Conseil et coach en communication et en négociation
Conseil et coach en communication et en négociation
09.12.2017
Philippe Etienne
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Qui sème le vent récolte la tempête... Comme Jean d'Ormesson et Johnny Hallyday nous ont occupé cette semaine, et j'ai bien aimé que les hommages soient rendus, je n'étais indifférent ni à l'un ni à l'autre, nous avons prêté une attention sinon distraite du moins insuffisante à la dernière décision de Donald Trump. L'ignominie du personnage ne doit pas nous échapper. Peu importe les comparaisons historiques car nous n'en avons pas besoin : les Etats Unis ont porté à leur présidence un authentique salopard, une crapule de la pire espèce, un être humain comme malheureusement il en existe et qu'on souhaite voir aller rôtir en en enfer le plus vite possible. Sa décision sur Jérusalem est une insulte à l'histoire des hommes, à l'histoire tout court, au droit international évidemment, aux Arabes forcément mais aussi à tous ceux, juifs y compris, qui sont morts dans ce conflit qui s'est éternisé. Je me garderai d'assimiler les américains à leur épouvantable président comme les Israéliens à leur premier ministre menteur, tricheur, voleur. Je pense cependant que les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent alors je me demande pourquoi les américains et les israéliens tolèrent Trump et Nethanyaou. Et qu'on ne vienne pas me parler du respect de la démocratie. Je lis les compte-rendus ce ce que disaient les manifestants à Amman hier. Finalement, je connais un peu la Jordanie et je me désole de ce que je lis. Si la rue égyptienne dit la même chose, il arrivera un moment où l'intérêt des dirigeants de ces deux pays ne sera plus de respecter les traités de paix qu'ils ont signé, depuis 1978 pour ce qui est de l'Egypte. Vous croyez que les choses n'iront pas jusque là ? Je n'en suis pas sûr et j'en suis presque à la souhaiter aujourd'hui tellement la forfaiture de Donald Trump me soulève le coeur. Car pendant que nous commémorions Jean d'Ormesson et Johnny, les populations arabes ont réagi dans un premier temps par la sidération, puis par quelques mots d'ordre convenus. Maintenant, ce que je lis n'est plus convenu... Même des gens raisonnables sont écoeurés. Dans le conflit israélo-palestinien cela fait un moment que Nethanyaou me donne envie de vomir, mais jusqu'à présent les présidents américains, et pas seulement Obama, ne rentraient pas franchement dans son jeu. Trump l'a fait pour se sortir du guêpier dans lequel le met sa relation trouble avec les Russes. Honnêtement c'est à hurler. "Allumer le feu" chantait Johnny. Il parlait d'amour. Trump, lui, allume le feu. Et c'est de haine qu'il s'agit. Les Etats-Unis ont à leur tête un homme qui les salit et qui salit tout ce qu'il touche. Il y a d'autres criminels sur la planète, y compris d'autres chefs d'Etat. Mais aucun n'est à la tête de l'une des plus grandes et influentes démocraties de la planète. Trump est une honte pour la démocratie. C'est une honte de le laisser en place.
02.12.2017
Philippe Etienne
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L'émission "Capital" a récemment consacré une émission aux arnaqueurs de tout poil qui fleurissent sur l'envie des braves gens que nous sommes à vouloir être heureux et riches. Parmi les professionnels visés : les coachs. Comme je consacre une part non négligeable de ma modeste activité au coaching professionnel, j'ai entendu parler de l'émission et je me suis forcé à la regarder, grâces en soient rendues aux systèmes de "replay". Ouïe ouïe ouïe. J'avais déjà vu il y a quelques années une émission du même magazine sur le sujet et c'était déjà gratiné. En l'occurrence, j'ai trouvé ce nouveau chef d'oeuvre de Capital plutôt moins calamiteux. Finalement ils font un tir groupé sur les gourous du développement personnel et le reportage s'achève bien entendu sur une interview du président de la Miviludes, l'organisme en charge de la surveillance des dérives sectaires. Bon, venir perturber le business des gourous n'est pas un sujet qui me dérange, au contraire. Je ferai cependant remarquer aux équipes de Capital qu'ils utilisent pour traiter leur sujet exactement les mêmes méthodes contestables de l'emphase et de l'amalgame que celles qu'ils dénoncent chez ceux qu'ils ciblent. Emphase : Le sujet est annoncé par Capital à grands coups de roulement de tambour. Il est mixé de surcroît avec un reportage sur les arnaques sur les diamants et, pour faire bonne mesure, un reportage sur les voyant.es. Allons y gaiement mon camarade ! Musiques accrocheuses, montages punchy, on y va en effet. Exactement comme les gourous qu'ils vont allumer. C'est simple : les gourous copient Capital et les méthodes dites sensationnalistes. Ces gens là sont du même monde. J'avais rencontré l'an dernier un journaliste tv que je connais depuis longtemps et dont le sérieux est incontestable, pour parler avec lui d'un éventuel sujet sur les coachs. Nous en avions mutuellement conclu que le sujet était "impossible". Car, dans une logique d'audience télé qu'il n'est pas question de laisser de côté, le métier de coach n'est pas abordable. Le travail des coachs professionnels repose sur la confidentialité. Une séance de travail entre un coach et son client ne se filme pas. Basique mais éliminatoire. Pas d'images, pas de sujet. Les gourous, eux, produisent des images à profusion. Une véritable indigestion ! Capital peut se goberger. Un joli boulot mon coco ! Amalgames : Le titre de l'émission ne ciblait pas les coachs et ne prétendait pas faire un sujet sur le métier. C'était une sage précaution. Le problème est qu'elle ne tient pas longtemps. Car les gugusses montrés du doigt se parent de cette qualité de coach. Capital ne remet pas cet abus de langage en question. D'où un amalgame consternant. Capital mentionne alors 6000 coachs en France, dont 2000 "certifiés" (par qui ? Capital ne le dit pas). Sachez que Capital se trompe. Les estimations les plus sérieuses parlent plutôt de 20 000 coachs, selon les statistiques produites par les écoles de coachs, dont les formations sont toutes en train de passer à la moulinette du Registre National des Certifications Professionnelles (RNCP) histoire précisément de pourchasser les coachs auto-proclamés et les formations fantaisistes. Car le métier se professionnalise très sérieusement. 20 000 coachs en France : autant que de plombiers ! Ma vie professionnelle, grâce à la fréquentation d'un client présent dans les matériels de chauffage m'avait permis de savoir qu'il y avait grosso modo 20 000 entreprises de plomberie en France. J'en sais des choses ! Un autre jour Capital fera sûrement un reportage sur les arnaques à la plomberie. Faut-il pour autant cesser de chercher un plombier ? 20 000 coachs formés dans des écoles aux formations certifiées, dont la moitié pratiquent effectivement, toujours selon les statistiques des associations professionnelles. Le reportage tacle 4 personnes : un ex-présentateur de JT de province reconverti au Canada en show-man du coaching (un renégat quoi) et d'ailleurs certifié par l'International Coaching Federation (ICF), une auteure de best seller à deux balles bien emballé par un éditeur qui sait ce que marketing veut dire (Raphaëlle Giordano) et un jeune malin qui arrive à faire cracher à des braves gens des sommes que même un DRH ne sort pas pour financer l'accompagnement d'un directeur général ! Ce qui lui vaut d'ailleurs plusieurs signalements à la Milivudes. Je me demande pourquoi l'équipe de Capital n'est pas allée questionner l'ICF sur la certification accordée au show-man. Auraient-ils refusé de répondre ? Ce n'est pas dit. En général les journalistes ne se gênent pourtant pas pour pointer le refus des institutions de répondre à leurs questions. Ricanements : Pour parachever son ouvrage Capital ricane sur la place prise par le rayon "Développement personnel" dans nos librairies. Le sujet, à mon avis, serait de se poser davantage la question du succès de ce type de bouquins. Mais cela n'intéresse pas Capital. Trop long et trop compliqué pour un sujet en prime-time le dimanche soir. C'est pourtant une émission qui se veut positionnée sur le créneau redoutable de l'économie. Si le développement personnel attire autant l'intérêt c'est bien en raison de la demande d'aide qu'expriment nos contemporains. Nous vivons un temps de fortes ruptures, économiques justement. C'est souvent difficile et compliqué d'y voir clair. Cela demande parfois de savoir changer le regard que nous pouvons porter sur la façon dont nous menons notre vie, notamment professionnelle. Les discussions sur la reconnaissance ou non du burn out comme une maladie professionnelle découlent de cette situation. La dénonciation à tort et à travers des "pervers narcissiques", le pointage des enfants dits "AD" (qui souffriraient d'une altération de leurs capacités d'attention), la référence souvent confuse aux neurosciences, sont autant de signaux d'alarme. Que nos contemporains décident de se prendre en main en furetant dans les rayons "Développement personnel" de nos librairies n'est guère surprenant. Faut-il le déplorer et s'en inquiéter ? A quand une émission de Capital sur les "ouvrages à lire" : un truc positif, quoi, qui aide les gens au lieu de leur fiche la trouille et de leur faire cultiver cette sorte de cynisme médiocre qui, précisément, contribue au succès des Dr Doxey de l'époque. Pour conclure ce "blog chronique", changer de sujet et rester sur M6 quand même, j'ai aussi regardé cette semaine, toujours en replay, le reportage d'Enquête Exclusive en Corée du Nord. Il se termine en expliquant que "Rocket Man" a un ambitieux plan pour faire venir en Corée du Nord plusieurs millions de touristes... mais allons y, envoyons lui des touristes, plus il y en aura, plus il y aura des bugs dans le contrôle... Je suis certain que la Corée du Nord peut s'effondrer comme un château de cartes si on part à la base. Naturellement cet abruti majuscule de Donald ne s'occupe que de la tête (façon de parler). Les dictateurs aiment les murs. Offrons leur des chamallows ! Bonnes soirées télé à mes lecteurs !
05.11.2017
Philippe Etienne
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Il s'en passe des choses dans ce bas monde. - D'abord en Catalogne histoire d'assurer un minimum de SAV à mon post précédent : où l'on voit, sinon que "la raison du plus fort est toujours la meilleure", du moins que les matamores ont la peau dure. Je ne trouve pas que M. Puigdemont soit un génie mais je n'ai aucune envie de tresser des couronnes à Mariano Rajoy. C'est incroyable d'avoir peur à ce point. Je ne suis pas du pays alors j'essaie de ne pas juger trop ni trop vite, mais bon, en quoi cela servait-il ses intérêts de rajouter une couche de pression après la vraie-fausse déclaration d'indépendance du 10 octobre dernier ? En négociation, une des règles à suivre est de ne pas chercher à faire perdre la face à l'autre. Je crois que M. Rajoy, bien plus que n'importe quel indépendantiste même d'extrême gauche, n'aura pas aidé à résoudre le problème qui est devant lui. Et ce ne sont pas les mandats d'arrêt qui volent comme les feuilles en automne qui vont y contribuer. Je vois mal comment la loi peut régler le problème des revendications régionalistes en Europe. - Car la loi ne peut pas tout. Le procès d'Abdelkader Merah le montre à l'évidence. Les familles des victimes ne trouveront pas de quoi assouvir leur chagrin ou leur éventuelle volonté de réparation dans les prétoires. Dupont-Moretti a fait un travail que je trouve personnellement remarquable, même si c'est pour défendre un énorme fumier. Il y a des mesures à prendre contre les salafistes, mais ce n'est pas dans ce prétoire là que ces mesures peuvent se prendre. - Dans la série les salafistes font l'actu, Tariq Ramadan, sixième pilier de l'Islam selon la "une" provoc' as usual de Charlie Hebdo, laquelle vaut au journal de nouvelles menaces de mort. Je reste donc Charlie même si je continue de ne pas vraiment les lire. En l'espèce le dessin me suffit. J'avoue que voir un salafiste nommé Ramadan pris dans la vague des #balance ton porc, je trouve ça distrayant. C'est d'ailleurs à peu près le seul sourire que m'a tiré cette campagne d'opinion sur les réseaux sociaux. J'ai toujours détesté les ambiances bonhommes, les vannes de vestiaire et autres couillonnades velues et grasses. Je suis absolument contre le plafond de verre qui bloque les évolutions de salaires et de responsabilité des femmes. Je n'ai pas envie pour autant que les militants de l'abominable écriture inclusive et de la séparation des genres l'emportent ! Et il y a malheureusement un poil (si j'ose dire 😎) de cette odeur-là sinon dans le hashtag en tout cas dans des commentaires qui l'accompagnent. Nicolas Bedos a écrit à ce sujet un post que je partage pleinement. - Bref il est temps de regarder les choses comme elles vont bien. Alors j'ai investi (acheté serait un mot trop léger vu le poids du bouquin) dans "La part d'ange qui est en nous" de Steven Pinker, le sociopsy qui démontre que nous vivons une époque bien plus paisible et bien moins violente, tous indicateurs confondus, que celles qui ont précédé. Le livre est une remarquable mise au point. Je pense qu'il va trôner aux côtés de "La Démocratie des Crédules" de Gérald Bronner ou de "La France est prête" de Robin Rivaton, dans la série des livres qui cassent les biais cognitifs dans lesquels les médias et encore plus les réseaux sociaux nous plongent et qui font voter qui pour le Brexit, qui pour Trump, qui pour le Pen ou Mélenchon, tous leaders populistes qu'il est de plus en plus laborieux d'arriver à surmonter. - Ce qui m'amène à également recommander la lecture de "Des pouvoirs de l'Opinion" de mon maître Jean-Pierre Beaudoin, qui supportera bien ce clin d'oeil amical que je lui fais, en précisant que c'est surtout le chapitre 4 de son dernier opus, sur le thème des facteurs générationnels dans les mouvements d'opinion, qui m'a interpellé. Ma fréquentation quasi-quotidienne de start-upers de 27 ans en moyenne me rend en effet réceptif à cette réalité, et c'est ce qui nourrit mon optimisme finalement ! Ils sont d'une intelligence qui n'est pas artificielle ! Dans un monde où la bêtise n'est pas virtuelle, c'est d'ailleurs bon de voir qu'un p'tit jeune a eu le toupet de désactiver le compte Twitter de Donald avant de quitter l'entreprise... ce type devrait être embauché comme CEO de cette société en perdition ! Bref heureusement qu'il existe des gens comme Steve Pinker pour nous sortir de ces jeux toxiques que nous adoptons parfois à notre corps défendant, et que décrit si bien un autre Steve, Karpman celui-là, dont j'ai déjà parlé et dont, by the way, le bouquin en VF vient de sortir. Vive les Steve(s) !
10.10.2017
Philippe Etienne
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Allez, je prends les paris. En cette fin d'après midi le président de la Catalogne va marquer un recul sur ses ambitions (exigences ?) d'indépendance. Il va demander l'ouverture de négociations et faire ce qu'il faut pour ne pas perdre la face. C'est malin d'avoir fait tout ça pour ça. Je trouve que la cause catalane, et celle du rôle des régions en Europe en général, vaut mieux que la dramaturgie à laquelle nous avons assisté (et continuerons ?). C'est souvent la même histoire : en négociation, "les gens" (comme dirait l'autre) s'imaginent toujours que le plus Matamore est le plus malin. J'ai passé un moment hier après midi avec un prospect qui avait l'air d'avoir envie de faire de ses équipes des matamores en puissance. Je ne suis pas sûr d'avoir envie de lui répondre qu'en négociation, le matamore a tort ! Neil Rackham, un consultant britannique qui a publié de nombreux ouvrages et articles sur la négociation a résumé de son côté un certain nombre de préceptes qu'il est utile de se remémorer alors que Donaldor le Matamore répand sur la planète ses remugles belliqueux, en parfait écho au "Rocket Man" qu'il dénonce. Voyons ce que nous dit Neil Rackham : Les négociateurs efficaces évitent : - les mots qui irritent : autant vous dire qu'au grand prix de la négo, notre JL Mélenchon national est très très mauvais. Les injures qu'il adresse à Manuel Valls (d'origine catalane, gare au gorille !) le disqualifient complètement. J'ai été d'autant plus choqué de l'affaire qu'il le fait sur le dos de la Nouvelle-Caéldonie et je ne vois pas très bien quel intérêt il y a à rallumer les énervements. - les contre-propositions : c'est la porte ouverte aux batailles d'arguments, qui signent nos magnifiques guerres de position. En négociation sociale, très très fréquent ! - la dilution des arguments : la maladie qui complète le point précédent. Cela revient à assommer l'autre de kilos d'arguments. Personne n'écoute personne. Chacun en rajoute. - la spirale émotionnelle : c'est compliqué. Nous sommes des bêtes à réaction. - les débats sans issue : En d'autres termes, les négociateurs tournent en rond Par contre, ils : - expriment souvent leurs émotions : autant vous dire que Trumpor le matamore n'est pas très doué dans ce registre. Obama était bien meilleur. Macron n'est pas mauvais, dans le bordel ambiant. - recherchent systématiquement l'information : ce qui revient à dire qu'ils posent des questions. Qu'ils demandent pourquoi, qu'ils demandent comment, qu'ils demandent "et si ... ?" - testent souvent la compréhension de leur interlocuteur : cela facilite "l'écoute active". Ils sont vigilants et attentifs. Pour trouver des idées et savoir se mettre à la place de l'autre, cela aide. - préparent minutieusement plusieurs options possibles : et j'ajouterai qu'ils n'en font pas un fromage si l'option n'est pas acceptée, car ils ont compris que l'option est, par définition, non imposable ! - caractérisent leur comportement : pas facile car cela veut dire que le négociateur a la capacité, le recul pour se voir agir. - se fixent des objectifs : ils savent où aller et leurs objectifs sont "SMART" (grand classique des écoles de management, l'acronyme signifie, pour ceux de mes éventuels lecteurs qui l'ignoreraient : spécifique, mesurable, atteignable, réaliste et défini dans le temps) - restent souples dans le processus : ce que Carles Puigdemont va devoir montrer si il veut y arriver au lieu de se "Boris Johnsoniser" façon catalane. Bon, il me reste 1/4 d'heure à vivre avant de voir si j'ai gagné mon pari. Si je l'ai perdu, nous allons donc rester dans le bras de fer. La pression va continuer à monter. Pobre Europa.
04.09.2017
Philippe Etienne
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J'aime bien les pubs. Elles sont beaucoup plus rigolotes que les journaux qu'elles font vivre, que les murs des métros qu'elles égaient et tous les publiphobes du monde sont des pisse-froids de base, et toc. Le goût le plus sûr n'y sévit pas toujours, je le reconnais volontiers. Mais le métro ne sent pas toujours très bon aussi et les plateaux TV ne transpirent pas toujours la finesse non plus.  Regardez Hannouna (attaque facile) mais aussi Laurent Ruquier-que-je-déteste-intégralement ou encore Elisabeth Lévy sur BFM-TV que le héros de Virginie Despentes, Vernon Subutex, décrit ainsi :"on voit que c'est une meuf qui aime le sexe. Et la coke, ce qui ne gâte rien" (cf Vernon Subutex tome 1 page 79, je préfère citer mes sources). Vous avez le droit de vous marrer.  Je reconnais que je déteste absolument la manière survoltée dont Elisabeth Lévy conduit ses débats, si j'ose écrire, et que la voir se faire allumer ainsi par Virginie Despentes, ci-devant membre de l'Académie Goncourt et ex-hardeuse, ça m'a bien réjoui (comme disaient mes vieilles tantes célibataires). Tout ce paragraphe est louche, j'en conviens. Trêve de préliminaires (décidément), j'en viens à ce qui me réjouit l'âme au lever, certains diront qu'ils m'en faut peu : la dernière pub d'Intermarché sur nos murs que voici. Elle me réjouit car elle me montre à quel point je suis nul en légumes. Je suis absolument certain que cette pub ne m'aurait pas fait lever le nez. D'ailleurs je suis sûrement passé devant sans vraiment la voir. C'est le buzzouille sur l'affaire qui a attiré mon attention et notamment un post de l'excellent Olivier Cimelière-Cordonnier, que je ne connais pas du tout même si j'ai entendu parler de lui par des gens que je connais en vrai, et que je félicite au passage pour la diversité et la qualité de ses innombrables interventions en ligne. Cette pub me réjouit aussi car elle a provoqué un bon paquet de tweets féroces accusant Intermarché de ne rien connaître à ce qu'il vend. Les twittos en question se sont fait avoir. Il est bon que ce genre de choses arrivent souvent. Le donneur de leçons sur Twitter c'est vraiment beurk beurk beurk.  Cette pub me réjouit enfin car elle se moque des soi-disant bonnes affaires en promo. La pingrerie galopante de mes contemporains me consterne. Je suis un anti low-cost radical. Je n'ai pas besoin de payer cher pour être content mais la solderie permanente me fait bailler. Qu'on ne vienne pas me dire que c'est mieux pour les porte-monnaies aplatis qui sont les nôtres. Je balaie l'argument. Les plus radins en quête de promos ne sont pas les plus fauchés, loin de là. Et les plus fauchés auraient peut être un boulot si les consommateurs voulaient bien payer le vrai prix des vraies choses. Bref, bravo Intermarché pour cette triple réussite. Excellent exercice de recadrage de l'attention alors que, sauf si vous vous êtes mis à la diète médiatique,  tout l'été a donné la parole à tous les vendeurs d'illusions et de fausses promos, ce qui vaut à Jupiter et à son Premier une descente de l'Olympe sur les fesses. Mais je ne me décourage pas, les bateleurs vont se retrouver gros jean comme devant, je refuse d'en douter et ce pays va enfin se remettre à bosser.  D'ailleurs le Ministre de l'Education Nationale, Jean-Michel Blanquer a dit qu'il réfléchissait à raccourcir les vacances de la Toussaint, houra houra.  Je salue au passage la performance dudit Ministre dans l'émission poubelle de Laurent-Ruquier-que-je-déteste-absolument. En plus l'émission accueille désormais Christine Angot, ça va s'écouter parler grave sur le plateau. Pour une fois, j'ai réussi à regarder a posteriori l'interview jusqu'au bout tellement l'invité était excellent en évitant de se faire embarquer dans les âneries de Ruquier, les questions tordues de Yann Moix ou les salmigondis de la mère Angot, qui s'y connaît en neurosciences comme moi en fenouil, en chou ou en courgette !
03.08.2017
Philippe Etienne
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Pour passer un bon été, mes conseils qui valent ce que vous voulez : - lisez "Quand sort la recluse", le dernier "rompol" de Fred Vargas. Personnellement, j'adore le commissaire Adamsberg et ses "proto-pensées", sortes de bulles gazeuses qu'il faut écouter attentivement, elles sont tellement fragiles qu'il est important de s'arrêter pour les laisser prendre forme et éclairer la situation. Ecoutons nos proto-pensées, voilà un beau programme estival. - tenez vous à l'écart des médias, de toutes façons ce serait mauvais pour toutes les proto-pensées que vous avez en vous. Les médias sont très prévisibles : ils s'intéressent à la canicule en espérant que cela fera quelques décès bien sentis histoire de faire la morale à tout le monde ; ils ont décidé qu'il était temps que ça pète autour de Macron parce que bon, ce mec qui ne veut pas leur parler aussi souvent que pépère d'avant, c'est tout de même dingue et bien sûr ils en font des tonnes sur la méga-panne de la gare Montparnasse, preuve s'il en fallait que les trains en retard sont toujours plus "vendeurs" que les trains à l'heure et, the last but not the least, ils épiloguent sur Neymar, le dernier voyou du foot que le PSG va se payer. - félicitez vous des disparitions annoncées de la rentrée : pour ma part je retiens que, enfin, Natacha Polony dégage d'Europe 1, bon pas de bol l'auditeur récolte un gars venu de France Inter. Il paraît qu'il va sauver l'audience, comment peut-on croire à des fadaises pareilles. Enfin, il parlera toujours moins que sur le service public, pour une fois que les pubs serviront à quelque chose. - si vous croisez un électeur de la France Insoumise, offrez lui un aller simple pour le Vénézuela, ça nous fera des vacances. Il pourra toujours aller voir combien coûte le paquet de coquillettes à Caracas et quémander une APL à Maduro et ses tontons macoutes de gauche. - allez faire un tour dans la Creuse pour découvrir les beautés cachées de La Souterraine : au passage, cela vaudrait le coup d'aller dire aux commerciaux de GM&S que les vacances, ce n'est pas pour eux et aux ouvriers en colère que prendre ses clients en otage ce n'est pas le meilleur moyen de les garder. Enfin, je comprends quand même les douleurs qui s'expriment et la colère qui gronde. A vous dégoûter du salariat. - dites bonjour gentiment aux généraux de votre entourage si vous en avez, ils ont besoin de se requinquer après le savon que notre nouveau grand chef Sioux a passé au généralissime. Sitting Bull Macron plus fort que le général Custer. - vaccinez vous d'avance contre le tombereau d'insanités qui va nous tomber dessus pour cause de changements dans le code du Travail. C'est le douzième vaccin que je vous recommande ! Enfin à tous mes amis qui sévissent dans le beau milieu tant vilipendé de la com' et autres spin-doctors : - signez des contrats-cadre et trouvez vous de bons avocats - achetez, relisez, apprenez par coeur "La Démocratie des Crédules" de Gérard Bronner pour vous donner de l'ardeur à faire valoir les points de vue de nos valeureux clients, ces entreprises qui essaient de faire leur job et de gagner un peu de pognon pour donner du boulot aux feignasses crédules qui préfèrent avaler toutes les propagandes des affabulateurs qui sévissent sur la Toile. Je sens que je suis en train de me faire des amis avec une tirade pareille. Allez, zou, cela fait deux conseils de lecture en un seul post, si avec ça, vous n'êtes pas cultivés, c'est à désespérer :-) On s'amuse ! PS : et merci au site auquel j'emprunte l'illustration de ce post
02.07.2017
Philippe Etienne
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Il y a plusieurs années, l'inénarrable Frédéric Dard sortait un bouquin dans la série San-Antonio, dont le titre m'a toujours réjoui et qui m'est revenu à l'esprit alors que je réfléchissais à cette chronique mensuelle : "Les clefs du pouvoir sont dans la boîte à gants". Livre que je vais du coup m'employer à relire une fois que j'en aurai fini avec ce post ! Tout cela pour dire que ce post n'a évidemment rien à voir avec ce bouquin, sauf que j'avais envie d'écrire quelques lignes sur les "clefs du pouvoir", à un moment où on nous bassine sur Jupiter, sa cuisse ou sa cuisine, dans des médias assez grincheux pour constater que le nouvel élu va éviter de continuer à bavasser avec les gazetiers, ce dont ils sont fort marris, parce que bon, coco, faut remplir les colonnes et les écrans et que si Hollande avait une qualité à leurs yeux c'était qu'il était "un bon client". Bref, où sont les clefs du pouvoir ? Visons large, où sont les clefs de votre pouvoir, innombrables lecteurs émerveillés. Car nous avons tous du pouvoir, dans nos vies professionnelles en général et nos négociations en particulier et nous ne nous en rendons pas toujours bien compte. Première clef : le levier numéro 1 de votre pouvoir est en vous ! Votre physique d'abord : vous êtes grand(e), costaud, vous avez une voix qui porte, cela vous donne du pouvoir. Regardez nos amis députés minoritaires : ceux que l'on pressent comme des meneurs ou des meneuses ont tous cette capacité à se faire entendre, au sens propre comme au sens figuré. Votre mémoire aussi : selon les situations, il est utile de maîtriser l'historique d'une situation ou, à l'inverse, d'arriver vierge de tout historique et d'avoir au contraire en mémoire des tas d'autres situations qui vont nous aider à garder l'oeil neuf ! Entre autres raisons, c'est l'une des clefs de l'intervention réussie par Nicolas Jeanson racontée dans sa "chronique d'un sauvetage industriel". En négociation, vos compétences au calcul mental ont quelques vertus ! Tout comme votre résistance au stress ou votre goût du risque ! D'une manière plus générale, votre charme personnel, très subjectif bien entendu, est un atout indéniable. Jadis, ma chef d'équipe avait ainsi un tel pouvoir sur un client casse-pieds, qu'il suffisait, lorsque j'étais seul avec le client en question, d'invoquer régulièrement son prénom dans l'échange pour voir le client se détendre ! Deuxième clef : votre pouvoir est chez les autres Ou plus exactement dans votre alliance avec les autres. L'anecdote de ma chef d'équipe est révélatrice. Sans la qualité de mon alliance avec elle, je n'aurai pas pu jouer le charmeur de serpent avec autant de maîtrise et de décontraction. Je me souviens aussi de ce dirigeant qui, à la signature du contrat, me déclare, une fois les choses faites : "à partir de maintenant, on se tutoie, on se dit tout et tout ce que tu dis c'est comme si c'était moi qui l'avais dit". Voilà qui me donnait un sacré pouvoir, en même temps que quelques responsabilités, car évidemment, il pouvait y avoir quelques explications franches si nous n'étions pas en phase. Bref autant d'exemples pour rappeler que votre boss est votre premier allié et pas votre premier ennemi comme la vulgate le laisse entendre. D'une manière générale, quel que soit votre job ou votre niveau de responsabilité, travaillez vos alliances, réfléchissez au système de relations dans lequel vous vous inscrivez. Vous n'êtes pas obligés de devenir des Richard Ferrant pour autant. Troisième clef : votre pouvoir est dans les choses que vous possédez Vous possédez toujours quelque chose ! Ceux qui n'ont que du temps utilisent le temps. Pensez à nos amis guichetiers (moins nombreux qu'autrefois quand même, heureusement). Parfois il est utile que vous ayez une belle bagnole ou un beau costard. Evidemment, l'inverse est vrai : c'est parce qu'il a un vieil imper élimé et une 403 pourrie que l'inspecteur Columbo arrive à prendre le pouvoir sur ses riches suspects. Beaucoup ne s'attachent qu'à cela : d'où les querelles d'ego constantes sur la taille du bureau, son emplacement, la marque du téléphone... les signes extérieurs de statut sont là pour affirmer son pouvoir. Et je ne parle pas des titres accordés. Ah ce goût pour les "VP" dans les organigrammes. Il est aujourd'hui de bon ton de les brocarder évidemment et souvent à juste titre. Mais bon, la situation mérite souvent d'être examinée de près. Quatrième clef : votre pouvoir est dans les informations auxquelles vous avez accès Ce n'est pas pour rien que les "petits chefs" font de la rétention d'information. Maintenant, si nous regardons ce précepte d'un oeil positif, cela nous renvoie à la nécessité de rester curieux, ouvert à ce que nous ignorons, à l'affût des opportunités. Je me souviens d'un client qui me disait que "les bruits de chiottes" (sic) que je lui ramenais étaient parmi les choses qui lui étaient le plus utiles pour approcher les bons clients ou les nouveaux marchés ! Cinquième clef : votre pouvoir est dans votre maîtrise des processus Tous ceux qui répondent à des appels d'offre savent cela. Les appels d'offres sont faits pour maintenir dans l'ignorance ceux qui y répondent. Ce qui est tout de même étonnant quand il s'agit de choisir un ou des partenaires avec lesquels le lanceur d'appel d'offres va devoir travailler et tirer le meilleur parti de ce que son (ses) futur(s) prestataire(s) saura faire. Bon, je ne vais pas disserter sur les appels d'offres. Contrairement à ce que la vulgate et les médias associés croient, je ne les vois en aucune manière comme des indices de bon fonctionnement de quelque organisation que ce soit et encore moins comme des protections contre d'éventuels copinages voire de possibles corruptions. C'est juste une victoire de la bureaucratie. Voilà, il vous reste désormais à ne pas perdre vos clefs... sauf à ce que plus aucune porte ne puisse s'ouvrir devant vous ! Bon été !
04.06.2017
Philippe Etienne
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Il y a encore un attentat à Londres aujourd'hui alors peut être ce post va paraître léger, mais bon, tant pis, je me lance quand même et je vais vous parler de ce chef d'oeuvre de la comédie frenchy des années 70 qu'est Le Grand Blond avec une Chaussure Noire. Comme Gérard Oury avec Rabbi Jacob le fera sur le thème de la tolérance et du racisme, Yves Robert et son scénariste Francis Veber avec le Grand Blond traitent d'un sujet important en s'appuyant sur les ressorts de la comédie et de l'humour, en l'espèce ils traitent de la liberté et du respect de la vie privée auquel chacun a droit. Les manigances du colonel Toulouse alias Jean Rochefort et de son fidèle homme de main Perrache alias Paul Le Person pour induire en erreur le colonel Milan (Bernard Blier, génial as usual) dans le cadre d'une guérilla inter-services secrets dont j'ai oublié les raisons (à supposer que le scénario se soit fatigué à en donner) permettent de montrer que n'importe quel individu observé avec la plus grande malveillance peut devenir un être extraordinairement suspect. Regardez Richard Ferrand. Ces derniers temps, les médias adorent le mot "système". Jamais vu autant de candidats "anti-système". Foutaises absolues. Même les olibrius trostkos qu'on sort de la naphtaline tous les 5 ans pour les exhiber à la Foire aux Candidats sont dans le système. Toute organisation est un système. Même chacun d'entre nous "fait système" de par l'entrelacs de relations, d'expériences, de préoccupations, d'intérêts qui sont les siens. Que Le Monde, Médiapart et Le Canard Enchaîné, la triade de la vertu, aient découvert un "système Ferrand", ce n'est donc pas une surprise. Le système Bergé, le système Niel, le système Plenel, le système Canard seraient tout aussi facilement démontrables, louches et dénonçables. Le Canard est l'un des plus obscurs qui soit, mais bon, je comprends que la volaille satirique se protège des regards de ceux qui veulent sûrement la plumer et lui faire rendre gorge. Donc "le système Ferrand" est l'os à ronger que les anti-Macron veulent se faire en espérant que ça dézinguera un peu la machine qui s'est mise "En Marche". Ledit système Ferrand occupe les médias sous les yeux méfiants de nos braves concitoyens que les mêmes vertueux s'apprêtent à chauffer à blanc sur le thème de la défense des droits des travailleurs face à la future réforme du code du travail (je refuse d'y mettre des majuscules). Nous sommes tous des Maurice (le personnage joué par Jean Carmet dans Le Grand blond). Les vertueux fidèles du Martinez à moustaches ont même cherché à nous faire le coup annuel de la panne d'essence et je dois reconnaître que ça a fichtrement bien marché tellement nous sommes à la fois naïfs et méfiants. Michel-Edouard Leclerc raconte cela mieux que moi : lire ici Heureusement nous avons un Président malin qui parle anglais. Ce qui lui permet de faire la nique à notre gras et gros Donald et de mettre les rieurs de son côté. Well done ! Attention quand même à ne pas se croire "arrivé"... les vedettes rapides d'En Marche deviendraient alors de fâcheux kwassa-kwassa. Rien ne sera laissé de côté. Donald a un point commun avec notre Méluche national, en plus d'avoir une grande bouche : il croit que c'est en défendant les gloires économiques du passé qu'on crée la richesse de demain. La différence est que là où Donald défend le charbon et l'acier, Méluche et ses potes défendent le CDI, le salariat et les services publics. Chacun ses vaches sacrées. Ou ses grandes causes. Il y a des électeurs partout. Vivement qu'on passe à l'action. #MakeFrancegreatagain.
13.05.2017
Philippe Etienne
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Les rézosocios font circuler ces portraits de Boris Vian et d'Emmanuel Macron et chacun peut relever la ressemblance frappante entre les deux hommes sur ces clichés. Il est d'usage d'ajouter que Boris Vian est mort à presque 40 ans alors que notre Macron désormais national déboule à l'Elysée en frisant les 40 balais. Bref, c'est le buzz de la métempsycose. Je relève dans l'oeuvre de Boris Vian une multitude de titres dont notre nouveau Président devra s'inspirer ou auquel il prendra garde : - l'Ecume des Jours : il est évident qu'Emmanuel Macron ne devra pas y rester - J'irai cracher sur vos tombes : Emmanuel Macron s'en gardera bien, le devoir de mémoire fait partie des missions du "PR" - L'Arrache-Coeur : certains ont voté pour lui en se l'arrachant, le coeur (très à gauche). Donc, il peut s'attendre à ce que "L'Herbe Rouge" repousse vite ! Même s'il lui arrivera probablement de se dire "Et on tuera tous les affreux", évidemment, il gardera cela pour lui. A défaut, il pourrait restaurer "L'Equarrissage pour Tous", mais j'en doute. - Vercoquin et le plancton : Toute la première partie du bouquin, la plus drôle, explique comment faire pour emballer les filles et chasser ses rivaux potentiels. A mon avis, Manu, tu l'as lu. - Evidemment il affrontera des "Déserteur"(s). Il pourra alors toujours relire les "Cantilènes en Gelée" ou "Je voudrais pas crever" et méditer "La vie c'est comme une dent" : "d'abord on n'y a pas pensé, on s'est contenté de mâcher et puis ça se gâte soudain"... un disciple de Paul Ricoeur a forcément réfléchi à tout cela depuis longtemps ! Pour finir, histoire de se distraire et face à Jean-Luc, ceux qui passent la Nuit Debout et autres vrais, durs et tatoués, il n'oubliera pas de chantonner "On n'est pas là pour se faire engueuler". Quant à Donald, Vladimir, le Grand Turc et autres Kim Jong, il leur sifflotera "La Java des Bombes Atomiques" et fera comme dans la chanson : "Tous les grands chefs d'Etat lui ont rendu visite, il les reçut et s'excusa de ce que sa cagna était aussi petite mais sitôt qu'ils sont tous entrés il les a enfermés en disant soyez sages et quand la bombe a explosé de tous ces personnages il n'en est rien resté" ! Puis il viendra nous dire "en jouant les andouilles": "messieurs c'est un hasard affreux mais je jure devant Dieu, en mon âme et conscience, qu'en détruisant tous ces tordus, je suis bien convaincu d'avoir servi la France" ! -
04.05.2017
Philippe Etienne
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Emmanuel Macron a eu bien du mérite dans son débat face à Marine Le Pen hier soir.  Et j'imagine un nombre très élevé de téléspectateurs également. Car nous avons assisté, de la part de la fille Le Pen, a un festival d'attitudes incroyablement mécommunicantes. Mécommunicant, cela veut dire qui empêche la communication, qui lui nuit. J'étais très impressionné de ressentir à quel point son attitude provoquait un malaise en moi. J'étais impressionné de voir aussi à quel point cela avait de l'impact sur les 2 journalistes "modérateurs", en particulier Nathalie Saint Criq, lesquels semblaient avoir effectivement du mal à respirer. Cet impact sur les journalistes eux mêmes s'est exprimé aussi dans les "debriefs" à travers les impressions communiquées par quelqu'un d'aussi chevronné que Ruth Elkrief par exemple. Attaques personnelles incessantes, confusion entre les problèmes à résoudre et la personne en face, elle ne nous aura rien épargné. Vous rappelez-vous "La Ligne Verte" ? Dans ce film l'un des personnages absorbe toute les horreurs auxquelles il assiste avant d'être obligés de les recracher... Nous sommes dans le même état, nous avons été exposés à une quantité extrême de radiations de malveillance. Marine Le Pen fait partie de ces personnes qui savent (si j'ose dire) sourire en effet de façon malveillante. Le sourire, en général, est une marque de bienveillance, d'écoute et d'attention. Pas chez elle, du tout. Elle est dans l'ironie et le sarcasme permanent. Qu'elle déteste Emmanuel Macron, on s'en fiche éperdument. Ce qui a un intérêt, dans sa candidature comme dans celle de Mélenchon, de Poutou, d'Arthaud ou même de ce crétinus de Dupont Gnangnan, c'est qu'elle est sensée représenter une partie de la population de ce pays qui ne sait pas comment s'en sortir dans les turbulences économiques (et autres) que nous traversons. Comme Marine Le Pen n'invente jamais grand chose, je dirai qu'elle a cherché à faire du Trump, qui détient une sorte d'Oscar de l'odieux en campagne électorale. Après tout si ça a marché pour le Conducator new-yorkais, cela peut, peut-être, aussi marcher pour celle qui est la fille du facho, comme d'autres chantaient la fille du bédouin (chanson vaguement paillarde à l'ancienne et je me suis laissé dire que MLP aimait bien les paillardises). Mais Trump parlait à son électorat au moins. J'ai eu l'impression hier soir de voir quelqu'un qui n'avait qu'un seul objectif : se payer la tête de son rival, lui hurler dessus pour provoquer une sortie de route, une colère, qui n'est pas arrivée, jamais. J'ai adoré quand Macron osait dire que sur tel ou tel point "elle avait raison". Ensuite, elle passe son temps à accuser les autres d'être des créatures marketing. De mon côté j'ai surtout vu quelqu'un hier soir qui cherchait absolument à caser toutes les phrases-chocs que lui avaient concocté la bande de gros lards avinés qui la conseillent. Ils avaient eu l'imagination fertile, à vouloir faire de Macron, qui est un réformateur prudent, le parangon de "l'ultra-libéralisme sauvage et radical". C'était grotesque, pathétique, en dessous de la ceinture et tellement à l'image de toutes les têtes de lard qui la représentent sur les plateaux, de Philippot, dont la ressemblance avec le serpent dans le dessin animé Robin des Bois de Walt Disney est de plus en plus frappante à Sébastien Chenu, gueulard des plateaux, Gilbert Collard, le cynisme sur pied, etc.. Quand je pense à eux je pense à "Parachutiste" de Maxime Le Forestier. Enfin sa vision de la négociation est étrange. Pour négocier il faut être deux au minimum. Or il ne se passera rien comme elle l'annonce. L'Europe aura besoin de se passer de nous si elle est élue. Et elle y arrivera, comme elle arrivera à se passer des Britanniques qui ont plombé la construction européenne depuis des années. Mme Le Pen nous promet une France façon Corée du Nord. Il y aurait un point commun, le pays serait gouverné par une famille et par ses obligés. Nous serons la honte absolue. Je crois avoir assisté à tous les débats présidentiels de la Vème République (mon grand âge :-))). En 74, pour autant que je m'en souvienne (j'avais 13 ans) puis en 81, match retour, il y avait une vraie rivalité, de vraies divergences, mais Mitterrand et Giscard avaient des choses à dire, des mesures à expliquer, ils respectaient les règles qu'ils avaient fixées ensemble. En 88, il y avait de la tension, mais Mitterrand avait de l'humour. En 95, Jospin et Chirac étaient tellement polis l'un envers l'autre que l'on s'est pas mal ennuyé, un peu comme à Roland-Garros quand Lendl affrontait Wilander. En 2002, Chirac n'avait pas voulu débattre avec le borgne, cet homme dont Pierre Desproges disait : "il y a plus d'humanité dans l'oeil de mon chien quand il remue la queue que dans la queue de cet homme quand il remue son oeil". En 2007, Sarkozy a résisté aux assauts de bravitude de Ségolène, un peu comme le loup dévore la chèvre de M. Seguin. En 2012, il y eut le prodige de l'anaphore dont toute la gôche s'est esbaubie, le résultat cinq ans plus tard étant que nous avons récolté la fille du facho sur le plateau, jolie conclusion. Dans un post précédent, je disais que c'était toujours (en tout cas très souvent) l'Auguste qui gagnait les élections, celui qui savait faire rire les enfants que nous sommes restés, alors que le clown blanc, très sentencieux, les ennuie. Hier Marine Le Pen a tenté de faire l'Auguste. Mais je ne crois vraiment pas qu'elle ait pu être drôle pour qui que ce soit. Alors, si vous n'avez pas ri, appuyez sur "eject" pour que le film de la Fille du Facho s'arrête. Comme Emmanuel Macron n'a cessé de le dire hier soir, les difficultés que rencontrent les électeurs de MLP valent plus et mieux qu'elle...

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