des faux culs est un sport très répandu. J'aurais préféré qu'il reste, qu'il arrive à prendre de la distance par rapport aux contraintes insensées qui pèsent sur tous ceux qui prennent des décisions, se confrontent à l'adversité, cherchent à faire bouger les lignes que personne n'a très envie de voir bouger. L'écologie est à la politique ce que la culture est au programme télé. Le peuple en réclame, mais personne ou presque n'y prête attention. Un bon diesel c'est comme une bonne émission de téléréalité, c'est moins fatigant. Et puis c'est toujours aux autres que chacun fait des reproches. Parfaitement inutiles. Je n'ai rien de l'écolo militant. La décroissance m'ennuie, les vegans me cassent les pieds, le vélo n'est pas mon moyen de transport quotidien préféré, Eva Joly me sort par les trous de nez et je mettrai bien sous camisole ceux qui n'aiment pas les ondes de téléphone, les vaccins, les bouchers-charcutiers, etc... La bien-pensance écolo me donne envie de faire exactement le contraire. Bon, les foutaises de Donald me retiennent, c'est déjà ça. Un très bon coach que je connais bien a écrit un papier en référence à Nicolas Hulot que je trouve excellent. Il trace un parallèle entre la détresse de notre ancien ministre et celle des "managers transversaux" que nous rencontrons dans toutes les entreprises du monde. Nous sommes donc tous des Nicolas Hulot en puissance. Séchons nos larmes et moquons nous de nos adversaires. Ils sont risibles et mous. Comme disait René Char dans une citation ultra-connue : "Impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque, à te regarder ils s'habitueront". No pasaran !Post-scriptum : la citation de René Char est tellement connue que Chanel l'utilise dans sa campagne de pub "Révisez vos classiques". Je découvre cela dans le métro ce matin.
29.07.2018
Philippe Etienne
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Lorsque j'observe le succès d'audience que j'enregistre avec mon post "Benalla bla bla bla", moins radical cependant que celui que j'avais enregistré sur mon post lié à l'affaire Fillon, je me dis que mes braves et dévoués lecteurs réguliers ou occasionnels ont besoin de comprendre ce qu'est une "communication de crise". Avis aux vertueux Ce post a donc pour ambition très modeste de faire le point sur la façon dont les choses se passent. Il y a tellement de journalistes qui donnent des conseils dans ce domaine qu'il n'est pas invraisemblable que les gens du métier écrivent des articles sur le sujet. Au passage, ce serait une lecture toujours utile au héros du moment, même si je l'imagine très bien conseillé et très à l'écoute des conseils qu'il reçoit, si j'en crois la pertinence de ses interventions tant au Monde que sur TF1. Surtout c'est une lecture pour ses inévitables successeurs en infortune, car, que personne n'en doute, ce genre de bazar arrivera à n'importe quelle formation politique au pouvoir. Les vertueux d'aujourd'hui sont les mis en examen de demain. Crise de la communication La communication de crise est une expression bancale en fait. C'est davantage d'une "crise de la communication" qu'il conviendrait de parler. Je joue un peu sur les mots mais c'est aussi pour dire que communiquer est une activité humaine fondamentale et pas "la com'" dont les journalistes parlent avec mépris tout en cherchant cependant à toute force à s'y reconvertir au premier plan social venu dans leurs médias mal gérés. Donc quand c'est le bazar comme en ce moment, cela challenge extrêmement fort la capacité des uns et des autres à communiquer, c'est à dire à exprimer des choses dont les autres attestent la bonne réception. Le principe d'une crise est d'exploser les cadres habituels de référence du système touché. Avec ses impacts psychologiques visibles : sidération, confusion, déni, etc... chez ceux qui appartiennent au système en question. Dans l'affaire Benalla, le point faible n°1 du système, c'est le groupe parlementaire LReM. Or c'est à cet endroit là que la crise a éclaté et perduré. Rappelons que la crise peut être définie comme "la phase ultime d'une suite de dysfonctionnements". L'Elysée est attaqué mais ne craque pas trop. Mais bon, l'alerte est chaude. Le gouvernement n'est pas vraiment touché et d'ailleurs Edouard Philippe gère très bien la situation lors des questions au gouvernement. Ce n'est donc pas une véritable crise politique et encore moins une affaire d'Etat. La police va être de plus en plus impactée. La guerre des polices n'est pas qu'un simple titre de polar. Pourquoi ? Quatre raisons bien connues : - L'opinion publique est sensible à la relation à l'argent et à l'utilisation de leurs pouvoirs par ceux qui en détiennent. Vous avez du pouvoir ? Méfiez vous-en. - Le "breaking news"des chaînes d'info continues fait de l'audience et, pour tout député, la télé, c'est du gâteau. - L'opinion publique est méfiante. Regardez les études du CEVIPOF (Centre d'Etudes de la Vie Politique Française). Ce n'est pas glorieux. - Les réseaux sociaux adorent et amplifient le moindre aspect de la crise Quelles stratégies ? Il est possible d'en discerner globalement trois grandes. Aucune n'est exclusive ni miraculeuse et face à certains événements majeurs, la stratégie de communication la plus pertinente ne pourra que limiter les dégâts, pas stopper les événements. Le choix d'une stratégie dépend des réponses que les organisations et les responsables concernés apportent aux questions suivantes : - Le seuil de crise est-il atteint ? - Est-ce que l'organisation mise en cause a les infos ? - L'ampleur de la menace met-elle en danger l'organisation mise en cause ? - Quel est le média source ? Quel est son angle ? Coup de bol, c'est Le Monde. Teigneux mais pro. Une réputation à maintenir. Ils ne feront pas n'importe quoi - Quel est le déroulement prévisible ? - Qui porte la responsabilité ? - Que peuvent les autres acteurs (les opposants) ? A part déposer des motions de censure sans lendemain et partir en vacances, pas grand chose. - Quelle est la force de l'accélération ? Maximale. Les attaquants n'ont pas le choix. Ils doivent foncer. Après ce seront les vacances, la sécheresse, la canicule, que sais-je. - Reconnaître : Les stratégies de reconnaissance sont à privilégier lorsque l'organisation pense qu'elle pourra bénéficier de circonstances atténuantes voire accroître son capital d'image à terme. C'est ce qu'a fait le pouvoir en place. J'entends certains me dire "ils ont mis plus de deux mois". Non. La crise éclate le jour de la parution de l'article du Monde. Avant il y a un incident potentiellement grave pour la réputation du Président qui a entraîné une mise à l'écart, et l'intéressé se sent "humilié". C'est la grève SNCF puis la coupe du Monde qui font tarder la sortie de l'affaire. Parce qu'il ne faut pas nuire aux camarades syndiqués d'une part, parce que les Français sont occupés à fêter les succès de leur équipe d'autre part, l'attention de l'opinion publique était ailleurs. Et que le lendemain du 1er Mai, à supposer que Le Monde ait eu l'info, il aurait été peu audible de sortir ce sujet alors que les images des casseurs sont dans toutes les têtes. Donc, mettre à pied, licencier, saisir la justice, saisir l'IGPN, mettre en place deux commissions d'enquête parlementaire, dire "je suis le seul responsable", ou "j'ai fait une grosse bêtise", c'est reconnaître. La question est alors : "tout reconnaître" ? ou "ne pas tout reconnaître" ? En l'occurrence, c'est "ne pas tout reconnaître" (pas les coups, pas la lenteur, etc...) Ne pas tout reconnaître c'est aussi dire "je n'ai pas demandé ce brassard, on me l'a donné". Les défunts Guignols auraient dit "il le porte à l'insu de son plein gré". Attention, je ne dis pas qu'Alexandre Benalla ment, je dis qu'il applique une stratégie de reconnaissance partielle des péchés qui lui sont reprochés. La justice fera le tri. Reconnaître cela passe aussi par amalgamer : "cela se fait couramment" (porter un casque, un brassard, voire une radio). C'est ce que Fillon avait très peu fait, à mon avis à tort vu le nombre de parlementaires employant des membres de leur famille pour des missions pas forcément évidentes. D'ailleurs c'est sur ce point que le législateur va travailler. Par conséquent, sort actuellement l'idée d'un"signe distinctif" et d'une "charte" pour les observateurs invités par la police sur ce genre de point chaud. Enfin reconnaître c'est aussi dissocier : "c'est la dérive d'un homme, pas une affaire d'Etat". - Latéraliser : Les stratégies de latéralisation sont à privilégier lorsque le dossier est fragile. Elles visent à déplacer le débat. C'est la stratégie de Gérard Collomb et de la police, qui se renvoient la balle. C'est aussi celle d'Alexandre Benalla lorsqu'il se victimise : "je dis les choses, je n'ai pas fait l'ENA, je ne suis pas sous-préfet, je dérange", voire Macron lorsqu'il attaque la presse : "beaucoup de journalistes ont dit beaucoup de bêtises". Encore une fois, cela ne veut pas dire que c'est faux. C'est une stratégie moins efficace. Fillon l'avait poussée à son paroxysme avec l'invocation d'un "cabinet noir". Alexandre Benalla n'en fait pas trop de son côté : "je ne suis pas dans la théorie du complot". Quant à Collomb, l'éditorialiste du Monde Françoise Fressoz, qui  n'est pas une extrémiste, trouve qu'il "a le profil type du fusible". On verra bien. C'est aussi pourquoi je trouve peu efficace les attaques du type "c'est le Watergate, l'affaire Boulin, c'est comme pour Cahuzac". Car ces attaques rappellent juste que d'autres responsables ont fait pire. - Refuser. Les stratégies de refus sont utilisées lorsque l'organisation concernée est "dos au mur". L'exemple le plus fameux est celui du secrétaire à la santé lors du scandale du sang contaminé : "je n'étais pas informé" ou de Georgina Dufoix sur le même sujet "je suis responsable mais pas coupable". Encore une fois cela ne veut pas dire que la personne ou l'organisation ment. La justice fait le tri. D'ailleurs Georgina Dufoix sera relaxée. Certains spécialistes ès crises parlent de "stratégie du chaînon manquant". Il y a aussi la stratégie de négation du problème. En se taisant puis en déclarant, bravache, "qu'ils viennent me chercher", ou en déclarant que "c'est une tempête dans un verre d'eau", Emmanuel Macron utilise aussi cette stratégie. Je suis d'accord avec lui, mais je sais que ces stratégies du refus sont dangereuses. Rappelons nous Giscard et ses diamants. Quand des adversaires font tout ce qu'ils peuvent pour vous discréditer et vous empêcher de travailler, c'est compliqué d'en rester à la négation du problème. Les stratégies du refus consistent aussi à trouver un bouc émissaire. C'est la stratégie de Mitterrand lors de l'affaire du Rainbow Warrior. C'est Charles Hernu qui paiera la note. A suivre ! Et lisez les ouvrages de Patrick Lagadec ou de Thierry Libaert
22.07.2018
Philippe Etienne
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Disons le carrément dans "l'affaire Benalla" sortie par Le Monde, tout est surjoué, de bout en bout. J'aimerai bien savoir qui était le manifestant à qui cet Alexandre Benalla a éprouvé le besoin de régler son compte. Je ne trouve rien sur lui. C'est qui, un saint ? Je me dis qu'au terme d'une première année de mandat où tout a été utilisé pour porter atteinte à la crédibilité du nouveau président, à sa dignité, à son honneur, etc..., des réformes importantes sont passées, les forces bloquantes habituelles ont échoué, au prix de millions perdus à la SNCF, de dégâts matériels insensés causés dans les facs par des groupes dont l'impunité est flagrante, et en plus l'équipe de France gagne la Coupe et fait la fête à l'Elysée avec des groupes de jeunes de banlieue ! Tout cela est inadmissible pour toute une clique qui s'apprête à prendre une claque de plus avec la réforme constitutionnelle, laquelle vise notamment à faire revenir le nombre de députés à leur niveau d'avant 1981. Alors oui Benalla doit être sévèrement sanctionné, car c'est pas bien de péter la figure des bolchos. Mais quand j'entends Mélenchon parler de Watergate, je me dis qu'il a vraiment pris un coup de soleil, le Méluche. Finalement, Mélenchon, c'est le Benzéma de la politique. Doué et imbuvable. Pas dans l'équipe. Je ne sais pas si les teigneux du Monde qui confondent Benalla et Ben Bella se rendent compte d'où l'on vient et comment nous sommes cernés. A force de faire du populisme à plein tubes tous médias hurlants, nous les aurons, les hyènes au pouvoir, comme les américains les ont eues, comme les anglais, comme les italiens, comme les polonais, comme les israéliens, comme les turcs... Tous ces dirigeants vulgaires, menteurs, tricheurs. Je trouve que ça devient sombre. En plus je relis Stefan Zweig et son "Le Monde d'Hier". Il y décrit très bien le rôle hystérisant des médias dans l'exploitation de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, que les Autrichiens détestaient et avaient rapidement enterré sans émotions, et qui pourtant va servir de prétexte à l'enchaînement calamiteux qui mènera à la première guerre mondiale. Hmm, je fais monter le moral des lecteurs, moi. En termes de communication de crise, voilà cependant comment je vois la chose : - toute crise aigüe est précédée de signaux faibles. Je vais oser faire rentrer dans cette catégorie l'affaire de la piscine, celle de la vaisselle, celle du bus qui va trop vite, etc... Toutes histoires à la mords-moi-le-noeud qui montrent qu'une partie de l'opinion, et les médias qui l'écoutent, a envie d'en découdre avec le Président. Parce que, bon an mal an Macron avance et dérange les positions acquises à peu près autant qu'un pompier ou un agent des services sociaux dérange les trafiquants de drogue dans les cités ghettos. - L'affaire Benalla est aujourd'hui dans sa phase aigüe typique avec montée d'adrénaline maximale, déluge d'articles, foutoir invraisemblable - L'impératif de renouvellement médiatique fait que cette affaire devrait s'essouffler d'ici la fin de la session parlementaire qui a été prolongée jusqu'à fin juillet. Encore 10 jours. Nous allons entrer dès ce lundi dans la phase "chronique". L'affaire ne sera plus au top du top mais les braises seront encore chaudes et il ne faudra pas grand chose pour les rallumer. d'où l'intérêt que Macron a de se taire, Collomb de rester à son poste et aussi le "dircom" de Macron, l'ex-journaliste Bruno Roger-Petit. Le cadre est très fortement challengé, ce serait préférable qu'il ne craque pas - En Août cette histoire devrait sortir des radars avec ce que nous appellerons la phase de cicatrisation. Cela fera mal encore mais il sera temps de tirer les leçons pour éviter que cela ne se reproduise. De toutes façons ne pas perdre de vue que toute crise est à la fois risque et opportunité. La grande question pour le mois d'août sera donc : quelles opportunités pour Macron et sa majorité grâce à cette affaire ? Je ne doute pas qu'il y réfléchisse, et qu'il a donc bien raison de se taire pour l'instant ! PS le 27 juillet : Quelques compléments : a) Alexandre Bénalla n'a "pété la figure" de personne, cela est devenu évident. Il aurait mieux fait de ne pas répondre à l'invitation que la police lui a faite. Le fait que la police lui fasse cette invitation, lui montre les images de vidéo-surveillance et lui envoie un DVD "pour sa défense" est de nature à nourrir chez moi les soupçons les plus vils. b) c'est bientôt les vacances. Du coup les opposants sortent des motions de censure (chacun la sienne a priori, ou bien "on la votera mais on la signera pas", le ridicule ne tue pas) et surjouent la censure en clashant leurs commissions d'enquête. Rires. c) les braves gens regardent tout cela d'un air ahuri d) les chaînes d'info continues qui craignaient le désert des vacances et surtout d'après Coupe du Monde, se réjouissent de conserver quelques téléspectateurs. e) Macron a réagi un peu trop vivement et un peu trop tôt à mon avis. f) ce serait bien que certains journalistes évitent de donner des conseils de com'.... il est difficile d'être juge et partie. La pire intervention que j'ai vue est celle de Janique Halimi, du Parisien. Journaliste ou polémiste ?
26.06.2018
Philippe Etienne
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Les négos internes sont les plus dures : la preuve par le Brexit Pour qui s'intéresse à la négociation, le cas "Brexit" est de l'or en barres. Il est de nature à rassurer tous ceux qui se disent que négocier avec leur voisin de bureau est bien plus compliqué que de négocier avec un fournisseur, un client, un partenaire, même le plus "difficile". Négocier "en interne" est beaucoup plus difficile. Par conséquent ça patine sérieusement dans la sauce à la menthe du côté de la Tamise. Le commentaire est souvent de dire "les anglais ne savent pas ce qu'ils veulent". De fait, avec un résultat de référendum qui donnait 52% environ pour le Brexit et 48% contre, il était prévisible que l'outre-manchois s'entre-déchire. Au coeur du débat, les intérêts en présence, au sein même du Royaume, qu'il est nécessaire de passer en revue. Ces intérêts ont hélas été très mal examinés lors de la campagne "Leave or Remain". Les campagnes électorales sont simplistes, les intérêts de chacun le sont beaucoup moins. Bref, faire un référendum était peut être la seule manière de prendre une décision sur le sujet, mais comme le dépiautage des sujets à passer en revue est incroyablement plus subtil, le Brexit est voué, j'en suis persuadé, à l'échec absolu. Car si j'avais bien tort de croire que les anglais n'étaient pas assez idiots pour prendre une décision pareille, je me dis, incurable optimiste, que toute cette histoire finira en eau de boudin. J'aime bien la formule de Pascal Lamy selon laquelle le Brexit s'apparentait à sortir un oeuf d'une omelette. Au pays des oeufs brouillés du matin, c'est presque bizarre qu'ils n'en aient pas davantage eu conscience. Bref, je prends les paris, le Brexit n'aura pas lieu. Et pourtant, Dieu sait qu'envoyer un coup de pied aux fesses des grands bretons me ferait du bien. Mais mon bien-être, dans l'affaire, n'a pas beaucoup d'importance ! Car, bon, par quelque bout que l'on prenne l'affaire, le Royaume-Uni est un pays européen, une île certes, mais en Europe, comme l'île de Ré si vous voulez, mais en plus grand et avec des fish & chips à la place des huîtres :-). La géographie est un très grand critère objectif. Et le rôle du Royaume-Uni en Europe, dans toute son histoire, est considérable. Son influence est majeure, dans tous les domaines : culturel, artistique, politique, économique aussi évidemment. Si McCartney n'est pas mon frère, alors qui l'est ? Le Brexit est donc un défi à l'économie bien sûr mais aussi à la géographie et à la culture. En fait il est le résultat d'une immense difficulté à faire le deuil des Etats-Nations. Si cette crispation a atteint les anglais en pleine face, elle touche fortement les italiens, les polonais et les hongrois. Les grecs furent très touchés et semblent en voie de guérison. Les allemands sont très contaminés ces temps-ci apparemment. Elle nous atteint nous aussi, honnêtement, dans un autre registre, quand nous nous exténuons à abriter les corses qu'on ferait mieux d'envoyer au diable vauvert, comme les espagnols qui ne s'en sortent pas avec les catalans. Inutile de dire que je ne crois pas à la Catalogne ou à la Corse indépendante. A l'heure de la mondialisation, l'indépendance est juste une illusion. Tous ces braves Etats comme leurs belles régions n'ont qu'un avenir européen, au moins pour les quelques siècles à venir, avant que nous ne passions à une étape supplémentaire d'intégration, que je ne serai plus là pour commenter. Discuter l'indiscutable Le Brexit revient donc à discuter l'indiscutable. Boris Johnson est de la même eau que Laurent Wauquiez. Plus drôle quand même a priori car Laurent Wauquiez, non seulement est ridicule et pénible, mais il est surtout mortellement ennuyeux. Il fait des phrases ! Au moins n'est-il pas trop dangereux. Car le nationalisme, c'est la mort. Relisez Stefan Zweig, Le Monde d'Hier. Lorsque nous sommes confrontés à "l'indiscutable", auquel nous aurions aimé échapper, nous réagissons comme les anglais qui craignent pour leur mode de vie, nous traversons ces phases qu'Elisabeth Kübler-Ross a formalisé sous le nom de "courbe du deuil". Je vous les rappelle (j'ai déjà écrit là-dessus, mais c'est bien de faire des révisions de temps en temps, après tout c'est l'époque du bac) : - first (ben oui, je parle anglais), le déni, le rejet de la réalité. A l'échelle du Brexit, c'est cette incapacité à se dire que l'empire est mort - deuxio, la colère. Nous y étions il y a deux ans. Cameron en cherchant à manipuler son opinion publique pour tirer les marrons du feu, crée la situation qui conduit au Brexit. Du coup ils sont effectivement débarrassés de leur Premier Ministre mais ils héritent du Brexit, au grand désappointement de Nigel Farage et de Boris Johnson, qui ne pensaient pas se retrouver au pied du mur à ce point. Zut, ça avait marché. - troisième étape : le marchandage. C'est ce à quoi les anglais se livrent entre eux, et parfois avec nous, le marchandage étant par ailleurs une forme de négociation qui contribue à créer très peu de valeur mais surtout à fabriquer des compromis douteux. - par conséquent, après deux années de ces discussions stériles, nos amis grands bretons arrivent à la quatrième étape de la courbe, celle qui guette les syndicalistes SNCF au passage, celle de la déprime. Chacun constate qu'il tourne en rond, que la réalité est ce qu'elle est, et si tout cela est très ennuyeux, ce n'est pas discutable, en effet. Elisabeth Kübler-Ross a développé l'accompagnement des grands malades par les soins palliatifs, c'est vous dire si cette analyse s'applique à des situations autrement plus douloureuses ou personnelles que le Brexit, la réforme de la SNCF ou autres bricoles démocratiques. - le cinquième  point de la courbe est dans l'acceptation du problème, et ainsi dans sa résolution, car, au lieu de l'éviter celui qui y est confronté va se décider à le prendre en main, à l'assumer et à aller de l'avant, vers son destin en quelque sorte, lequel est différent de tout ce qu'il a vécu jusque là. Nous comprenons alors pourquoi ce n'est pas facile. Nous pouvons donc montrer un poil de compassion pour ces pauvres grands bretons, qui vont en plus continuer à venir rougir lamentablement sur nos plages cet été. Car nous ne devons pas manquer de compassion. Quand je vois la quantité de polémiques de seconde zone : la piscine, la vaisselle, le collégien, le pognon, gonflés à l'hélium des rezosocios décérébrés, tout ça parce que notre Macron national fait quelques transformations dans la maison, je pense que nous n'avons pas trop à nous moquer de qui que ce soit sur la planète ! Il y a bien d'autres vrais sujets à traiter, et aucun n'est simpliste. At the same time, quoi !
11.06.2018
Philippe Etienne
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Cette photo épatante a été prise par l'agence de presse allemande DPA. Comme dirait l'autre, un bon croquis (en l'occurrence une bonne photo) vaut mieux qu'un long discours. "L'autre" étant Napoléon, c'est vous dire si la citation est pleine d'à-propos ! Les amoureux de la communication non-verbale peuvent prendre leur pied avec cet instantané, ce pris sur le vif formidable. Merkel, tout le corps en avant, met visiblement tout son poids dans la balance. Shinzo Abe a par contre les bras croisés et l'air "droopy" plus vrai que nature. Il sait que cela ne sert à rien. Macron est de son côté lui aussi en action de conviction, même si la photo le montre davantage de profil. Merkel ne sourit pas vraiment, lui un peu plus, sur le thème "bon, Donald, arrête ton cirque". Quant au Donald, justement, bras croisés et l'air arrogant et moqueur, il est évident qu'il a l'air de s'en foutre comme de son premier hamburger. C'est d'ailleurs le cas, sans aucun doute possible, il l'a dit en un peu plus de 200 caractères, une fois de retour dans sa niche Air Force One. Plus ça va, plus Trump me fait penser au clébard agressif de Tom et Jerry : Plus sérieusement, Donald Trump est le profil le plus caricatural du négociateur dit "compétitif-agressif". Basiquement, les profils compétitifs aiment gagner, ne perdent pas de vue (jamais !) leurs intérêts et sont évidemment de formidables ressources pour ceux qui les emploient. Ce sont des négociateurs dits "durs". Nous avons tous du compétitif en nous, à des degrés divers. Nous les opposons aux "coopératifs", assertifs et bienveillants, qui travaillent à protéger leurs intérêts en même temps que la relation. Sous stress, le profil dit coopératif peut avoir tendance à devenir "soumis", au risque donc de perdre de vue ses intérêts. Un altruiste débordé, en quelque sorte. Le profil compétitif dit "agressif", que je décris, par égard pour ceux auxquels je m'adresse, comme "sous stress" lui aussi, est aveuglé le plus souvent par son ego, ou par une vision particulièrement rigide de son mandat, et donc, à cause de l'un et / ou de l'autre, capable de mettre en danger la relation avec le(s) autres(s) pour pouvoir (se) dire qu'il a gagné coûte que coûte. De façon schématique, le profil compétitif-agressif cherche à vaincre dans un rapport de force et se montre rigide, arrogant, hostile, intolérant, égoïste, agressif, violent... Nous en avons beaucoup dans nos rues et nos plateaux télé en France aussi, le Donald est un repoussoir pratique, mais bon, il n'est pas le seul de son espèce. Donald pourrait se contenter d'être "compétitif-efficace", c'est à dire : dur toujours mais aussi observateur, bien préparé, ayant le sens du timing, toutes qualités que nous pouvons espérer le voir mettre en pratique face au petit père Kim, car dans le genre casse-noix, le Coréen du Nord en tient une sacrée couche également. Cependant, et c'est tout le drame avec le Donald, il est tellement pénible, notre "winner" du Potomac, que le bolcho coréen ou les turbans de Téhéran finissent par paraître moins pénibles que lui. C'est dingue. Bon, il continue de pleuvoir des trombes mais Nadal a gagné Roland-Garros pour la onzième fois, c'était déjà ça ! Dans le genre "dur", il est réjouissant, l'animal (la photo est du Point). Au moins les matches de tennis ne prétendent-ils pas être des négociations !
20.05.2018
Philippe Etienne
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Il y a des jours où je délire Il m'est arrivé une toute petite histoire curieuse pas plus tard qu'hier. Alors que j'étais avec mon cadet à sélectionner un film que nous aurions envie de regarder ensemble, nous tombons sur la bande annonce du film The Square, palme d'or à Cannes l'an dernier. Le trailer décoiffe un brin et surtout il me met face à un visage d'actrice qui me fait dire : "c'est dingue, pourquoi j'ai l'impression de la connaître". Et quand je dis "connaître", ce n'est pas seulement à d'autres films dans lesquels j'aurai pu voir cette actrice que je pense. J'ai l'impression de l'avoir connue en vrai ! Alors que je ne sais même pas comment elle s'appelle 😁 Je fouille sur Google la carrière de l'actrice en question, qui s'appelle Elisabeth Moss et là, tout s'éclaire : elle joue dans la série Mad Men ! Le pouvoir des séries J'ai tellement regardé Mad Men à une époque que je finissais par y penser, à l'intrigue comme aux personnages, parfois dans la journée, comme je pense à des amis ou à des personnes avec lesquelles je vis ou travaille. Je m'étais fait la même remarque avec les personnages de Downtown Abbey, autre série qui m'avait bien envahi le quotidien. Elisabeth Moss est, dans Mad Men, un des personnages les plus intéressants de la bande de pubards new yorkais au coeur de la série. Donc, si le coeur vous en dit et si vous n'avez toujours pas vu un épisode de Mad Men, je vous laisse les découvrir. The Square : miroir ironique salutaire Vous pouvez aussi regarder The Square, qui nous a bien bottés, mon cadet et moi. Nous sommes, avec un peu de retard, tout à fait d'accord avec l'honneur fait à ce film Palme d'Or 2017 ! Si vous vous intéressez à la manière dont on réfléchit à la médiatisation d'un évènement, à la façon dont les journalistes travaillent avec les communicants de mon espèce comme avec les dirigeants, aux relations que les uns et les autres peuvent nouer, the Square vous donnera quelques clefs sardoniques sur la manière dont les choses se passent. Je ne suis pas sûr que ce soit à la gloire ni des communicants, ni des dirigeants, ni des journalistes. C'est d'ailleurs une des choses que j'ai aimé dans ce film. A force de ne pas faire dans le détail, le réalisateur, Ruben Östlund, passe au large de tous les emmerdeurs sentencieux. Son film garde une saine distance moqueuse avec tous sans tricher particulièrement avec la réalité. Par exemple, tous les points du scénario liés à la communication sont crédibles. Le raisonnement de l'agence de com' montrée dans le film est d'une validité stratégique incontestable, les résultats sur réseaux sociaux sont hélas à la hauteur du bidule qui leur est proposé, la légèreté, puis la lâcheté de certains dirigeants est bien cernée. La réalité a bien souvent dépassé la fiction que nous propose joyeusement The Square. Quant à l'art contemporain, prétexte central du film, pour avoir fréquenté de près les promoteurs de la Gaîté Lyrique et croisé les animateurs du Palais de Tokyo il y a pas mal d'années, j'avoue que la mise en boîte réalisée par The Square est sacrément réussie. Je parle bien de mise en boîte, pas d'étrillage en règle. Car c'est aussi ce que j'ai aimé dans ce film. Il se moque, mais il y a de la tendresse là-dedans. Il m'a d'ailleurs semblé que The Square avait trouvé cet équilibre dans l'humour qui manque à tous les régleurs de compte de France Inter, du Quotidien, et autres comiques troupiers de l'époque. The Square est une jolie illustration de ce que pourquoi plaide mon camarade Didier Pourquery dans son dernier rafraîchissant bouquin : "En finir avec l'ironie ?". Bref, regardez The Square si vous en avez l'occasion : les travers bien-pensants de nos gentilles démocraties qui font rêver les migrants, sont très bien cernés. Grosse réussite aussi bien dans l'approche du scénario, l'interprétation des acteurs que le traitement du réalisateur. Chouette moment. Quant à cette brave Elisabeth Moss dont je ne me rappelais plus le nom... et bien dans le film, le personnage principal joué par Claes Bang, lui fait presque le même coup... et pourtant, lui, dans le scénario, il ne s'est pas contenté de la voir dans une série américaine 😎
07.05.2018
Philippe Etienne
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J'ai déjà eu l'occasion dans ce blog de dire tout le bien que je pensais du film Vice-Versa, produit par Pixar, un film pour les enfants comme pour les parents qui aide à comprendre le rôle des émotions dans nos comportements et nos décisions. Le caractère ultra-émotionnel de l'actualité, entre anarchistes violents, célébrations soixante-huitardes et autres Fête à Macron, sans oublier le PDG d'Air France qui joue au poker, me donne envie de revenir sur ces émotions et ce qu'elles traduisent de nous. La colère : commençons par elle puisqu'elle est la vedette de nos médias. C'est intéressant d'en observer les gradations successives : au départ il existe une contrariété, laquelle peut muer en agacement, ces deux premiers stades restants somme toute gérables. Si nous n'y arrivons pas, les choses vont devenir plus compliquées. A l'agacement va succéder l'énervement. L'énergie monte ! Ensuite vient l'agressivité, et c'est là que les projectiles pleuvent sur les vitrines, les gendarmes mobiles ou les chemises blanches des DRH... Ces différents stades d'énergie se mettent en mouvement car au départ il existe chez celui (ou celle !) un besoin qu'il n'arrive pas à satisfaire, le besoin de respect. Prenez le camarade Mélenchon, colérique chronique, il raconte très bien l'absence de respect, de considération, dont il dit avoir fait l'objet de la part des instances dirigeantes du PS. Au-delà du personnage, les phénomènes économiques engendrés par la mondialisation, génèrent un sentiment de perte de contrôle, d'insignifiance, à la racine des mouvements que nous pouvons observer. Que faire alors pour la faire retomber ? Pensez alors au remarquable film de Sidney Lumet, justement intitulé "Douze hommes en colère", avec Henry Fonda dans le rôle principal. Il est intéressant de voir comment Henry Fonda va se confronter à la colère de ses homologues. Il leur pose des questions, il laisse la porte ouverte, il assume son désaccord et les interroge sur ce à quoi ils croient. Il utilise son pouvoir, celui d'être un juré comme eux, pour les faire réfléchir et pas pour les contraindre. Et il emporte le morceau. La colère n'a rien à voir avec la justice ou la vérité. La peur : continuons avec elle puisque c'est ce que ressentent tous ceux qui se trouvent licenciés parfois sans ménagement, ceux qui vivent dans des environnements dégradés, etc... Cette émotion naît avec le doute, lequel peut muer en inquiétude. Là encore, l'émotion ressentie joue en nous mezza voce. Elle prend de l'énergie si elle se mue en appréhension, puis en angoisse, voire en terreur ou effroi. La peur souligne que nous nous sentons en insécurité, elle part d'un besoin de protection. La peur nous invite à questionner la réalité. Que font les parents confrontés aux enfants qui font des cauchemars ? Ils leur offrent leur protection sans concession, font parler les enfants de ce qu'ils viennent de "voir", ils les ramènent progressivement dans une réalité a priori rassurante. Nous sommes tous de grands enfants. La tristesse : c'est l'émotion que ressentiront tous ceux qui, dans notre actualité chargée, auront l'impression d'avoir engagé un bras de fer "pour rien". C'est une impression très présente chez les managers ou les dirigeants que je peux rencontrer lorsqu'ils ont perdu un job, un statut, un sentiment d'appartenance. La tristesse nous dit que quelque chose de bon s'est achevé, quelque chose qui donnait du sens à notre vie. A basse intensité, la tristesse commence avec une déception, qui peut muer en nostalgie. D'intensité plus forte elle se mue en mélancolie, et, dans les cas les plus douloureux en désespoir, en dépression, elle peut déboucher sur des suicides. La tristesse s'installe lorsque nous avons perdu ce qui nous rendait vivant, ce qui faisait le sel de notre quotidien. Confronté à la tristesse, la nôtre ou celle de nos proches, la ligne de conduite est de les accompagner bien souvent dans la prise de conscience de ce qui manque, et de les aider à chercher d'autres sources de sens. La joie : c'est une émotion positive alors les choses nous paraissent plus simples. Nous pouvons en observer là aussi des gradations : au départ nous sommes contents et ce contentement peut muer en satisfaction. A forte intensité nous ressentons de l'enthousiasme. La joie peut devenir vaguement dérangeante lorsqu'elle mue en exaltation, pour ne pas dire en hystérie. Pour prendre un exemple en forme de clin d'oeil, rappelons-nous lorsque Tragicomix, dans Astérix Légionnaire, s'écrie "je vais revoir Falbala, je vais revoir Falbala !", Obélix ne peut s'empêcher de maugréer "gnagnagna". Rappelons nous les résultats de nos examens, ces débordements exaltés lorsque le résultat est positif... que ne vivent pas très bien ceux qui se sont fait recaler ! Du vécu, vous dis-je, du vécu. Bref, la joie est casse-pieds parfois, il suffit de se rappeler les polémiques râleuses chez les vaincus lorsque notre Jupiter favori est allé fêter son premier tour à la Rotonde ! La joie signe une réponse à notre besoin d'accomplissement. C'est important de ne pas la louper. Je connais quelques dirigeants et managers qui oublient régulièrement de célébrer la réussite, la leur et celle de leurs équipes. Cela donne des organisations sans joie. L'émotion de la joie favorise le sentiment de fierté. C'est très important ! Apprenons donc à communiquer nos émotions, à écouter celles des autres, aussi difficile que cela soit parfois ! Le film Vice-Versa nous apprend qu'elles nous aident à grandir. Revoyons Vice-Versa ! PS : un lecteur attentif et cultivé m'a fait remarquer, à la toute première édition de ce post, que je m'étais mélangé les pinceaux dans l'exemple, brillant bien sûr, que je tire d'Astérix. J'avais attribué à Obélix les répliques du bellâtre Tragicomix ! Bourde corrigée. Que ce lecteur érudit en soit remercié ! Son attention m'a apporté une joie sans mélange :-) !
16.04.2018
Philippe Etienne
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Ainsi donc les deux intervieweurs vedettes du moment, célébrés par leurs pairs, vantés pour leur punch, leur absence de complaisance pour les puissants, ces hommes que le monde libre tout entier nous envie, sont donc Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel. Damned, voilà qui m'en bouche un coin. Festival de narcissisme J'avoue que le festival de complaisance auquel les médias se livrent de plus en plus souvent entre eux avant ou après un exercice comme l'interview de Macron au Palais de Chaillot l'autre dimanche, me semble complètement invraisemblable et décalé. Dans le genre il n'y a que François Hollande pour les battre... l'homme qui dit que Macron aurait perdu l'élection si lui, François Hollande, avait fait campagne. Il ajoute qu'il aurait perdu aussi. Ah ah ah. Comme Fillon aurait récolté sa tempête, c'est donc la fille du facho ou l'autre énervé du Venezuela qui auraient gagné ? Nous l'avons vraiment échappé belle. Il a bien fait de venir nous raconter cela, pépère. On est content qu'il soit resté à la maison au lieu de faire campagne, s'il pouvait y retourner d'ailleurs pour y reprendre un croissant au beurre, surtout qu'il ne se gêne pas. Il nous manque tellement peu que le 20h de France 2 aurait eu une chute d'audience ce soir là... c'est trop drôle pour que j'arrive à le croire Mais revenons à JJ Bourdin, l'homme qui cherche à mettre à mal les puissants, l'une des têtes de Turcs favorites de Nicolas Canteloup. Et à Edwy Plenel, le camarade de Tariq Ramadan. Je les vois davantage comme des Pieds Nickelés : avec Edwy Plenel dans le rôle de Filochard, le gugusse qui soulève les poubelles, l'homme qui se fait condamner par le fisc parce que son journal ne paie pas ses impôts et dénonce Cahuzac en même temps. Quel talent. Pour en savoir plus sur le personnage, je conseille la lecture de "Mon Tour du Monde" d'Eric Fottorino, qui n'est pas un nervi ultra-libéral de mon genre mais un homme pondéré, qui a longtemps dirigé Le Monde et vu Edwy Plenel concrètement dans ses pompes et ses oeuvres. Le portrait n'est pas très glorieux. JJ Bourdin tiendrait bien de son côté le rôle de Ribouldingue. Ribouldingue, c'est le plus crasseux des Pieds Nickelés, et JJ Bourdin, il me donne toujours l'impression de n'être pas net, d'avoir oublié la douche, ou le savon, je ne sais pas. J'espère qu'il n'a pas mauvaise haleine. J'exagère, pardon. Mais comme je me suis forcé à l'écouter pendant plus de 2 heures, je me relâche. Reste une grande question : Macron fut-il Croquignol ? Je suis sûr qu'il aime le mot "croquignolet" en tout cas, et pour être "croquignolesque", cette interview le fut. Les marches du Palais D'abord, le cadre : le Palais de Chaillot. C'est intéressant car j'ai naturellement pensé à "La Folle de Chaillot" de Jean Giraudoux, une pièce qui se moque des affairistes... Je serai Macron, je n'aimerai pas cette association d'idées possible. Bon, il y avait la Tour Eiffel derrière, le téléspectateur américain qui verra (on ne sait jamais) l'image comprendra alors que c'est un Frenchie qui parle. Mais quand même, serait-il possible de se calmer de temps en temps. ? En campagne, Macron avait donné une super-interview à Médiapart, dans les locaux de Médiapart, dans le bazar temporairement rangé de la salle de rédaction. J'aurai préféré qu'il y retourne, ou alors dans les studios de RMC ou de BFM, puisque JJ Bourdin était en tête de gondole. Ensuite, l'arrivée sur "les marches du Palais". Macron aurait dû se méfier. Les commentateurs y ont vu un nouvel épisode du "Jupiter Walk". Rien que de la malveillance. Faut bien que la presse s'amuse, à défaut de gagner des lecteurs. Presque trois heures ! Enfin le déroulement. Presque 3 heures. Du pur délire. Tout ça pour rabâcher les mêmes sujets depuis des semaines, parce que oui, oh hé la gauche socialo pur jus, c'est fini les bêtises. C'est fini, les odes à la France qui ne fait rien, qui baille aux 35 heures, qui laisse ses dettes à ses gosses. C'est terminé de jouer, fini les statuts infernaux qui sont autant de murs infranchissables pour les 6 millions de chômeurs, les migrants et tutti quanti, dans un monde où notre relation au travail change de fond en comble, sous les coups de boutoir du digital et de la tech' en général. Il est temps de bosser nom d'un chien. Entre la droite neu-neu qui dit que c'était mieux hier et la gauche gnangnan qui dit qu'il faut faire autrement demain, après le grand soir, ce que j'aime en Macron, c'est qu'il s'occupe du temps présent. Nom d'une pipe, il y a un maximum de taf si nous ne voulons pas, à horizon 30 ans, que notre pays ait autant de poids économique dans le monde que la Thaïlande n'en a aujourd'hui (lisez Michel Camdessus pour comprendre cette comparaison) Ce qui est dingue, c'est de se dire que Macron est allé raconter sa messe dans une école primaire de province trois jours avant et que les stratèges en com' de l'Elysée s'étaient dits que les "élites" (rires) qui, elles, ne regardent pas JPP à 13h, avaient besoin d'un service spécial, le dimanche soir, avec les deux encartés acceptés par la rive gauche. Le pire est que les stratèges en com' de l'Elysée avaient raison. Cela donne une idée du monde "morcelé" dans lequel nous sommes, où l'entre-soi domine. Et qu'on ne vienne pas accuser Facebook... Pour des prunes En plus, si vous voulez mon avis, tous ceux qui voulaient voir Macron mis en difficulté, s'énerver, s'embrouiller, que sais-je, tous ceux là, à gauche ou ailleurs, en sont pour leurs frais. Cette interview n'a pu satisfaire que les egos de Filochard, de Ribouldingue, des médias qui parlent des médias et des seconds couteaux qui hantent les plateaux de LCI ou de BFM, qui glosent ensuite jusqu'à plus soif dans le poste. Tout cela compte pour des prunes parce que, même si machin râle à cause des 80km/h ou machine à cause de sa CSG, ou encore bidule à cause de son statut qui lui fait sentir qu'il est un dinosaure, eh bien les braves gens remarquent que le mec avance, qu'il prend des décisions, qu'il redonne un peu de lustre à un pays qui en avait perdu, qu'il ouvre les fenêtres et fait circuler l'air... que cela fasse tousser les trains ne durera guère. Bref, comme le disait dans une interview JPP avant son 13h : "les gens n'en disent pas de mal". Quant aux facs, ce sont les vacances de printemps et les examens qui se pointent qui nous débarrasseront des glandeurs. Notre Plenel-Filochard finassait hier soir sur le score de Macron au 1er tour de la présidentielle, fallait oser utiliser cela pour "défendre"les zadistes ou des syndicats étudiants qui ne représentent rien ni personne, franchement rien ni personne, ce qui ne date pas d'hier. Mai 68 est une histoire de septuagénaires les gars, vos révolutions sentent la naphtaline. Quant aux favelas de ND des Landes, cette ZAD transpire le taudis, la misère et le shit mal cultivé. Toute cette agitation est bonne pour les télés d'infos continues, c'est tout. Relisez plutôt les Pieds Nickelés.
31.03.2018
Philippe Etienne
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Une chronique où il sera question des paranoïaques qui font l'actualité, de l'Intelligence Artificielle qui nous manque encore et des anti-barbus. Ami parano, bonjour L'affaire Cambridge Analytica / Facebook fait grimper singulièrement le compteur Geiger de la parano moyenne. Je pense même que le déconomètre explose, à lire certains commentaires. Dans cette affaire il n'y a pas de piratage. Il y a une transmission qualifiée d'illégale de résultats de tests psychométriques en ligne à une société d'études qui en a tiré des conclusions et des stratégies de ciblage en faveur de Donald Trump pendant la campagne électorale américaine. A mon avis il y en a pour un paquet d'années pour un paquet d'avocats. J'attends le film made in Hollywood. J'avais bien aimé celui sur Snowden ! Cette affaire intervient : - alors que tout un chacun cherche un moyen de museler Trump et ses âneries à répétition. Je n'aime pas ce personnage mais Hillary Clinton, comme Obama avant elle, ou encore notre amie Ségolène de la royalitude jadis comme n'importe quel candidat, tous ont mis aussi en place des études de profils sur les réseaux sociaux et des campagnes ciblées. C'est d'ailleurs la moindre des choses, faut bien que les yaourts politiques se vendent aussi. Hilary Clinton en parle elle-même dans son bouquin sur sa campagne loupée. - alors qu'en Europe va s'imposer une nouvelle règlementation de l'exploitation des données personnelles (les pros parlent du RGPD (Règlement Général pour la Protection des Données) ou, in English, du GDPR (General Data Protect Regulation). Sur le sujet, je conseille cette vidéo, non dramatisante et sereine. Du coup, grand succès de presse. Et puis, avec 2 milliards d'utilisateurs, Facebook, c'est une bonne tête de gondole pour vendre de l'éditorial. La plume à papote ne peut pas résister ! Je dois dire que voir fleurir le hashtag "Delete Facebook" sur Twitter, me fait ricaner. Twitter est pollué par la haine, la fachosphère, France Insoumise et autres gros bras (pour en rester à des exemples tricolores). J'ai écrit un jour que l'oiseau bleu s'était pirater son nid par une bande de coucous braillards. Cela reste vrai, il me semble. J'ai du mal à trouver mon bonheur dans Twitter. Gros succès de la formule : "quand c'est gratuit, c'est toi le produit". J'aimerai rappeler aussi la formule à tous ceux qui demandent la gratuité de tout un tas de choses au nom du service public et du modèle social français, ah ah ah. Le problème des réseaux sociaux est qu'ils doivent bien trouver un modèle de revenus. Facebook est gratuit aussi bien pour les particuliers que pour les marques ou les organisations, donc c'est la pub qui paie, donc Facebook agit bien comme n'importe quel média, pas comme une plateforme technologique même s'il l'est aussi, il vend et vante la qualité de son audience. En plus l'audience s'y expose en direct, un pur bonheur. Je suis très peu sensible à la parano sur l'exploitation des données. J'ai sûrement tort, je pèche dans un nombre très importants de domaines de toutes façons. Mais comme me disait un ancien client, je ne sais pas ce qu'il y a de plus angoissant : de me dire que je n'intéresse personne ou de me dire que je suis observé sous toutes les coutures (il avait une expression plus triviale). Mais mon insensibilité certainement naïve fait que je ne crois pas vraiment à l'influence du travail de Cambridge Analytica sur les résultats de l'élection américaine. Je crois beaucoup plus à l'influence dévastatrice, et de longue date, de Fox News et autres crachats journalistiques. Je suis allé il y a quelques jours parler "réseaux sociaux" avec un amphi de jeunes de BTS pro dans un lycée professionnel. Je leur ai conseillé d'y aller, de construire leur réseau, c'est très important pour trouver du travail, d'avoir une utilisation sérieuse du truc. La bêtise crasse en ligne c'est bien souvent de la bêtise crasse en live. Pour orienter leur pratique, j'ai fait le malin en rappelant le premier des "accords toltèques" : "Que ta parole soit impeccable". Sur Facebook ou ailleurs, cela veut dire de ne pas médire des autres ni de soi-même. La petite chanteuse à turban de The Voice devrait lire Les Accords Toltèques davantage que la littérature des barbus. Histoire d'essayer des nouveautés, je teste un nouveau réseau social : Vero. Il se veut plus vertueux que Facebook sur l'exploitation des données et offre un mélange de services intéressants. Pour l'instant, je me sens très pionnier. Je n'y ai pour l'instant qu'une poignée d'amis. Les vrais ? Intelligence Artificielle : A l'action ! A propos de l'exploitation des données personnelles, l'actualité de la semaine passée nous a aussi livré le rapport Villani sur la stratégie nationale en matière d'Intelligence Artificielle. Grâce à mon gentil client Do You Dream Up, je suis cité dans les personnes auditionnées et dans les contributeurs. Cool. Ce rapport montre qu'il est temps de se grouiller si nous ne voulons pas être perdus pour de bon entre les Californiens et les Chinois. Il donne des pistes, propose des actions. Maintenant il est temps de passer à l'action. Mais c'est agréable de voir que les pouvoirs publics ont pigé ce qui se passe. "Le matheux" dont se moquait l'homme qui se fait huer dans les manifs comme une vulgaire fille de facho, je suis bien content de le voir à l'oeuvre. Cela nous change de Martinez et sa bande, têtes de gondole des défenseurs de statuts (de statues, comme dans la France Immobile ?). Bon, maintenant, comme dirait l'autre, la route est droite mais la pente est forte. Contre les barbus Je terminerai cette chronique de début de printemps par un conseil de lecture : précipitez vous sur "Khomeiny, Sade et moi", de Abnousse Shalmani. Elle a les barbus et les femmes corbeaux en horreur et pas la langue dans sa poche. Très très rafraîchissant. Joyeuses Pâques !
08.03.2018
Philippe Etienne
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Les trois plaies Lorsque j'échange avec des clients sur les bonnes pratiques de négociation, et donc aussi sur les mauvaises, trois personnages ou organisations aux comportements caricaturaux arrivent très vite dans la conversation : - le premier est Donald Trump. D'abord parce que lorsqu'on est entre Français, dire du mal d'un Américain ne gêne pas grand monde. En plus Donald Trump a osé écrire "l'Art de la Négociation". Enfin il a osé c'est sûr, écrire c'est moins sûr. Lisez "Le Feu et la Fureur" pour prendre toute la mesure de ce qui se passe à Washington. Si j'en crois Michael Wolff, l'auteur de ce brûlot, déjà le Donald ne sait pas lire, alors écrire... Après nous avoir brandi le feu nucléaire possible, le voilà qui se rengorge à l'idée de déclencher une guerre commerciale. Bon, je ne m'en fais pas, quelques petits tweets au saut du lit et tout cela passera. Ce Président est une catastrophe, ses électeurs finiront eux aussi par s'en rendre compte. Ayons confiance en l'humanité. - les seconds sont les Centres Leclerc. Michel-Edouard Leclerc a plutôt bonne presse et son blog fait partie de mes bonnes lectures. Mais les acheteurs de la centrale sont des caricatures de négociateurs, plutôt du genre bandit de grand chemin. En termes d'image de marque, je trouve cela catastrophique. Comme dirait le héros des publicités Lidl : "on est mal, c'est sûr, on est mal". - les troisièmes sont chez Bouygues. Les rois de la truelle ne font pas dans la dentelle quand il s'agit de négocier. Bouygues est le seul client que j'ai jamais vu qui refuse de régler une facture et en même temps menace de poursuites pénales son fournisseur. C'est une très vieille histoire, j'étais très jeune, je me souviens leur avoir ri au nez. Après, j'ai moins ri mais ce ne fut pas trop grave quand même, un simple marchandage de tapis qui m'a rappelé mes séjours à Amman. TF1 contre Canal+ : les maçons contre les petits marquis L'actualité confirme que les Bouygues Boys sont toujours aussi délicats et printaniers, des artistes. Dans le cas qui occupe le devant de la scène du moment, il s'agit des Bouygues Boys cathodiques, les chevaliers du Minorange TF1, bref les descendants de Patrick Le Lay, l'homme qui vendait du temps de cerveau disponible (ce qui est d'ailleurs la définition la plus franche du métier qu'il faisait). Donc TF1, que n'importe qui peut capter gratuitement pour peu qu'il soit équipé d'un décodeur TNT, veut valoriser moyennant quelques dizaines de millions d'euros de droit de cuissage, les merveilleux contenus qu'il nous offre : ses JTs extraordinaires, ses divertissements haut de gamme, ses séries fabuleuses, que sais-je. Il faut comprendre, semble-t-il, que la pub ne génère plus assez de revenus puisque les clients, pardon les téléspectateurs, que dis-je les publics, se barrent, donc TF1 cherche des revenus pour payer son train de vie. En face, Canal +, qui dans mon esprit ne vaut pas plus cher moralement, bref les ex-petits marquis de la gauche caviar en déroute, se révoltent et coupent le signal. On se croirait chez Leclerc quand les acheteurs décident de déréférencer Ariel. Je pense que tout cela va se terminer par un grand marchandage à la mord moi le noeud et rentrera dans l'ordre, où nous constaterons une fois de plus que les matamores pullulent et ne nous font pas progresser d'un iota. Car le sujet pourrait être intéressant. Je dirai même plus : devrait stimuler la créativité davantage que l'envoi de lettres recommandées. Quel est le sujet : la transformation radicale de la consommation des médias sous les coups de boutoir du digital. Que cela soucie TF1, évidemment. Mais je crois que cela peut aussi soucier Canal +, Orange et Free. A des degrés divers et pour des raisons différentes, mais bon, le problème n'est pas réservé à TF1. Donc ces braves gens ont davantage de problèmes en commun que de conflits entre eux. Le test de réceptivité Je rappelle les 4 questions clefs à préparer lorsque vous avez une demande à exprimer, un sujet à négocier : - en quoi ma demande peut-elle créer un avantage à l'autre ? Cela revient à avoir des arguments, cela ne signifie pas qu'ils suffisent. - en quoi ma demande crée-t-elle des inconvénients à l'autre ? Cela oblige à réfléchir en partant du point de vue d'en face, afin d'éviter les contre-arguments et au contraire rechercher des options qui permettent d'atténuer, voire de faire disparaître le(s) inconvénient(s) en question - en quoi l'autre a-t-il un avantage à rejeter ma demande ? C'est plus compliqué que de réfléchir aux seuls inconvénients car, bien souvent, ces avantages là sont cachés. C'est le terrain de la négociation avec des gens difficiles - en quoi l'autre aurait-il un inconvénient à refuser ma demande ? C'est mon plan B. Dans l'affaire TF1 vs Canal+, nous voyons bien le plan B de Canal (couper le signal). TF1 a de son côté une série de sujets : l'accès à MyTF1.fr ? Les chutes spectaculaires d'audience d'émissions phares comme The Voice montrent les limites de l'affaire. La recherche de l'intervention d'un tiers, en l'espèce les pouvoirs publics ? Nous sommes en France. Cela a marché, dans une certaine mesure, pour les réceptions par satellite. L'appel au peuple ? Je suis tombé sur un JT de 13h qui montrait que, dans les campagnes, la France périphérique âgée qui reçoit les chaînes par satellite grognait. Mais ce n'est pas le coeur de clientèle de Canal + Ces quatre questions constituent ce que nous appelons en négociation raisonnée, le "test de réceptivité". A faire systématiquement, par chacun, pour être en mesure de mener votre négociation en étant centré sur le problème à résoudre davantage que sur la recherche obsédante et un tantinet pénible ou vaine, d'un "rapprochement des positions". Les "concertations" à venir sur les projets de réforme gouvernementaux, et la SNCF en tout premier, nous montrerons à leur tour dans quelle mesure les parties prenantes auront su faire ce test pour se préparer. J'en profite pour m'insurger une fois de plus sur l'utilisation abusive du terme de "concertation". Pourquoi ne pas plutôt parler de négociation ?

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