Conseil et coach en communication et en négociation
Conseil et coach en communication et en négociation
10.10.2017
Philippe Etienne
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Allez, je prends les paris. En cette fin d'après midi le président de la Catalogne va marquer un recul sur ses ambitions (exigences ?) d'indépendance. Il va demander l'ouverture de négociations et faire ce qu'il faut pour ne pas perdre la face. C'est malin d'avoir fait tout ça pour ça. Je trouve que la cause catalane, et celle du rôle des régions en Europe en général, vaut mieux que la dramaturgie à laquelle nous avons assisté (et continuerons ?). C'est souvent la même histoire : en négociation, "les gens" (comme dirait l'autre) s'imaginent toujours que le plus Matamore est le plus malin. J'ai passé un moment hier après midi avec un prospect qui avait l'air d'avoir envie de faire de ses équipes des matamores en puissance. Je ne suis pas sûr d'avoir envie de lui répondre qu'en négociation, le matamore a tort ! Neil Rackham, un consultant britannique qui a publié de nombreux ouvrages et articles sur la négociation a résumé de son côté un certain nombre de préceptes qu'il est utile de se remémorer alors que Donaldor le Matamore répand sur la planète ses remugles belliqueux, en parfait écho au "Rocket Man" qu'il dénonce. Voyons ce que nous dit Neil Rackham : Les négociateurs efficaces évitent : - les mots qui irritent : autant vous dire qu'au grand prix de la négo, notre JL Mélenchon national est très très mauvais. Les injures qu'il adresse à Manuel Valls (d'origine catalane, gare au gorille !) le disqualifient complètement. J'ai été d'autant plus choqué de l'affaire qu'il le fait sur le dos de la Nouvelle-Caéldonie et je ne vois pas très bien quel intérêt il y a à rallumer les énervements. - les contre-propositions : c'est la porte ouverte aux batailles d'arguments, qui signent nos magnifiques guerres de position. En négociation sociale, très très fréquent ! - la dilution des arguments : la maladie qui complète le point précédent. Cela revient à assommer l'autre de kilos d'arguments. Personne n'écoute personne. Chacun en rajoute. - la spirale émotionnelle : c'est compliqué. Nous sommes des bêtes à réaction. - les débats sans issue : En d'autres termes, les négociateurs tournent en rond Par contre, ils : - expriment souvent leurs émotions : autant vous dire que Trumpor le matamore n'est pas très doué dans ce registre. Obama était bien meilleur. Macron n'est pas mauvais, dans le bordel ambiant. - recherchent systématiquement l'information : ce qui revient à dire qu'ils posent des questions. Qu'ils demandent pourquoi, qu'ils demandent comment, qu'ils demandent "et si ... ?" - testent souvent la compréhension de leur interlocuteur : cela facilite "l'écoute active". Ils sont vigilants et attentifs. Pour trouver des idées et savoir se mettre à la place de l'autre, cela aide. - préparent minutieusement plusieurs options possibles : et j'ajouterai qu'ils n'en font pas un fromage si l'option n'est pas acceptée, car ils ont compris que l'option est, par définition, non imposable ! - caractérisent leur comportement : pas facile car cela veut dire que le négociateur a la capacité, le recul pour se voir agir. - se fixent des objectifs : ils savent où aller et leurs objectifs sont "SMART" (grand classique des écoles de management, l'acronyme signifie, pour ceux de mes éventuels lecteurs qui l'ignoreraient : spécifique, mesurable, atteignable, réaliste et défini dans le temps) - restent souples dans le processus : ce que Carles Puigdemont va devoir montrer si il veut y arriver au lieu de se "Boris Johnsoniser" façon catalane. Bon, il me reste 1/4 d'heure à vivre avant de voir si j'ai gagné mon pari. Si je l'ai perdu, nous allons donc rester dans le bras de fer. La pression va continuer à monter. Pobre Europa.
04.09.2017
Philippe Etienne
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J'aime bien les pubs. Elles sont beaucoup plus rigolotes que les journaux qu'elles font vivre, que les murs des métros qu'elles égaient et tous les publiphobes du monde sont des pisse-froids de base, et toc. Le goût le plus sûr n'y sévit pas toujours, je le reconnais volontiers. Mais le métro ne sent pas toujours très bon aussi et les plateaux TV ne transpirent pas toujours la finesse non plus.  Regardez Hannouna (attaque facile) mais aussi Laurent Ruquier-que-je-déteste-intégralement ou encore Elisabeth Lévy sur BFM-TV que le héros de Virginie Despentes, Vernon Subutex, décrit ainsi :"on voit que c'est une meuf qui aime le sexe. Et la coke, ce qui ne gâte rien" (cf Vernon Subutex tome 1 page 79, je préfère citer mes sources). Vous avez le droit de vous marrer.  Je reconnais que je déteste absolument la manière survoltée dont Elisabeth Lévy conduit ses débats, si j'ose écrire, et que la voir se faire allumer ainsi par Virginie Despentes, ci-devant membre de l'Académie Goncourt et ex-hardeuse, ça m'a bien réjoui (comme disaient mes vieilles tantes célibataires). Tout ce paragraphe est louche, j'en conviens. Trêve de préliminaires (décidément), j'en viens à ce qui me réjouit l'âme au lever, certains diront qu'ils m'en faut peu : la dernière pub d'Intermarché sur nos murs que voici. Elle me réjouit car elle me montre à quel point je suis nul en légumes. Je suis absolument certain que cette pub ne m'aurait pas fait lever le nez. D'ailleurs je suis sûrement passé devant sans vraiment la voir. C'est le buzzouille sur l'affaire qui a attiré mon attention et notamment un post de l'excellent Olivier Cimelière-Cordonnier, que je ne connais pas du tout même si j'ai entendu parler de lui par des gens que je connais en vrai, et que je félicite au passage pour la diversité et la qualité de ses innombrables interventions en ligne. Cette pub me réjouit aussi car elle a provoqué un bon paquet de tweets féroces accusant Intermarché de ne rien connaître à ce qu'il vend. Les twittos en question se sont fait avoir. Il est bon que ce genre de choses arrivent souvent. Le donneur de leçons sur Twitter c'est vraiment beurk beurk beurk.  Cette pub me réjouit enfin car elle se moque des soi-disant bonnes affaires en promo. La pingrerie galopante de mes contemporains me consterne. Je suis un anti low-cost radical. Je n'ai pas besoin de payer cher pour être content mais la solderie permanente me fait bailler. Qu'on ne vienne pas me dire que c'est mieux pour les porte-monnaies aplatis qui sont les nôtres. Je balaie l'argument. Les plus radins en quête de promos ne sont pas les plus fauchés, loin de là. Et les plus fauchés auraient peut être un boulot si les consommateurs voulaient bien payer le vrai prix des vraies choses. Bref, bravo Intermarché pour cette triple réussite. Excellent exercice de recadrage de l'attention alors que, sauf si vous vous êtes mis à la diète médiatique,  tout l'été a donné la parole à tous les vendeurs d'illusions et de fausses promos, ce qui vaut à Jupiter et à son Premier une descente de l'Olympe sur les fesses. Mais je ne me décourage pas, les bateleurs vont se retrouver gros jean comme devant, je refuse d'en douter et ce pays va enfin se remettre à bosser.  D'ailleurs le Ministre de l'Education Nationale, Jean-Michel Blanquer a dit qu'il réfléchissait à raccourcir les vacances de la Toussaint, houra houra.  Je salue au passage la performance dudit Ministre dans l'émission poubelle de Laurent-Ruquier-que-je-déteste-absolument. En plus l'émission accueille désormais Christine Angot, ça va s'écouter parler grave sur le plateau. Pour une fois, j'ai réussi à regarder a posteriori l'interview jusqu'au bout tellement l'invité était excellent en évitant de se faire embarquer dans les âneries de Ruquier, les questions tordues de Yann Moix ou les salmigondis de la mère Angot, qui s'y connaît en neurosciences comme moi en fenouil, en chou ou en courgette !
03.08.2017
Philippe Etienne
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Pour passer un bon été, mes conseils qui valent ce que vous voulez : - lisez "Quand sort la recluse", le dernier "rompol" de Fred Vargas. Personnellement, j'adore le commissaire Adamsberg et ses "proto-pensées", sortes de bulles gazeuses qu'il faut écouter attentivement, elles sont tellement fragiles qu'il est important de s'arrêter pour les laisser prendre forme et éclairer la situation. Ecoutons nos proto-pensées, voilà un beau programme estival. - tenez vous à l'écart des médias, de toutes façons ce serait mauvais pour toutes les proto-pensées que vous avez en vous. Les médias sont très prévisibles : ils s'intéressent à la canicule en espérant que cela fera quelques décès bien sentis histoire de faire la morale à tout le monde ; ils ont décidé qu'il était temps que ça pète autour de Macron parce que bon, ce mec qui ne veut pas leur parler aussi souvent que pépère d'avant, c'est tout de même dingue et bien sûr ils en font des tonnes sur la méga-panne de la gare Montparnasse, preuve s'il en fallait que les trains en retard sont toujours plus "vendeurs" que les trains à l'heure et, the last but not the least, ils épiloguent sur Neymar, le dernier voyou du foot que le PSG va se payer. - félicitez vous des disparitions annoncées de la rentrée : pour ma part je retiens que, enfin, Natacha Polony dégage d'Europe 1, bon pas de bol l'auditeur récolte un gars venu de France Inter. Il paraît qu'il va sauver l'audience, comment peut-on croire à des fadaises pareilles. Enfin, il parlera toujours moins que sur le service public, pour une fois que les pubs serviront à quelque chose. - si vous croisez un électeur de la France Insoumise, offrez lui un aller simple pour le Vénézuela, ça nous fera des vacances. Il pourra toujours aller voir combien coûte le paquet de coquillettes à Caracas et quémander une APL à Maduro et ses tontons macoutes de gauche. - allez faire un tour dans la Creuse pour découvrir les beautés cachées de La Souterraine : au passage, cela vaudrait le coup d'aller dire aux commerciaux de GM&S que les vacances, ce n'est pas pour eux et aux ouvriers en colère que prendre ses clients en otage ce n'est pas le meilleur moyen de les garder. Enfin, je comprends quand même les douleurs qui s'expriment et la colère qui gronde. A vous dégoûter du salariat. - dites bonjour gentiment aux généraux de votre entourage si vous en avez, ils ont besoin de se requinquer après le savon que notre nouveau grand chef Sioux a passé au généralissime. Sitting Bull Macron plus fort que le général Custer. - vaccinez vous d'avance contre le tombereau d'insanités qui va nous tomber dessus pour cause de changements dans le code du Travail. C'est le douzième vaccin que je vous recommande ! Enfin à tous mes amis qui sévissent dans le beau milieu tant vilipendé de la com' et autres spin-doctors : - signez des contrats-cadre et trouvez vous de bons avocats - achetez, relisez, apprenez par coeur "La Démocratie des Crédules" de Gérard Bronner pour vous donner de l'ardeur à faire valoir les points de vue de nos valeureux clients, ces entreprises qui essaient de faire leur job et de gagner un peu de pognon pour donner du boulot aux feignasses crédules qui préfèrent avaler toutes les propagandes des affabulateurs qui sévissent sur la Toile. Je sens que je suis en train de me faire des amis avec une tirade pareille. Allez, zou, cela fait deux conseils de lecture en un seul post, si avec ça, vous n'êtes pas cultivés, c'est à désespérer :-) On s'amuse ! PS : et merci au site auquel j'emprunte l'illustration de ce post
02.07.2017
Philippe Etienne
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Il y a plusieurs années, l'inénarrable Frédéric Dard sortait un bouquin dans la série San-Antonio, dont le titre m'a toujours réjoui et qui m'est revenu à l'esprit alors que je réfléchissais à cette chronique mensuelle : "Les clefs du pouvoir sont dans la boîte à gants". Livre que je vais du coup m'employer à relire une fois que j'en aurai fini avec ce post ! Tout cela pour dire que ce post n'a évidemment rien à voir avec ce bouquin, sauf que j'avais envie d'écrire quelques lignes sur les "clefs du pouvoir", à un moment où on nous bassine sur Jupiter, sa cuisse ou sa cuisine, dans des médias assez grincheux pour constater que le nouvel élu va éviter de continuer à bavasser avec les gazetiers, ce dont ils sont fort marris, parce que bon, coco, faut remplir les colonnes et les écrans et que si Hollande avait une qualité à leurs yeux c'était qu'il était "un bon client". Bref, où sont les clefs du pouvoir ? Visons large, où sont les clefs de votre pouvoir, innombrables lecteurs émerveillés. Car nous avons tous du pouvoir, dans nos vies professionnelles en général et nos négociations en particulier et nous ne nous en rendons pas toujours bien compte. Première clef : le levier numéro 1 de votre pouvoir est en vous ! Votre physique d'abord : vous êtes grand(e), costaud, vous avez une voix qui porte, cela vous donne du pouvoir. Regardez nos amis députés minoritaires : ceux que l'on pressent comme des meneurs ou des meneuses ont tous cette capacité à se faire entendre, au sens propre comme au sens figuré. Votre mémoire aussi : selon les situations, il est utile de maîtriser l'historique d'une situation ou, à l'inverse, d'arriver vierge de tout historique et d'avoir au contraire en mémoire des tas d'autres situations qui vont nous aider à garder l'oeil neuf ! Entre autres raisons, c'est l'une des clefs de l'intervention réussie par Nicolas Jeanson racontée dans sa "chronique d'un sauvetage industriel". En négociation, vos compétences au calcul mental ont quelques vertus ! Tout comme votre résistance au stress ou votre goût du risque ! D'une manière plus générale, votre charme personnel, très subjectif bien entendu, est un atout indéniable. Jadis, ma chef d'équipe avait ainsi un tel pouvoir sur un client casse-pieds, qu'il suffisait, lorsque j'étais seul avec le client en question, d'invoquer régulièrement son prénom dans l'échange pour voir le client se détendre ! Deuxième clef : votre pouvoir est chez les autres Ou plus exactement dans votre alliance avec les autres. L'anecdote de ma chef d'équipe est révélatrice. Sans la qualité de mon alliance avec elle, je n'aurai pas pu jouer le charmeur de serpent avec autant de maîtrise et de décontraction. Je me souviens aussi de ce dirigeant qui, à la signature du contrat, me déclare, une fois les choses faites : "à partir de maintenant, on se tutoie, on se dit tout et tout ce que tu dis c'est comme si c'était moi qui l'avais dit". Voilà qui me donnait un sacré pouvoir, en même temps que quelques responsabilités, car évidemment, il pouvait y avoir quelques explications franches si nous n'étions pas en phase. Bref autant d'exemples pour rappeler que votre boss est votre premier allié et pas votre premier ennemi comme la vulgate le laisse entendre. D'une manière générale, quel que soit votre job ou votre niveau de responsabilité, travaillez vos alliances, réfléchissez au système de relations dans lequel vous vous inscrivez. Vous n'êtes pas obligés de devenir des Richard Ferrant pour autant. Troisième clef : votre pouvoir est dans les choses que vous possédez Vous possédez toujours quelque chose ! Ceux qui n'ont que du temps utilisent le temps. Pensez à nos amis guichetiers (moins nombreux qu'autrefois quand même, heureusement). Parfois il est utile que vous ayez une belle bagnole ou un beau costard. Evidemment, l'inverse est vrai : c'est parce qu'il a un vieil imper élimé et une 403 pourrie que l'inspecteur Columbo arrive à prendre le pouvoir sur ses riches suspects. Beaucoup ne s'attachent qu'à cela : d'où les querelles d'ego constantes sur la taille du bureau, son emplacement, la marque du téléphone... les signes extérieurs de statut sont là pour affirmer son pouvoir. Et je ne parle pas des titres accordés. Ah ce goût pour les "VP" dans les organigrammes. Il est aujourd'hui de bon ton de les brocarder évidemment et souvent à juste titre. Mais bon, la situation mérite souvent d'être examinée de près. Quatrième clef : votre pouvoir est dans les informations auxquelles vous avez accès Ce n'est pas pour rien que les "petits chefs" font de la rétention d'information. Maintenant, si nous regardons ce précepte d'un oeil positif, cela nous renvoie à la nécessité de rester curieux, ouvert à ce que nous ignorons, à l'affût des opportunités. Je me souviens d'un client qui me disait que "les bruits de chiottes" (sic) que je lui ramenais étaient parmi les choses qui lui étaient le plus utiles pour approcher les bons clients ou les nouveaux marchés ! Cinquième clef : votre pouvoir est dans votre maîtrise des processus Tous ceux qui répondent à des appels d'offre savent cela. Les appels d'offres sont faits pour maintenir dans l'ignorance ceux qui y répondent. Ce qui est tout de même étonnant quand il s'agit de choisir un ou des partenaires avec lesquels le lanceur d'appel d'offres va devoir travailler et tirer le meilleur parti de ce que son (ses) futur(s) prestataire(s) saura faire. Bon, je ne vais pas disserter sur les appels d'offres. Contrairement à ce que la vulgate et les médias associés croient, je ne les vois en aucune manière comme des indices de bon fonctionnement de quelque organisation que ce soit et encore moins comme des protections contre d'éventuels copinages voire de possibles corruptions. C'est juste une victoire de la bureaucratie. Voilà, il vous reste désormais à ne pas perdre vos clefs... sauf à ce que plus aucune porte ne puisse s'ouvrir devant vous ! Bon été !
04.06.2017
Philippe Etienne
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Il y a encore un attentat à Londres aujourd'hui alors peut être ce post va paraître léger, mais bon, tant pis, je me lance quand même et je vais vous parler de ce chef d'oeuvre de la comédie frenchy des années 70 qu'est Le Grand Blond avec une Chaussure Noire. Comme Gérard Oury avec Rabbi Jacob le fera sur le thème de la tolérance et du racisme, Yves Robert et son scénariste Francis Veber avec le Grand Blond traitent d'un sujet important en s'appuyant sur les ressorts de la comédie et de l'humour, en l'espèce ils traitent de la liberté et du respect de la vie privée auquel chacun a droit. Les manigances du colonel Toulouse alias Jean Rochefort et de son fidèle homme de main Perrache alias Paul Le Person pour induire en erreur le colonel Milan (Bernard Blier, génial as usual) dans le cadre d'une guérilla inter-services secrets dont j'ai oublié les raisons (à supposer que le scénario se soit fatigué à en donner) permettent de montrer que n'importe quel individu observé avec la plus grande malveillance peut devenir un être extraordinairement suspect. Regardez Richard Ferrand. Ces derniers temps, les médias adorent le mot "système". Jamais vu autant de candidats "anti-système". Foutaises absolues. Même les olibrius trostkos qu'on sort de la naphtaline tous les 5 ans pour les exhiber à la Foire aux Candidats sont dans le système. Toute organisation est un système. Même chacun d'entre nous "fait système" de par l'entrelacs de relations, d'expériences, de préoccupations, d'intérêts qui sont les siens. Que Le Monde, Médiapart et Le Canard Enchaîné, la triade de la vertu, aient découvert un "système Ferrand", ce n'est donc pas une surprise. Le système Bergé, le système Niel, le système Plenel, le système Canard seraient tout aussi facilement démontrables, louches et dénonçables. Le Canard est l'un des plus obscurs qui soit, mais bon, je comprends que la volaille satirique se protège des regards de ceux qui veulent sûrement la plumer et lui faire rendre gorge. Donc "le système Ferrand" est l'os à ronger que les anti-Macron veulent se faire en espérant que ça dézinguera un peu la machine qui s'est mise "En Marche". Ledit système Ferrand occupe les médias sous les yeux méfiants de nos braves concitoyens que les mêmes vertueux s'apprêtent à chauffer à blanc sur le thème de la défense des droits des travailleurs face à la future réforme du code du travail (je refuse d'y mettre des majuscules). Nous sommes tous des Maurice (le personnage joué par Jean Carmet dans Le Grand blond). Les vertueux fidèles du Martinez à moustaches ont même cherché à nous faire le coup annuel de la panne d'essence et je dois reconnaître que ça a fichtrement bien marché tellement nous sommes à la fois naïfs et méfiants. Michel-Edouard Leclerc raconte cela mieux que moi : lire ici Heureusement nous avons un Président malin qui parle anglais. Ce qui lui permet de faire la nique à notre gras et gros Donald et de mettre les rieurs de son côté. Well done ! Attention quand même à ne pas se croire "arrivé"... les vedettes rapides d'En Marche deviendraient alors de fâcheux kwassa-kwassa. Rien ne sera laissé de côté. Donald a un point commun avec notre Méluche national, en plus d'avoir une grande bouche : il croit que c'est en défendant les gloires économiques du passé qu'on crée la richesse de demain. La différence est que là où Donald défend le charbon et l'acier, Méluche et ses potes défendent le CDI, le salariat et les services publics. Chacun ses vaches sacrées. Ou ses grandes causes. Il y a des électeurs partout. Vivement qu'on passe à l'action. #MakeFrancegreatagain.
13.05.2017
Philippe Etienne
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Les rézosocios font circuler ces portraits de Boris Vian et d'Emmanuel Macron et chacun peut relever la ressemblance frappante entre les deux hommes sur ces clichés. Il est d'usage d'ajouter que Boris Vian est mort à presque 40 ans alors que notre Macron désormais national déboule à l'Elysée en frisant les 40 balais. Bref, c'est le buzz de la métempsycose. Je relève dans l'oeuvre de Boris Vian une multitude de titres dont notre nouveau Président devra s'inspirer ou auquel il prendra garde : - l'Ecume des Jours : il est évident qu'Emmanuel Macron ne devra pas y rester - J'irai cracher sur vos tombes : Emmanuel Macron s'en gardera bien, le devoir de mémoire fait partie des missions du "PR" - L'Arrache-Coeur : certains ont voté pour lui en se l'arrachant, le coeur (très à gauche). Donc, il peut s'attendre à ce que "L'Herbe Rouge" repousse vite ! Même s'il lui arrivera probablement de se dire "Et on tuera tous les affreux", évidemment, il gardera cela pour lui. A défaut, il pourrait restaurer "L'Equarrissage pour Tous", mais j'en doute. - Vercoquin et le plancton : Toute la première partie du bouquin, la plus drôle, explique comment faire pour emballer les filles et chasser ses rivaux potentiels. A mon avis, Manu, tu l'as lu. - Evidemment il affrontera des "Déserteur"(s). Il pourra alors toujours relire les "Cantilènes en Gelée" ou "Je voudrais pas crever" et méditer "La vie c'est comme une dent" : "d'abord on n'y a pas pensé, on s'est contenté de mâcher et puis ça se gâte soudain"... un disciple de Paul Ricoeur a forcément réfléchi à tout cela depuis longtemps ! Pour finir, histoire de se distraire et face à Jean-Luc, ceux qui passent la Nuit Debout et autres vrais, durs et tatoués, il n'oubliera pas de chantonner "On n'est pas là pour se faire engueuler". Quant à Donald, Vladimir, le Grand Turc et autres Kim Jong, il leur sifflotera "La Java des Bombes Atomiques" et fera comme dans la chanson : "Tous les grands chefs d'Etat lui ont rendu visite, il les reçut et s'excusa de ce que sa cagna était aussi petite mais sitôt qu'ils sont tous entrés il les a enfermés en disant soyez sages et quand la bombe a explosé de tous ces personnages il n'en est rien resté" ! Puis il viendra nous dire "en jouant les andouilles": "messieurs c'est un hasard affreux mais je jure devant Dieu, en mon âme et conscience, qu'en détruisant tous ces tordus, je suis bien convaincu d'avoir servi la France" ! -
04.05.2017
Philippe Etienne
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Emmanuel Macron a eu bien du mérite dans son débat face à Marine Le Pen hier soir.  Et j'imagine un nombre très élevé de téléspectateurs également. Car nous avons assisté, de la part de la fille Le Pen, a un festival d'attitudes incroyablement mécommunicantes. Mécommunicant, cela veut dire qui empêche la communication, qui lui nuit. J'étais très impressionné de ressentir à quel point son attitude provoquait un malaise en moi. J'étais impressionné de voir aussi à quel point cela avait de l'impact sur les 2 journalistes "modérateurs", en particulier Nathalie Saint Criq, lesquels semblaient avoir effectivement du mal à respirer. Cet impact sur les journalistes eux mêmes s'est exprimé aussi dans les "debriefs" à travers les impressions communiquées par quelqu'un d'aussi chevronné que Ruth Elkrief par exemple. Attaques personnelles incessantes, confusion entre les problèmes à résoudre et la personne en face, elle ne nous aura rien épargné. Vous rappelez-vous "La Ligne Verte" ? Dans ce film l'un des personnages absorbe toute les horreurs auxquelles il assiste avant d'être obligés de les recracher... Nous sommes dans le même état, nous avons été exposés à une quantité extrême de radiations de malveillance. Marine Le Pen fait partie de ces personnes qui savent (si j'ose dire) sourire en effet de façon malveillante. Le sourire, en général, est une marque de bienveillance, d'écoute et d'attention. Pas chez elle, du tout. Elle est dans l'ironie et le sarcasme permanent. Qu'elle déteste Emmanuel Macron, on s'en fiche éperdument. Ce qui a un intérêt, dans sa candidature comme dans celle de Mélenchon, de Poutou, d'Arthaud ou même de ce crétinus de Dupont Gnangnan, c'est qu'elle est sensée représenter une partie de la population de ce pays qui ne sait pas comment s'en sortir dans les turbulences économiques (et autres) que nous traversons. Comme Marine Le Pen n'invente jamais grand chose, je dirai qu'elle a cherché à faire du Trump, qui détient une sorte d'Oscar de l'odieux en campagne électorale. Après tout si ça a marché pour le Conducator new-yorkais, cela peut, peut-être, aussi marcher pour celle qui est la fille du facho, comme d'autres chantaient la fille du bédouin (chanson vaguement paillarde à l'ancienne et je me suis laissé dire que MLP aimait bien les paillardises). Mais Trump parlait à son électorat au moins. J'ai eu l'impression hier soir de voir quelqu'un qui n'avait qu'un seul objectif : se payer la tête de son rival, lui hurler dessus pour provoquer une sortie de route, une colère, qui n'est pas arrivée, jamais. J'ai adoré quand Macron osait dire que sur tel ou tel point "elle avait raison". Ensuite, elle passe son temps à accuser les autres d'être des créatures marketing. De mon côté j'ai surtout vu quelqu'un hier soir qui cherchait absolument à caser toutes les phrases-chocs que lui avaient concocté la bande de gros lards avinés qui la conseillent. Ils avaient eu l'imagination fertile, à vouloir faire de Macron, qui est un réformateur prudent, le parangon de "l'ultra-libéralisme sauvage et radical". C'était grotesque, pathétique, en dessous de la ceinture et tellement à l'image de toutes les têtes de lard qui la représentent sur les plateaux, de Philippot, dont la ressemblance avec le serpent dans le dessin animé Robin des Bois de Walt Disney est de plus en plus frappante à Sébastien Chenu, gueulard des plateaux, Gilbert Collard, le cynisme sur pied, etc.. Quand je pense à eux je pense à "Parachutiste" de Maxime Le Forestier. Enfin sa vision de la négociation est étrange. Pour négocier il faut être deux au minimum. Or il ne se passera rien comme elle l'annonce. L'Europe aura besoin de se passer de nous si elle est élue. Et elle y arrivera, comme elle arrivera à se passer des Britanniques qui ont plombé la construction européenne depuis des années. Mme Le Pen nous promet une France façon Corée du Nord. Il y aurait un point commun, le pays serait gouverné par une famille et par ses obligés. Nous serons la honte absolue. Je crois avoir assisté à tous les débats présidentiels de la Vème République (mon grand âge :-))). En 74, pour autant que je m'en souvienne (j'avais 13 ans) puis en 81, match retour, il y avait une vraie rivalité, de vraies divergences, mais Mitterrand et Giscard avaient des choses à dire, des mesures à expliquer, ils respectaient les règles qu'ils avaient fixées ensemble. En 88, il y avait de la tension, mais Mitterrand avait de l'humour. En 95, Jospin et Chirac étaient tellement polis l'un envers l'autre que l'on s'est pas mal ennuyé, un peu comme à Roland-Garros quand Lendl affrontait Wilander. En 2002, Chirac n'avait pas voulu débattre avec le borgne, cet homme dont Pierre Desproges disait : "il y a plus d'humanité dans l'oeil de mon chien quand il remue la queue que dans la queue de cet homme quand il remue son oeil". En 2007, Sarkozy a résisté aux assauts de bravitude de Ségolène, un peu comme le loup dévore la chèvre de M. Seguin. En 2012, il y eut le prodige de l'anaphore dont toute la gôche s'est esbaubie, le résultat cinq ans plus tard étant que nous avons récolté la fille du facho sur le plateau, jolie conclusion. Dans un post précédent, je disais que c'était toujours (en tout cas très souvent) l'Auguste qui gagnait les élections, celui qui savait faire rire les enfants que nous sommes restés, alors que le clown blanc, très sentencieux, les ennuie. Hier Marine Le Pen a tenté de faire l'Auguste. Mais je ne crois vraiment pas qu'elle ait pu être drôle pour qui que ce soit. Alors, si vous n'avez pas ri, appuyez sur "eject" pour que le film de la Fille du Facho s'arrête. Comme Emmanuel Macron n'a cessé de le dire hier soir, les difficultés que rencontrent les électeurs de MLP valent plus et mieux qu'elle...
22.04.2017
Philippe Etienne
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En 1981, grande année électorale s'il en fut, où la lumière a supplanté l'ombre comme chacun sait ah ah ah, Gainsbourg avait sorti une chanson dont j'ai toujours adoré le titre : "La nostalgie camarade", sur un album dont j'ai également toujours adoré le titre "Mauvaises Nouvelles des Etoiles"   Comme nous sommes à nouveau dans une grande année électorale, on peut ré-écouter Gainsbarre évoquer avec toute l'ironie dont il était capable le para un peu facho : "Il s'en passe des choses sous ton crâne Rasé c'est plein de tristesse et de kif Tu te vois encore en tenue léopard bourrée d'explosifs Sauter de ton aéroplane" D'autant plus que la meilleure copine du crâne rasé, celle qui veut "remettre la France en ordre" nous vend une société d'autrefois comme si le retour en arrière était une idée d'avenir.  J'observe d'ailleurs qu'ils sont très nombreux dans le registre, de tous les bords, sans parler de ceux, bourrés d'explosifs aussi, qui rêvent du Moyen-Âge.  Quant au camarade Méluche et son rameau d'olivier à la main, il est bien gentil à écouter, mais ses sbires agissent sur les réseaux sociaux comme les bolchos purs et durs le faisaient dans les facs ou les lycées de mes 70s et 80s : ceux qui ne pensent pas comme eux ont juste le droit de fermer leur gueule. L'un des proches conseillers de Mélenchon est d'ailleurs l'un des agitateurs notoires de mon ex-lycée de banlieue ouest bien nourri. Au moins un gars à qui je ne pourrai pas reprocher d'avoir oublié ses idéaux de jeunesse.  Quand un dessinateur bien-pensant comme Sfar se fait harceler en ligne, même si voir des mecs de gôche s'entr'engueuler a fortement tendance à me faire rigoler, voir mon petit pays gentil assiégé par les bandes rivales des ex-Gud et des ex-LCR, sans parler des mahométans perdus, je me dis que nous sommes bien malades.  4€ le chômeur  La maladie a une source que peut éclairer l'anecdote rapportée par une conseillère Pôle Emploi de mon entourage. Lors de son recrutement, son intervieweur lui avait demandé : "on te donne une liste de 350 personnes à suivre, qu'est ce que tu fais ?". Je ne sais pas quelle était la réponse recherchée mais à 1300€ de salaire net mensuel, cela fait l'accompagnement du chômeur à 4€ / tête. A ce tarif, je ricane à l'idée qu'un ex-premier ministre ait pu déclarer que "contre le chômage on a tout essayé" et je ne m'étonne pas qu'on compte plus de 6 millions de chômeurs.  Parce que la situation ne va pas s'arranger. Je ne crois pas à la fin du travail mais je crois fortement à la fin du salariat. Les grandes entreprises n'en veulent plus, ni les petites d'ailleurs. C'est le grand retour des indépendants, des artisans d'eux mêmes. Je ne verse pas de larmes, à bien des égards je trouve que c'est mieux.  Alors, c'est sûr, ça grince de partout et nous sommes dans une phase d'adaptation qui ne fait pas du bien. C'est très long de changer. Tous les emplois détruits aujourd'hui peuvent être reconstruits demain, mais ce sera autre chose. Au congrès de l'EMCC (European Mentoring and Coaching Council), Luc Ferry, venu faire une intervention, a eu cette formule : "lorsqu'Amazon crée une situation qui fait fermer le libraire de Perpignan, il est possible qu'il crée dans le même temps un nouveau job, mais ce n'est pas pour un libraire et ce n'est pas forcément à Perpignan". Le plein emploi, ce n'est pas le plein salariat. Arrêtons les délires. C'est pour cela que je ne trouve pas le petit Benoît si décalé avec son revenu universel. Il a juste tort de proclamer son amour de la "feuille de paie". Les factures, c'est mieux que les fiches de paie. C'est difficile un client, en même temps c'est moins compliqué qu'un employeur. Du coup, confier à une seule conseillère, aussi solide et dévouée à la cause qu'elle soit, le soin d'aider 350 personnes à assumer un changement aussi important que celui de "faire le deuil" de leur salariat pour se réinventer en "autre chose", c'est juste une illusion totale, une lâcheté muette. Du coup, la nostalgie, camarade, s'éternise et se renforce. Et comme le chantait de son côté un autre Serge (Reggiani) : "Madame Nostalgie Tu rêves, tu rêves, tu rêves, tu rêvesMais tes arbres n'ont plus de sève Et tes branches n'ont plus de fruits" Et il ajoutait, et je veux bien co-signer : "pardonne moi si j'en ai marre (...) il fait trop triste par ici". Je préfère choisir les gens qui rêvent à l'avenir et veulent travailler à le construire en évitant la culture des bandes rivales et leurs matraques à la main. Vivement demain.
26.03.2017
Philippe Etienne
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Plusieurs amis bienveillants sur LinkedIn se fendent d'un "J'aime" parce que c'est en ce moment mon dixième anniversaire professionnel, la création de mon activité comme consultant et coach indépendant. Je suis très content de toutes ces likeries et je réalise en effet en même temps qu'eux que "j'ai dix ans". Alors effectivement cela me fait irrésistiblement penser à la chanson d'Alain Souchon. Lors d'un concert où j'étais allé, Souchon lançait sa chanson en disant qu'il n'avait pas conscience qu'il la chanterait aussi longtemps. Je partage. L'autre point commun entre la chanson d'Alain Souchon et cet anniversaire professionnel, c'est le ton de défi des paroles : "t'are ta gueule à la récré". Il faut avoir un poil le sens du défi pour assumer son indépendance. Au cours de ces années je me suis d'ailleurs finalement reconnu une devise que résume parfaitement le titre du formidable film de Radu Mihailenu : "Va, vis et deviens". Le professionnel indépendant a besoin d'avoir une vision très claire de ses intérêts. Connaître mes intérêts revient bien sûr à accepter qu'il y ait telle ou telle contrainte dans l'exercice, mais c'est surtout faire ce qu'il faut pour accueillir toutes les missions que j'ai envie de vivre. T'are ta gueule à la récré Il s'agit de tenir à l'écart les importuns, les faux amis, les arrogants. Il s'agit de résister à l'agressivité et à la mauvaise humeur que je me prend pleine face lorsque j'ouvre un journal, allume une télé ou parcours les réseaux dits sociaux. A tous ceux là, je dis "t'are ta gueule à la récré". Quelques exemples : - Donald : j'avais écrit il y a plusieurs mois que Twitter était un oiseau bleu dont le nid avait été squatté par une bande de coucous braillards. J'ai écrit ça avant que ne surgisse au vu et au su de tous la vulgarité et l'arrogance du champion mondial du tweet, l'ineffable Donald du mur du çon, comme on dit dans le Canard. Les promoteurs de Twitter avaient-ils un jour envisagé que l'usage de leur idée favoriserait à ce point l'émergence de ce type de dirigeant et son succès ? - Christine : prenez l'affaire Fillon. Quel que soit le degré de gravité des erreurs commises par cet homme, désormais entre les mains d'un juge unanimement considéré comme non complaisant, le déchaînement que cela entraîne est hallucinant. Nous pourrions imaginer que l'on attende que "justice passe". Mais cela ne va toujours pas assez vite pour satisfaire la Bête Polémique à laquelle s'abreuvent les justiciers de tout poil qui hantent rédactions, plateaux et réseaux. L'intervention de Christine Angot dans "l'Emission Politique" l'autre jour était de ce point de vue invraisemblable. Que l'équipe de l'émission ait jugé utile de la faire venir est en soi plus que discutable (comme le fut la venue de Kerviel face à Juppé l'automne dernier). Son comportement fut ensuite à la hauteur de sa réputation frelatée d'écrivaine de caniveau, pour ne pas dire de trottoir. Je veux bien qu'on aime pas Fillon, que l'on soit contre ses idées, que l'on soit choqué qu'il ait accordé à sa femme une rémunération qui paraît fort peu justifiée, mais un tel niveau d'attaque ad hominem, je ne suis pas d'accord, je me sens humilié en tant que citoyen. Les bons moments D'autant plus que cette campagne électorale pourrait être très intéressante. Le débat à cinq organisé sur TF1, comme tous les débats des deux primaires, l'avait d'ailleurs une fois de plus démontré. C'était un très bon moment de télé politique. Car ils sont tous intéressants, nos cinq impétrants, et ceci que l'on partage ou non leurs idées. Ils disent tous quelque chose de juste de ce que nous vivons, des failles et des fêlures de la société dans laquelle nous sommes et des possibilités que nous avons de faire avancer les causes qui nous tiennent à coeur. La veille de ce débat, j'avais regardé "Au Tableau", l'excellente émission qui avait organisé la rencontre entre des enfants d'une école primaire d'Issy-les-Moulineaux et 4 candidats (Marine Le Pen a refusé, elle est bien bête). C'était rafraîchissant et passionnant car les enfants posent des questions très simples et essentielles, ils mettent le candidat en boîte gentiment et ceux-ci sont obligés de sortir du registre habituel. J'ai beaucoup apprécié de voir leurs candidats sans leurs masques. Evitons donc de mettre nos masques et d'être contaminés par les masques que portent certains de nos bateleurs qui activent ces mécanismes d'échec dont parlait mon post précédent. Quels Augustes ? Quels clowns blancs ? Dans un post plus ancien, je disais que le vainqueur d'une élection est souvent davantage un "Auguste" qu'un "clown blanc" car les Augustes sont toujours beaucoup plus intéressants à écouter pour tous les enfants que nous sommes restés. A la lumière du débat du 20 mars, je repère un seul clown blanc, Benoît Hamon, plutôt sympathique et intéressant au demeurant, dont la campagne patine. Je me dis qu'il risque de se faire doubler par Jean-Luc Mélenchon, qui a des capacités d'Auguste remarquables, quelle que soit l'opinion que l'on ait de ses idées. Macron a démontré des compétences réelles, Marine Le Pen a confirmé qu'elle sait faire et quant à Fillon, il émarge plutôt à la catégorie des clowns tristes. Pourtant il avait des compétences, derrière ses sourcils broussailleux et son volant de coureur automobile : les enfants de "Au Tableau" lui ont fait d'ailleurs avaler, non pas des couleuvres, mais des criquets, au nom d'un régime alimentaire d'ancien scout, assez surprenant, et il l'a fait avec ce sourire rentré qui signe chez lui une hilarité intérieure inquiète très intéressante à observer. Bref, j'ai dix ans et l'une des choses les plus réjouissantes que j'ai vu à la télé ces dernières semaines était cette émission "Au Tableau". Tout n'est pas perdu !
05.03.2017
Philippe Etienne
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Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille et vivement demain. Petit constat désabusé de dimanche après-midi qui montre que je suis, moi aussi et probablement comme beaucoup d'entre nous, affecté par les miasmes ambiants. Je pourrais prendre de grandes résolutions : cesser de passer mes fins de soirée à regarder les chaînes d'information continues par exemple, mais je ne le fais pas et je ne suis pas sûr d'en avoir envie, va comprendre Charles. Si nous sommes nombreux dans cette situation, c'est que nous sommes harponnés par un phénomène que le Docteur Taibi Kahler (photo), le psy américain à l'origine du Process Communication Model appelle "le mécanisme d'échec", c'est à dire des signaux de stress fort que nous émettons ou que nous voyons l'autre émettre. Ces signaux sont extrêmement contagieux sur l'humeur. Lorsque j'active mon mécanisme d'échec, c'est que je recherche de manière négative une satisfaction à mes besoins psychologiques. Et quand je me lance là-dedans, planquez vous. Alors quand un homme public active le sien, que les réseaux sociaux et les chaînes d'information continue le relaient et le rendent visible ad nauseam, que des juges lui confèrent une dimension qui dépasse la seule question psychologique, que le personnel politique tout entier chauffé à blanc par une élection présidentielle se fait hameçonner comme n'importe quel gardon par un pêcheur débutant, cela plonge notre "cher et vieux pays" (comme disait celui que l'on ne verrait pas mis en examen) dans un état proche de l'Ohio comme le chantait cette chère Isabelle. Voyons voir quels sont les mécanismes décrits par le Process Communication Model. Surtout ne vous étonnez pas de vous reconnaître, d'y reconnaître qui votre voisin, qui votre mari, qui votre femme, qui votre "n+1" ou qui vous voulez. Si vous en ressentez le besoin, ne vous gênez pas, faites moi signe, je travaille avec mes clients sur ce genre de sujets pour les aider à en déjouer les pièges. - Le sur-contrôle : la personne qui active ce mécanisme a un besoin extrêmement puissant de reconnaissance de son travail ou de structuration du temps. Si elle exécute un travail sans recevoir le niveau de feedback positif dont elle a besoin, la relation va tanguer. Si elle trouve que la façon dont telle ou telle affaire est mal organisée ou qu'elle n'arrive pas à capter combien de temps cette affaire va prendre, l'humeur va virer au maussade. Et celui ou celle qui se retrouve dans cet état là va avoir tendance à imposer ses vues de manière tyrannique, sur l'air de "si je ne m'en occupe pas, tous ces crétins n'y arriveront jamais". - La croisade : la personne a un besoin puissant de reconnaissance de ses opinions. Si vous vous en moquez ou si vous lui dites que "c'est pas grave", gare au gorille. Prenons un exemple de la vie courante : vous remettez un dossier sur lequel vous avez sué sang et eau depuis des jours. Et sur un point de détail dudit dossier à vos yeux, votre interlocuteur vous fait remarquer qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Vous lui répondez plus ou moins clairement que ce n'est qu'un détail. Si votre interlocuteur est du genre à conduire des croisades, il est fort probable que vous allez vous entendre dire que non, ce n'est pas au détail ou alors que oui, c'est un détail, mais c'est justement là que le diable se niche, et donc, et patati et patata. Je ne devrai pas en rire. - le blâme : je vous préviens, c'est le mien :-) Il signifie que j'ai un besoin très irrépressible de contacts positifs et drôles. Bref, si vous m'entretenez d'un sujet que je trouve ennuyeux, il y a des chances pour que vous finissiez par vous prendre un truc du genre : "fais ch... ton truc, ça sert à rien, ça marche pas, et d'ailleurs je me casse, non mais"... Toute ressemblance avec des scènes vécues n'est pas fortuite. Je me soigne :-) - l'attente passive : la personne qui active ce mécanisme a un grand besoin de solitude. Si elle n'arrive pas à le satisfaire, elle va attendre que l'objet de son stress, par exemple une réunion bruyante où chacun parle fort et se coupe la parole, disparaisse comme par magie. Elle va alors se mettre en mode "off" à tel point que les autres participants ne seront pas tout à fait certains de l'avoir vue dans cette fameuse réunion. - les erreurs involontaires stupides : la personne concernée a un besoin majeur de reconnaissance de sa personne. Si elle n'obtient pas cette attention personnalisée, si elle se met à penser que vous ne l'aimez pas, le trop plein d'émotion que cela provoque en elle va lui faire perdre le contrôle de ses faits et gestes d'où une succession d'erreurs, de gaffes qui finiront par lui attirer une remarque désobligeante qui la "plombera" un peu plus. D'ailleurs il est possible que vous l'entendiez dire "ce que je suis bête alors"... - la manipulation : la personne en question aime l'action et a besoin d'excitation. Il faut que les choses pulsent pour que la vie en vaille la peine. Il, ou elle, est fort(e), non mais. Quand cette personne ne reçoit pas la dose appropriée d'excitation, ou qu'elle se sent coincée pour une raison ou pour une autre, elle aura tendance à manipuler émotionnellement les autres pour les pousser à la faute et elle pensera que "c'est bien fait pour eux, ils se sont fait du mal tout seul". Aucune de ces situations n'est plaisante. Ce sont des comportements sous stress violent. Quand nous les voyons à l'oeuvre, les uns ou les autres, nous sommes incités à activer nos propres mécanismes d'échec. Ce sont des séquences contagieuses et il est utile que nous apprenions à nous en protéger comme à les gérer. Le Process Communication Model nous apprend à activer les processus à suivre pour éviter de partir en vrille et à interagir avec l'autre de façon à le faire sortir de son mécanisme et à retrouver la capacité à satisfaire son besoin de façon positive. Taibi Kahler a développé son modèle en travaillant étroitement avec la NASA pour la constitution et le management des équipages des navettes spatiales. J'ai pour ma part découvert le modèle il y a une bonne vingtaine d'années et même si je ne suis pas astronaute, j'en mesure la force et l'impact régulièrement.

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