Conseil et coach en communication et en négociation
Conseil et coach en communication et en négociation
04.06.2017
Philippe Etienne
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Il y a encore un attentat à Londres aujourd'hui alors peut être ce post va paraître léger, mais bon, tant pis, je me lance quand même et je vais vous parler de ce chef d'oeuvre de la comédie frenchy des années 70 qu'est Le Grand Blond avec une Chaussure Noire. Comme Gérard Oury avec Rabbi Jacob le fera sur le thème de la tolérance et du racisme, Yves Robert et son scénariste Francis Veber avec le Grand Blond traitent d'un sujet important en s'appuyant sur les ressorts de la comédie et de l'humour, en l'espèce ils traitent de la liberté et du respect de la vie privée auquel chacun a droit. Les manigances du colonel Toulouse alias Jean Rochefort et de son fidèle homme de main Perrache alias Paul Le Person pour induire en erreur le colonel Milan (Bernard Blier, génial as usual) dans le cadre d'une guérilla inter-services secrets dont j'ai oublié les raisons (à supposer que le scénario se soit fatigué à en donner) permettent de montrer que n'importe quel individu observé avec la plus grande malveillance peut devenir un être extraordinairement suspect. Regardez Richard Ferrand. Ces derniers temps, les médias adorent le mot "système". Jamais vu autant de candidats "anti-système". Foutaises absolues. Même les olibrius trostkos qu'on sort de la naphtaline tous les 5 ans pour les exhiber à la Foire aux Candidats sont dans le système. Toute organisation est un système. Même chacun d'entre nous "fait système" de par l'entrelacs de relations, d'expériences, de préoccupations, d'intérêts qui sont les siens. Que Le Monde, Médiapart et Le Canard Enchaîné, la triade de la vertu, aient découvert un "système Ferrand", ce n'est donc pas une surprise. Le système Bergé, le système Niel, le système Plenel, le système Canard seraient tout aussi facilement démontrables, louches et dénonçables. Le Canard est l'un des plus obscurs qui soit, mais bon, je comprends que la volaille satirique se protège des regards de ceux qui veulent sûrement la plumer et lui faire rendre gorge. Donc "le système Ferrand" est l'os à ronger que les anti-Macron veulent se faire en espérant que ça dézinguera un peu la machine qui s'est mise "En Marche". Ledit système Ferrand occupe les médias sous les yeux méfiants de nos braves concitoyens que les mêmes vertueux s'apprêtent à chauffer à blanc sur le thème de la défense des droits des travailleurs face à la future réforme du code du travail (je refuse d'y mettre des majuscules). Nous sommes tous des Maurice (le personnage joué par Jean Carmet dans Le Grand blond). Les vertueux fidèles du Martinez à moustaches ont même cherché à nous faire le coup annuel de la panne d'essence et je dois reconnaître que ça a fichtrement bien marché tellement nous sommes à la fois naïfs et méfiants. Michel-Edouard Leclerc raconte cela mieux que moi : lire ici Heureusement nous avons un Président malin qui parle anglais. Ce qui lui permet de faire la nique à notre gras et gros Donald et de mettre les rieurs de son côté. Well done ! Attention quand même à ne pas se croire "arrivé"... les vedettes rapides d'En Marche deviendraient alors de fâcheux kwassa-kwassa. Rien ne sera laissé de côté. Donald a un point commun avec notre Méluche national, en plus d'avoir une grande bouche : il croit que c'est en défendant les gloires économiques du passé qu'on crée la richesse de demain. La différence est que là où Donald défend le charbon et l'acier, Méluche et ses potes défendent le CDI, le salariat et les services publics. Chacun ses vaches sacrées. Ou ses grandes causes. Il y a des électeurs partout. Vivement qu'on passe à l'action. #MakeFrancegreatagain.
13.05.2017
Philippe Etienne
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Les rézosocios font circuler ces portraits de Boris Vian et d'Emmanuel Macron et chacun peut relever la ressemblance frappante entre les deux hommes sur ces clichés. Il est d'usage d'ajouter que Boris Vian est mort à presque 40 ans alors que notre Macron désormais national déboule à l'Elysée en frisant les 40 balais. Bref, c'est le buzz de la métempsycose. Je relève dans l'oeuvre de Boris Vian une multitude de titres dont notre nouveau Président devra s'inspirer ou auquel il prendra garde : - l'Ecume des Jours : il est évident qu'Emmanuel Macron ne devra pas y rester - J'irai cracher sur vos tombes : Emmanuel Macron s'en gardera bien, le devoir de mémoire fait partie des missions du "PR" - L'Arrache-Coeur : certains ont voté pour lui en se l'arrachant, le coeur (très à gauche). Donc, il peut s'attendre à ce que "L'Herbe Rouge" repousse vite ! Même s'il lui arrivera probablement de se dire "Et on tuera tous les affreux", évidemment, il gardera cela pour lui. A défaut, il pourrait restaurer "L'Equarrissage pour Tous", mais j'en doute. - Vercoquin et le plancton : Toute la première partie du bouquin, la plus drôle, explique comment faire pour emballer les filles et chasser ses rivaux potentiels. A mon avis, Manu, tu l'as lu. - Evidemment il affrontera des "Déserteur"(s). Il pourra alors toujours relire les "Cantilènes en Gelée" ou "Je voudrais pas crever" et méditer "La vie c'est comme une dent" : "d'abord on n'y a pas pensé, on s'est contenté de mâcher et puis ça se gâte soudain"... un disciple de Paul Ricoeur a forcément réfléchi à tout cela depuis longtemps ! Pour finir, histoire de se distraire et face à Jean-Luc, ceux qui passent la Nuit Debout et autres vrais, durs et tatoués, il n'oubliera pas de chantonner "On n'est pas là pour se faire engueuler". Quant à Donald, Vladimir, le Grand Turc et autres Kim Jong, il leur sifflotera "La Java des Bombes Atomiques" et fera comme dans la chanson : "Tous les grands chefs d'Etat lui ont rendu visite, il les reçut et s'excusa de ce que sa cagna était aussi petite mais sitôt qu'ils sont tous entrés il les a enfermés en disant soyez sages et quand la bombe a explosé de tous ces personnages il n'en est rien resté" ! Puis il viendra nous dire "en jouant les andouilles": "messieurs c'est un hasard affreux mais je jure devant Dieu, en mon âme et conscience, qu'en détruisant tous ces tordus, je suis bien convaincu d'avoir servi la France" ! -
04.05.2017
Philippe Etienne
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Emmanuel Macron a eu bien du mérite dans son débat face à Marine Le Pen hier soir.  Et j'imagine un nombre très élevé de téléspectateurs également. Car nous avons assisté, de la part de la fille Le Pen, a un festival d'attitudes incroyablement mécommunicantes. Mécommunicant, cela veut dire qui empêche la communication, qui lui nuit. J'étais très impressionné de ressentir à quel point son attitude provoquait un malaise en moi. J'étais impressionné de voir aussi à quel point cela avait de l'impact sur les 2 journalistes "modérateurs", en particulier Nathalie Saint Criq, lesquels semblaient avoir effectivement du mal à respirer. Cet impact sur les journalistes eux mêmes s'est exprimé aussi dans les "debriefs" à travers les impressions communiquées par quelqu'un d'aussi chevronné que Ruth Elkrief par exemple. Attaques personnelles incessantes, confusion entre les problèmes à résoudre et la personne en face, elle ne nous aura rien épargné. Vous rappelez-vous "La Ligne Verte" ? Dans ce film l'un des personnages absorbe toute les horreurs auxquelles il assiste avant d'être obligés de les recracher... Nous sommes dans le même état, nous avons été exposés à une quantité extrême de radiations de malveillance. Marine Le Pen fait partie de ces personnes qui savent (si j'ose dire) sourire en effet de façon malveillante. Le sourire, en général, est une marque de bienveillance, d'écoute et d'attention. Pas chez elle, du tout. Elle est dans l'ironie et le sarcasme permanent. Qu'elle déteste Emmanuel Macron, on s'en fiche éperdument. Ce qui a un intérêt, dans sa candidature comme dans celle de Mélenchon, de Poutou, d'Arthaud ou même de ce crétinus de Dupont Gnangnan, c'est qu'elle est sensée représenter une partie de la population de ce pays qui ne sait pas comment s'en sortir dans les turbulences économiques (et autres) que nous traversons. Comme Marine Le Pen n'invente jamais grand chose, je dirai qu'elle a cherché à faire du Trump, qui détient une sorte d'Oscar de l'odieux en campagne électorale. Après tout si ça a marché pour le Conducator new-yorkais, cela peut, peut-être, aussi marcher pour celle qui est la fille du facho, comme d'autres chantaient la fille du bédouin (chanson vaguement paillarde à l'ancienne et je me suis laissé dire que MLP aimait bien les paillardises). Mais Trump parlait à son électorat au moins. J'ai eu l'impression hier soir de voir quelqu'un qui n'avait qu'un seul objectif : se payer la tête de son rival, lui hurler dessus pour provoquer une sortie de route, une colère, qui n'est pas arrivée, jamais. J'ai adoré quand Macron osait dire que sur tel ou tel point "elle avait raison". Ensuite, elle passe son temps à accuser les autres d'être des créatures marketing. De mon côté j'ai surtout vu quelqu'un hier soir qui cherchait absolument à caser toutes les phrases-chocs que lui avaient concocté la bande de gros lards avinés qui la conseillent. Ils avaient eu l'imagination fertile, à vouloir faire de Macron, qui est un réformateur prudent, le parangon de "l'ultra-libéralisme sauvage et radical". C'était grotesque, pathétique, en dessous de la ceinture et tellement à l'image de toutes les têtes de lard qui la représentent sur les plateaux, de Philippot, dont la ressemblance avec le serpent dans le dessin animé Robin des Bois de Walt Disney est de plus en plus frappante à Sébastien Chenu, gueulard des plateaux, Gilbert Collard, le cynisme sur pied, etc.. Quand je pense à eux je pense à "Parachutiste" de Maxime Le Forestier. Enfin sa vision de la négociation est étrange. Pour négocier il faut être deux au minimum. Or il ne se passera rien comme elle l'annonce. L'Europe aura besoin de se passer de nous si elle est élue. Et elle y arrivera, comme elle arrivera à se passer des Britanniques qui ont plombé la construction européenne depuis des années. Mme Le Pen nous promet une France façon Corée du Nord. Il y aurait un point commun, le pays serait gouverné par une famille et par ses obligés. Nous serons la honte absolue. Je crois avoir assisté à tous les débats présidentiels de la Vème République (mon grand âge :-))). En 74, pour autant que je m'en souvienne (j'avais 13 ans) puis en 81, match retour, il y avait une vraie rivalité, de vraies divergences, mais Mitterrand et Giscard avaient des choses à dire, des mesures à expliquer, ils respectaient les règles qu'ils avaient fixées ensemble. En 88, il y avait de la tension, mais Mitterrand avait de l'humour. En 95, Jospin et Chirac étaient tellement polis l'un envers l'autre que l'on s'est pas mal ennuyé, un peu comme à Roland-Garros quand Lendl affrontait Wilander. En 2002, Chirac n'avait pas voulu débattre avec le borgne, cet homme dont Pierre Desproges disait : "il y a plus d'humanité dans l'oeil de mon chien quand il remue la queue que dans la queue de cet homme quand il remue son oeil". En 2007, Sarkozy a résisté aux assauts de bravitude de Ségolène, un peu comme le loup dévore la chèvre de M. Seguin. En 2012, il y eut le prodige de l'anaphore dont toute la gôche s'est esbaubie, le résultat cinq ans plus tard étant que nous avons récolté la fille du facho sur le plateau, jolie conclusion. Dans un post précédent, je disais que c'était toujours (en tout cas très souvent) l'Auguste qui gagnait les élections, celui qui savait faire rire les enfants que nous sommes restés, alors que le clown blanc, très sentencieux, les ennuie. Hier Marine Le Pen a tenté de faire l'Auguste. Mais je ne crois vraiment pas qu'elle ait pu être drôle pour qui que ce soit. Alors, si vous n'avez pas ri, appuyez sur "eject" pour que le film de la Fille du Facho s'arrête. Comme Emmanuel Macron n'a cessé de le dire hier soir, les difficultés que rencontrent les électeurs de MLP valent plus et mieux qu'elle...
22.04.2017
Philippe Etienne
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En 1981, grande année électorale s'il en fut, où la lumière a supplanté l'ombre comme chacun sait ah ah ah, Gainsbourg avait sorti une chanson dont j'ai toujours adoré le titre : "La nostalgie camarade", sur un album dont j'ai également toujours adoré le titre "Mauvaises Nouvelles des Etoiles"   Comme nous sommes à nouveau dans une grande année électorale, on peut ré-écouter Gainsbarre évoquer avec toute l'ironie dont il était capable le para un peu facho : "Il s'en passe des choses sous ton crâne Rasé c'est plein de tristesse et de kif Tu te vois encore en tenue léopard bourrée d'explosifs Sauter de ton aéroplane" D'autant plus que la meilleure copine du crâne rasé, celle qui veut "remettre la France en ordre" nous vend une société d'autrefois comme si le retour en arrière était une idée d'avenir.  J'observe d'ailleurs qu'ils sont très nombreux dans le registre, de tous les bords, sans parler de ceux, bourrés d'explosifs aussi, qui rêvent du Moyen-Âge.  Quant au camarade Méluche et son rameau d'olivier à la main, il est bien gentil à écouter, mais ses sbires agissent sur les réseaux sociaux comme les bolchos purs et durs le faisaient dans les facs ou les lycées de mes 70s et 80s : ceux qui ne pensent pas comme eux ont juste le droit de fermer leur gueule. L'un des proches conseillers de Mélenchon est d'ailleurs l'un des agitateurs notoires de mon ex-lycée de banlieue ouest bien nourri. Au moins un gars à qui je ne pourrai pas reprocher d'avoir oublié ses idéaux de jeunesse.  Quand un dessinateur bien-pensant comme Sfar se fait harceler en ligne, même si voir des mecs de gôche s'entr'engueuler a fortement tendance à me faire rigoler, voir mon petit pays gentil assiégé par les bandes rivales des ex-Gud et des ex-LCR, sans parler des mahométans perdus, je me dis que nous sommes bien malades.  4€ le chômeur  La maladie a une source que peut éclairer l'anecdote rapportée par une conseillère Pôle Emploi de mon entourage. Lors de son recrutement, son intervieweur lui avait demandé : "on te donne une liste de 350 personnes à suivre, qu'est ce que tu fais ?". Je ne sais pas quelle était la réponse recherchée mais à 1300€ de salaire net mensuel, cela fait l'accompagnement du chômeur à 4€ / tête. A ce tarif, je ricane à l'idée qu'un ex-premier ministre ait pu déclarer que "contre le chômage on a tout essayé" et je ne m'étonne pas qu'on compte plus de 6 millions de chômeurs.  Parce que la situation ne va pas s'arranger. Je ne crois pas à la fin du travail mais je crois fortement à la fin du salariat. Les grandes entreprises n'en veulent plus, ni les petites d'ailleurs. C'est le grand retour des indépendants, des artisans d'eux mêmes. Je ne verse pas de larmes, à bien des égards je trouve que c'est mieux.  Alors, c'est sûr, ça grince de partout et nous sommes dans une phase d'adaptation qui ne fait pas du bien. C'est très long de changer. Tous les emplois détruits aujourd'hui peuvent être reconstruits demain, mais ce sera autre chose. Au congrès de l'EMCC (European Mentoring and Coaching Council), Luc Ferry, venu faire une intervention, a eu cette formule : "lorsqu'Amazon crée une situation qui fait fermer le libraire de Perpignan, il est possible qu'il crée dans le même temps un nouveau job, mais ce n'est pas pour un libraire et ce n'est pas forcément à Perpignan". Le plein emploi, ce n'est pas le plein salariat. Arrêtons les délires. C'est pour cela que je ne trouve pas le petit Benoît si décalé avec son revenu universel. Il a juste tort de proclamer son amour de la "feuille de paie". Les factures, c'est mieux que les fiches de paie. C'est difficile un client, en même temps c'est moins compliqué qu'un employeur. Du coup, confier à une seule conseillère, aussi solide et dévouée à la cause qu'elle soit, le soin d'aider 350 personnes à assumer un changement aussi important que celui de "faire le deuil" de leur salariat pour se réinventer en "autre chose", c'est juste une illusion totale, une lâcheté muette. Du coup, la nostalgie, camarade, s'éternise et se renforce. Et comme le chantait de son côté un autre Serge (Reggiani) : "Madame Nostalgie Tu rêves, tu rêves, tu rêves, tu rêvesMais tes arbres n'ont plus de sève Et tes branches n'ont plus de fruits" Et il ajoutait, et je veux bien co-signer : "pardonne moi si j'en ai marre (...) il fait trop triste par ici". Je préfère choisir les gens qui rêvent à l'avenir et veulent travailler à le construire en évitant la culture des bandes rivales et leurs matraques à la main. Vivement demain.
26.03.2017
Philippe Etienne
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Plusieurs amis bienveillants sur LinkedIn se fendent d'un "J'aime" parce que c'est en ce moment mon dixième anniversaire professionnel, la création de mon activité comme consultant et coach indépendant. Je suis très content de toutes ces likeries et je réalise en effet en même temps qu'eux que "j'ai dix ans". Alors effectivement cela me fait irrésistiblement penser à la chanson d'Alain Souchon. Lors d'un concert où j'étais allé, Souchon lançait sa chanson en disant qu'il n'avait pas conscience qu'il la chanterait aussi longtemps. Je partage. L'autre point commun entre la chanson d'Alain Souchon et cet anniversaire professionnel, c'est le ton de défi des paroles : "t'are ta gueule à la récré". Il faut avoir un poil le sens du défi pour assumer son indépendance. Au cours de ces années je me suis d'ailleurs finalement reconnu une devise que résume parfaitement le titre du formidable film de Radu Mihailenu : "Va, vis et deviens". Le professionnel indépendant a besoin d'avoir une vision très claire de ses intérêts. Connaître mes intérêts revient bien sûr à accepter qu'il y ait telle ou telle contrainte dans l'exercice, mais c'est surtout faire ce qu'il faut pour accueillir toutes les missions que j'ai envie de vivre. T'are ta gueule à la récré Il s'agit de tenir à l'écart les importuns, les faux amis, les arrogants. Il s'agit de résister à l'agressivité et à la mauvaise humeur que je me prend pleine face lorsque j'ouvre un journal, allume une télé ou parcours les réseaux dits sociaux. A tous ceux là, je dis "t'are ta gueule à la récré". Quelques exemples : - Donald : j'avais écrit il y a plusieurs mois que Twitter était un oiseau bleu dont le nid avait été squatté par une bande de coucous braillards. J'ai écrit ça avant que ne surgisse au vu et au su de tous la vulgarité et l'arrogance du champion mondial du tweet, l'ineffable Donald du mur du çon, comme on dit dans le Canard. Les promoteurs de Twitter avaient-ils un jour envisagé que l'usage de leur idée favoriserait à ce point l'émergence de ce type de dirigeant et son succès ? - Christine : prenez l'affaire Fillon. Quel que soit le degré de gravité des erreurs commises par cet homme, désormais entre les mains d'un juge unanimement considéré comme non complaisant, le déchaînement que cela entraîne est hallucinant. Nous pourrions imaginer que l'on attende que "justice passe". Mais cela ne va toujours pas assez vite pour satisfaire la Bête Polémique à laquelle s'abreuvent les justiciers de tout poil qui hantent rédactions, plateaux et réseaux. L'intervention de Christine Angot dans "l'Emission Politique" l'autre jour était de ce point de vue invraisemblable. Que l'équipe de l'émission ait jugé utile de la faire venir est en soi plus que discutable (comme le fut la venue de Kerviel face à Juppé l'automne dernier). Son comportement fut ensuite à la hauteur de sa réputation frelatée d'écrivaine de caniveau, pour ne pas dire de trottoir. Je veux bien qu'on aime pas Fillon, que l'on soit contre ses idées, que l'on soit choqué qu'il ait accordé à sa femme une rémunération qui paraît fort peu justifiée, mais un tel niveau d'attaque ad hominem, je ne suis pas d'accord, je me sens humilié en tant que citoyen. Les bons moments D'autant plus que cette campagne électorale pourrait être très intéressante. Le débat à cinq organisé sur TF1, comme tous les débats des deux primaires, l'avait d'ailleurs une fois de plus démontré. C'était un très bon moment de télé politique. Car ils sont tous intéressants, nos cinq impétrants, et ceci que l'on partage ou non leurs idées. Ils disent tous quelque chose de juste de ce que nous vivons, des failles et des fêlures de la société dans laquelle nous sommes et des possibilités que nous avons de faire avancer les causes qui nous tiennent à coeur. La veille de ce débat, j'avais regardé "Au Tableau", l'excellente émission qui avait organisé la rencontre entre des enfants d'une école primaire d'Issy-les-Moulineaux et 4 candidats (Marine Le Pen a refusé, elle est bien bête). C'était rafraîchissant et passionnant car les enfants posent des questions très simples et essentielles, ils mettent le candidat en boîte gentiment et ceux-ci sont obligés de sortir du registre habituel. J'ai beaucoup apprécié de voir leurs candidats sans leurs masques. Evitons donc de mettre nos masques et d'être contaminés par les masques que portent certains de nos bateleurs qui activent ces mécanismes d'échec dont parlait mon post précédent. Quels Augustes ? Quels clowns blancs ? Dans un post plus ancien, je disais que le vainqueur d'une élection est souvent davantage un "Auguste" qu'un "clown blanc" car les Augustes sont toujours beaucoup plus intéressants à écouter pour tous les enfants que nous sommes restés. A la lumière du débat du 20 mars, je repère un seul clown blanc, Benoît Hamon, plutôt sympathique et intéressant au demeurant, dont la campagne patine. Je me dis qu'il risque de se faire doubler par Jean-Luc Mélenchon, qui a des capacités d'Auguste remarquables, quelle que soit l'opinion que l'on ait de ses idées. Macron a démontré des compétences réelles, Marine Le Pen a confirmé qu'elle sait faire et quant à Fillon, il émarge plutôt à la catégorie des clowns tristes. Pourtant il avait des compétences, derrière ses sourcils broussailleux et son volant de coureur automobile : les enfants de "Au Tableau" lui ont fait d'ailleurs avaler, non pas des couleuvres, mais des criquets, au nom d'un régime alimentaire d'ancien scout, assez surprenant, et il l'a fait avec ce sourire rentré qui signe chez lui une hilarité intérieure inquiète très intéressante à observer. Bref, j'ai dix ans et l'une des choses les plus réjouissantes que j'ai vu à la télé ces dernières semaines était cette émission "Au Tableau". Tout n'est pas perdu !
05.03.2017
Philippe Etienne
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Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille et vivement demain. Petit constat désabusé de dimanche après-midi qui montre que je suis, moi aussi et probablement comme beaucoup d'entre nous, affecté par les miasmes ambiants. Je pourrais prendre de grandes résolutions : cesser de passer mes fins de soirée à regarder les chaînes d'information continues par exemple, mais je ne le fais pas et je ne suis pas sûr d'en avoir envie, va comprendre Charles. Si nous sommes nombreux dans cette situation, c'est que nous sommes harponnés par un phénomène que le Docteur Taibi Kahler (photo), le psy américain à l'origine du Process Communication Model appelle "le mécanisme d'échec", c'est à dire des signaux de stress fort que nous émettons ou que nous voyons l'autre émettre. Ces signaux sont extrêmement contagieux sur l'humeur. Lorsque j'active mon mécanisme d'échec, c'est que je recherche de manière négative une satisfaction à mes besoins psychologiques. Et quand je me lance là-dedans, planquez vous. Alors quand un homme public active le sien, que les réseaux sociaux et les chaînes d'information continue le relaient et le rendent visible ad nauseam, que des juges lui confèrent une dimension qui dépasse la seule question psychologique, que le personnel politique tout entier chauffé à blanc par une élection présidentielle se fait hameçonner comme n'importe quel gardon par un pêcheur débutant, cela plonge notre "cher et vieux pays" (comme disait celui que l'on ne verrait pas mis en examen) dans un état proche de l'Ohio comme le chantait cette chère Isabelle. Voyons voir quels sont les mécanismes décrits par le Process Communication Model. Surtout ne vous étonnez pas de vous reconnaître, d'y reconnaître qui votre voisin, qui votre mari, qui votre femme, qui votre "n+1" ou qui vous voulez. Si vous en ressentez le besoin, ne vous gênez pas, faites moi signe, je travaille avec mes clients sur ce genre de sujets pour les aider à en déjouer les pièges. - Le sur-contrôle : la personne qui active ce mécanisme a un besoin extrêmement puissant de reconnaissance de son travail ou de structuration du temps. Si elle exécute un travail sans recevoir le niveau de feedback positif dont elle a besoin, la relation va tanguer. Si elle trouve que la façon dont telle ou telle affaire est mal organisée ou qu'elle n'arrive pas à capter combien de temps cette affaire va prendre, l'humeur va virer au maussade. Et celui ou celle qui se retrouve dans cet état là va avoir tendance à imposer ses vues de manière tyrannique, sur l'air de "si je ne m'en occupe pas, tous ces crétins n'y arriveront jamais". - La croisade : la personne a un besoin puissant de reconnaissance de ses opinions. Si vous vous en moquez ou si vous lui dites que "c'est pas grave", gare au gorille. Prenons un exemple de la vie courante : vous remettez un dossier sur lequel vous avez sué sang et eau depuis des jours. Et sur un point de détail dudit dossier à vos yeux, votre interlocuteur vous fait remarquer qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Vous lui répondez plus ou moins clairement que ce n'est qu'un détail. Si votre interlocuteur est du genre à conduire des croisades, il est fort probable que vous allez vous entendre dire que non, ce n'est pas au détail ou alors que oui, c'est un détail, mais c'est justement là que le diable se niche, et donc, et patati et patata. Je ne devrai pas en rire. - le blâme : je vous préviens, c'est le mien :-) Il signifie que j'ai un besoin très irrépressible de contacts positifs et drôles. Bref, si vous m'entretenez d'un sujet que je trouve ennuyeux, il y a des chances pour que vous finissiez par vous prendre un truc du genre : "fais ch... ton truc, ça sert à rien, ça marche pas, et d'ailleurs je me casse, non mais"... Toute ressemblance avec des scènes vécues n'est pas fortuite. Je me soigne :-) - l'attente passive : la personne qui active ce mécanisme a un grand besoin de solitude. Si elle n'arrive pas à le satisfaire, elle va attendre que l'objet de son stress, par exemple une réunion bruyante où chacun parle fort et se coupe la parole, disparaisse comme par magie. Elle va alors se mettre en mode "off" à tel point que les autres participants ne seront pas tout à fait certains de l'avoir vue dans cette fameuse réunion. - les erreurs involontaires stupides : la personne concernée a un besoin majeur de reconnaissance de sa personne. Si elle n'obtient pas cette attention personnalisée, si elle se met à penser que vous ne l'aimez pas, le trop plein d'émotion que cela provoque en elle va lui faire perdre le contrôle de ses faits et gestes d'où une succession d'erreurs, de gaffes qui finiront par lui attirer une remarque désobligeante qui la "plombera" un peu plus. D'ailleurs il est possible que vous l'entendiez dire "ce que je suis bête alors"... - la manipulation : la personne en question aime l'action et a besoin d'excitation. Il faut que les choses pulsent pour que la vie en vaille la peine. Il, ou elle, est fort(e), non mais. Quand cette personne ne reçoit pas la dose appropriée d'excitation, ou qu'elle se sent coincée pour une raison ou pour une autre, elle aura tendance à manipuler émotionnellement les autres pour les pousser à la faute et elle pensera que "c'est bien fait pour eux, ils se sont fait du mal tout seul". Aucune de ces situations n'est plaisante. Ce sont des comportements sous stress violent. Quand nous les voyons à l'oeuvre, les uns ou les autres, nous sommes incités à activer nos propres mécanismes d'échec. Ce sont des séquences contagieuses et il est utile que nous apprenions à nous en protéger comme à les gérer. Le Process Communication Model nous apprend à activer les processus à suivre pour éviter de partir en vrille et à interagir avec l'autre de façon à le faire sortir de son mécanisme et à retrouver la capacité à satisfaire son besoin de façon positive. Taibi Kahler a développé son modèle en travaillant étroitement avec la NASA pour la constitution et le management des équipages des navettes spatiales. J'ai pour ma part découvert le modèle il y a une bonne vingtaine d'années et même si je ne suis pas astronaute, j'en mesure la force et l'impact régulièrement.
02.02.2017
Philippe Etienne
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Une balle entre les deux yeux... Il y a 5 ans le PS voyait exploser en plein vol DSK, grandissime favori de l'élection présidentielle et nombreux sont ceux qui s'étaient dit que le scandale avait "heureusement" éclaté avant la primaire, permettant au PS de trouver son plan B, lequel fut élu, d'ailleurs. Cette année, l'explosion est à droite et là, catastrophe maxi, cela se produit après une élection primaire plutôt réussie. La balle que Fillon vient de se prendre en pleine tête, en fait, ce sont les 4 millions d'électeurs à la primaire de droite qui viennent de se la prendre en même temps. Pour une entreprise comme pour un homme politique, la crise se traduit par : une saturation des canaux de communication, l'apparition d'interlocuteurs inhabituels, des enjeux très élevés, vitaux, pour celui ou celle qui est touché, une incertitude qui domine et le temps qui s'accélère et fait pression. Tous les ingrédients sont présents dans le "Penelopegate" : - Saturation : Fillon ne peut plus s'exprimer sur rien d'autre, les médias ne parlent que de ça (la crise c'est de l'audience !), - Enjeux maximums : la candidature est plus que sérieusement remise en question et le rôle de la droite dans l'élection très fortement chahuté. La désagrégation menace. - Interlocuteurs nouveaux : les seconds couteaux de l'Assemblée en profitent pour se faire connaître (en l'espèce les députés de droite qui plaident pour un plan B immédiat) - Pression du temps et incertitude dominante : l'appel à la justice entraîne une gestion du temps chaotique où les médias veulent aller vite alors que la justice n'a pas franchement le droit de se dépêcher. Honnêtement, s'il est "blanchi", je ne donne pas cher de l'image de la justice. Fillon a tellement vendu l'image de son épouse discrète et effacée que, face au doute magistral qui vient de s'installer, chacun continuera à croire plus ou moins que la justice s'est faite acheter si elle déclare qu'en réalité Mme Fillon bossait comme une brave étudiante de ScPo qui apprend la politique dans les couloirs des assemblées. Les magistrats se sont fait traiter de lâches par François Hollande dans le fameux bouquin de Davet et Lhomme, ils ne vont pas donner prise à l'idée qu'ils puissent être complaisants. Parmi les facteurs d'accélération il faut mentionner la sensibilité de l'opinion publique française aux questions d'argent, et il est utile de se rappeler que le la moitié des Français gagne moins de 2000€ par mois. Donc, si vous gagnez plus, évitez de trop la ramener. Aux US, le cul ne pardonne pas (n'est ce pas Dominique), en France, c'est le pognon. On est judéo-chrétien ou on ne l'est pas. ... Et une balle dans le pied En plus, Fillon réagit de travers. L'étonnement rigidifie les réflexes, l'histoire du moment illustre à merveille ce postulat. Il est comme le lapin pris dans les phares d'une voiture. - Temps 1 il dit qu'il aime sa femme, ce dont chacun se moque éperdument. - Temps 2 il dit qu'il se retirera s'il est mis en examen, bref il joue la justice au lieu de se concentrer sur le seul problème qui vaille, celui de l'opinion publique et rien d'autre. La justice, il n'y a rien de pire, c'est le feuilleton assuré, pour se plomber, y'a pas mieux. - Temps 3 il demande quinze jours à ses soutiens. Quinze jours, mais c'est à la fois énorme et dérisoire. Il me fait penser à ces entreprises qui essaient de limiter la casse en évaluant mal le seuil de crise. Plus profondément, Fillon, parce qu'il est "scotché" par l'événement, semble adopter davantage une réponse tactique qu'une réponse stratégique. Facile à dire de son fauteuil, me direz vous. Cela montre cependant qu'un candidat aussi préparé à la compétition pour le poste suprême n'a pas de réflexion stratégique sur sa communication face aux pétards que ses adversaires, à couvert ou à découvert, peuvent lui lancer. Et je passe sur les erreurs de second ordre qui le décrédibilisent un peu plus : ses enfants n'étaient pas avocats mais juste étudiants en Droit et il a plus qu'un seul compte au Crédit Agricole de la Sarthe. Les stratégies face à la crise : revue Les stratégies connues face à la crise, on peut les résumer de la manière suivante : a) développez en amont vos relations avec vos publics : or Fillon, comme beaucoup de politiques, se croit le grand distributeur du jeu. C'est faux. Nous avons tous besoin des autres. Or Fillon a fait trop longtemps la course en solitaire. Ses compétences relationnelles sont basses. Il professe le mépris des communicants et des journalistes, grossière erreur. Hollande en a trop fait. Fillon n'en fait pas assez. Du coup, en ce moment, il est démuni. Ses soutiens improvisent, disent n'importe quoi, aggravent le problème. La désagrégation pointe. b) reconnaissez le problème :  - reconnaissez tout : en général c'est la seule stratégie viable pour éteindre l'incendie, pour mieux revenir plus tard. - ne reconnaissez pas tout, mais juste un bout. Mais lequel ? - reconnaissez et lancez des amalgames : dites et montrez que vous n'êtes pas le seul. Dites j'ai pris le pognon et un max de députés font pareil, et débrouillez vous pour balancer des noms, si possible pas des amis - enfin, et ce sera la stratégie des Républicains, reconnaissez le problème et dissociez, c'est à dire, par exemple, si vous êtes la Société Générale, dites "c'est Kerviel et c'est pas la banque". Ce sera la stratégie des Républicains, car ce sera la seule façon de sortir du problème. Fillon sera donc lâché, tôt ou tard et a priori aussi tôt que possible, car en campagne électorale, le temps compte double. c) latéralisez : - déplacez le débat sur un autre terrain. Dire par exemple, oui je l'ai payée, je trouve que le boulot d'une femme de député qui reste à la maison vaut bien ce salaire là. D'ailleurs toutes les femmes qui restent à la maison devraient toucher ce salaire là. Il existe d'ailleurs des études qui évaluent le salaire d'une femme au foyer à 8000 € par mois. - criez au complot : c'est ce que Fillon a choisi - Victimisez vous. Fillon le fait en partie mais Tapie faisait ça beaucoup mieux - Dites que d'autres font pire : Cahuzac mon ami ! Les stratégies de latéralisation, aussi improbables peuvent elles vous apparaître, peuvent marcher, Trump l'a très bien montré. Mais Fillon ne sait pas faire du Trump, c'est déjà ça d'ailleurs ! d) les stratégies du refus : - niez le problème : Fillon a commencé par là et ça ne marche pas - Taisez vous : mais chez les politiques, c'est impossible - Trouvez un bouc émissaire : la faute des médias ? certains le tentent, mais Le Canard Enchaîné, c'est du solide, tous les politiques le savent. Encore une fois, n'est pas Trump qui veut et c'est heureux. Bref, Fillon est englué et ne s'en sortira pas à mon avis (qui ne vaut pas grand chose, certes, mais bon). Juppé, probablement, va devoir y retourner et ce n'est pas sûr que cela suffise ! Pour finir, si vous voulez mon avis à nouveau, les primaires à droite ou à gauche, c'est terminé ! A gauche, la première du genre a conduit à Ségolène Royal, pas franchement un succès, la seconde à Hollande et je préfère ne pas commenter, la troisième à Hamon, on verra bien. Et au moment où j'écris, ce sont Le Pen et Macron les mieux placés, et ils ne doivent rien à une quelconque primaire. Je terminerai en citant Patrick Lagadec, auteur d'un ouvrage de référence sur la communication de crise : "Il faut avoir le courage de se poser des questions, surtout si on n'a pas les réponses et encore plus s'il s'agit de questions taboues, parce que les crises de demain sont souvent le refus des questions d'aujourd'hui". Qu'on se le dise !
01.01.2017
Philippe Etienne
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Les journaux font souvent des listes de sujets en fin d'année histoire de couvrir vite fait bien fait tous les grands ou petits événements que l'année nous a fait traverser. Cette période pénible est derrière nous et comme j'ai des lecteurs qui n'aiment pas les listes, je voudrais éviter de les perdre. En même temps je me rappelle ce bouquin sympa de Grégoire Delacourt, "La Liste de mes Envies", et je suis bien tenté de me la faire, ma liste des envies 2017. Je voudrais éviter les trucs genre "paix dans le monde", "on est tous frères". Ce n'est pas que je conteste l'intérêt de ces voeux là, mais bon, je n'y peux pas grand chose, c'est déjà bien que j'aime mes voisins ! Je domestique mon côté atrabilaire :-) Envie numéro 1 : écrire enfin cet ouvrage que la littérature mondiale attend. Bon, j'aimerai déjà que sorte en 2017 ce bouquin dont j'ai coordonné la rédaction en 2016, sur le thème du management à l'ère digitale. Le manuscrit est "prêt à clicher" et l'éditeur piaffe, et je suis très fier d'avoir participé à cette aventure éditoriale. En attendant d'hypothétiques écrits plus littéraires et sous ma signature, c'est déjà un joli premier pas. Envie numéro 2 : voir mes enfants continuer à s'éclater dans ce qu'ils font. En plus je peux me dire que j'ai vaguement joué un rôle là-dedans. En effet, comme j'en ai voulu (des schtroumpfs), j'ai décidé de m'en occuper et même si je suis reconnaissant à tous ces instituteurs / trices et enseignants pour leurs contributions, je continue à penser que les animaux sociaux que j'ai pondus ont surtout besoin de leur petite famille. Pour avoir proféré une évidence aussi énorme dans son film "C'est quoi cette famille", le réalisateur qui est aussi un copain rencontré au lycée, s'est fait quasiment traiter de facho homophobe sur les réseaux dits sociaux. Envie numéro 3 : lire, voir et entendre parler de situations ou de personnes qui donnent envie d'avancer au lieu de rester plantés Debout dans la Nuit. Car nom d'un chien, pour résister à la brochette de tueurs que sont Trump, Poutine, Erdogan et Netanyahu, il va en falloir de la "positive attitude" !. Alors vive les exemples positifs, les start-uppers qui prennent des initiatives, les taxis ou les VTCs qui prennent des clients au lieu de tourner en rond Porte Maillot, les candidats qui osent dirent poil au nez à Léa Salamé. Je suis allergique aux discours moralisateurs des écolos presqu'autant qu'aux acariens mais j'ai bien aimé le film "Demain". Comme le dit le proverbe : "c'est en forgeant qu'on devient forgeron". Alors, forgeons que diable, forgeons. Du coup, envie numéro 4 : rappeler aux banquiers qu'ils sont des serviteurs et non des maîtres. Et donc le rappeler aussi au mien ! En bon contribuable j'ai participé au sauvetage de leurs âneries il y a bientôt dix ans et il n'est pas impossible que les soucis de mes clients qui sont devenus aussi mes soucis trouvent une part de leur source dans leurs aventures grecques ou autres destinées à assouvir les fantasmes de leurs dirigeants. Alors, j'aimerai leur donner sur la tête une petite tape, comme une petite claque aux mauvaises odeurs. Mais comme le dit Bernard Tapie, ce sage parmi les sages, "quand tu dois 100 000 balles à ton banquier, c'est toi qui a des emmerdes, quand tu lui dois 100 millions, c'est lui qui les a". Mon ennemi c'est la finance, c'est bien connu. Envie numéro 5 et j'arrête là : continuer à pouvoir continuer à me promener en France et sur la planète. Il n'y a pas que la jeunesse que les voyages forment. D'autant plus que cela m'aide à me dire tous les jours un peu plus que si "les différences culturelles" existent, elles ont le dos large pour justifier nos oeillères. Plus j'avance, plus je me dis que ce qui réunit les gens est plus fort que ce qui les sépare. Alors les murs....Et si je passe pour un bisounours, je m'en moque. De toutes façons je ne supporte plus cette expression à la noix. Que tous ceux qui ne sont pas des bisounours aillent se faire pendre ailleurs,. Allez bonne année 2017 à mes milliards de lecteurs selon la formule consacrée !
11.12.2016
Philippe Etienne
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Heetch à la barre Cette semaine a eu lieu le procès de Heetch, accusé d'exercice illégal d'activité de taxi. J'espère que le juge se montrera à la hauteur du sujet. Résultat en mars. Les réquisitions sont lourdes puisque les fondateurs de cette plateforme sont menacés de 300 000€ d'amende et de deux années d'interdiction totale de diriger une entreprise. Car il arrive que les juges ne soient pas vraiment à la hauteur du sujet. Pour avoir suivi il y a quelques années les procès intentés à Google par les éditeurs de la presse belge francophone, j'étais ressorti, si besoin était, avec la conviction que la justice n'avait rien de cette entité sage et objective que certains aimeraient nous vendre, mais que les juges, comme tout le monde et paix à leur âme, étaient sensibles à des idées voire à des idéologies et pouvaient donc prendre des décisions idiotes. A l'époque, au nom d'une jurisprudence des années 80, pré-Internet, Google avait été condamné... Au bout du compte les éditeurs belges demandeurs ne s'en étaient pas vraiment bien portés. Rattrapés par la réalité si longtemps déniée, ils étaient revenus assez vite à la table des négociations. En attendant les résultats de ce procès et en espérant que le juge va comprendre que l'économie numérique et l'économie du partage feront davantage pour notre avenir que la préservation des taxis, on peut toujours écouter Creedence Clearwater Revival chanter les Hitch-Hikers en français les auto-stoppeurs, ancêtres analogiques des utilisateurs actuels de Bablacar, Uber et donc Heetch. Récit rapide d'un jeu de courte durée dans le Triangle Les taxis n'inspirent pas toujours une grande sympathie et ne donnent pas très envie de les soutenir. L'une de mes dernières expériences avec un des leurs a été calamiteuse. Cherchant à revenir en centre ville depuis la banlieue de Lyon, j'avais indiqué ma destination (une des 2 gares de Lyon) à la réceptionniste de mon hôtel. Celle-ci a préféré la modifier en passant la commande. "Si je donne votre véritable destination, personne ne viendra" m'explique-t-elle. Et la réceptionniste de l'hôtel d'ajouter : "surtout faites moi porter le chapeau, ça leur fera les pieds". Ce qui devait arriver arriva. Une fois mis devant le fait accompli, le chauffeur a manifesté son exaspération. Comme je sais que la stratégie du fait accompli est déloyale, je voulais bien comprendre que cela lui faisait mal aux arpions. Mais comme je suis un peu joueur, j'ai lâché, au dernier moment et après avoir payé en liquide (avec un pourboire !) : "vous faites pas la pub des taxis, vous"... Inutile de vous dire que j'ai récolté mon content d'énervement. Bref, on s'amuse on s'amuse... C'est un chouette exemple de jeu psychologique dans le Triangle de Karpman, cette histoire. Avec le chauffeur de taxi, la réceptionniste et moi dans les rôles successifs de Persécuteur, Victime et Sauveur. Ma réceptionniste d'hôtel avait bien démarré le jeu avec un magnifique rôle quasi-simultané de Victime (de la compagnie de taxis qui ne viendra pas, jolie Lecture de Pensée au passage), de Persécuteur (vis à vis de la compagnie de taxis à laquelle il s'agit de faire les pieds) et de Sauveur (vis à vis de moi, qui n'avait rien demandé, tel l'agneau admirable que je suis). Dans le Triangle de Karpman, il y a des coups de théâtre et des rebondissements, et on le voit dans cette petite histoire. De mon entrée à ma sortie du taxi, le chauffeur et moi allons alterner avec brio les rôles de Persécuteur et de Victime, avec un sens du rebondissement remarquable. J'avais le choix : j'aurais pu trouver les mots pour transformer notre triangle "dramatique" en triangle "compassionnel" puisque j'avais le fin mot de l'histoire. J'aurais pu lui dire : "vous savez la réceptionniste de l'hôtel a cru bon de tricher sur ma destination car elle était persuadée que, sinon, vous ne viendriez pas". Aurait-il protesté, nié ses mauvaises intentions ? C'est probable, il faut beaucoup d'agressivité pour dire à un client qu'une course à 20€ ne vaut pas le coup. Du coup nous nous serions épargnés nos jeux. Mais je n'en ai pas eu envie. Je préférai "lui faire les pieds". Lui non plus d'ailleurs n'en a pas eu envie, il aurait très bien pu accepter la situation, au lieu de jouer un jeu qui montrait, a contrario, que les soupçons de la réceptionniste n'étaient pas infondés. A Game Free Life Combien de fois jouons nous tous les jours à des jeux de cette sorte, à la maison ou au travail ? Au lieu de nous dire les choses, de traiter les sujets à fond et d'en tirer les enseignements. Comme le dit Steve Karpman, le psy qui a développé ce modèle d'analyse de ce jeu psychologique récurrent, il est préférable, face à telle ou telle situation, de l'évoquer (Bring it up), de s'en emparer (Take it up) et d'en faire le tour pour en sortir (Wrap it Up). Dans mes séminaires de négociation, je débats avec les participants sur la nécessité d'être "dur avec les problèmes posés" et "doux avec les personnes concernées" dans une négociation. L'approche dite "win/win" développée par Roger Fisher et William Ury s'inscrit dans la même philosophie que celle du Triangle compassionnel du camarade Steve Karpman. Si on élargit le champ d'observation, et pour en revenir à Heetch, je ne suis pas certain que les prétoires, 300K€ d'amende et deux ans d'interdiction d'entreprendre, soient ni les lieux ni les méthodes appropriées pour traiter sérieusement de l'impact de la numérisation sur telle ou telle profession. J'ai déjà évoqué ce sujet épidermique dans ce blog. Vouloir aborder les problèmes, s'en emparer pleinement et savoir être créatif à plusieurs pour en tirer les enseignements et ne pas retomber dans les mêmes ornières, c'est un sacré sujet pour chacun d'entre nous. Dans une campagne électorale par exemple, cela signifie savoir mettre les egos de chacun au vestiaire, ce qui n'est pas simple quand les projecteurs s'allument et que les courtisans se pointent. C'est parfois tellement plus gratifiant de faire du théâtre ! Et si on faisait lire "A Game Free Life" à nos futurs candidats ? Vivement la traduction française.
07.11.2016
Philippe Etienne
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L'une des choses les plus agréables que j'ai faites ce week-end a été d'acheter "La Terre Promise", le dernier album de Lucky Luke. Ce que j'aime dans cet album comme tant d'autres de la même collection, avec un degré de réussite qui le place parmi les meilleurs de la série, c'est le sens de l'humour de ses auteurs. Le sens de l'humour et de la drôlerie n'est pas forcément la chose la plus facile à partager au monde. Et je trouve que nous confondons bien souvent l'humour et l'ironie. L'ironie n'est drôle que pour celui ou celle qui l'utilise. Pour faire court : l'humour amuse tout le monde, l'ironie amuse essentiellement son ou ses auteurs. Comme le dit quelqu'un qui se reconnaîtra s'il lit ces lignes : l'humour ça brise la glace ; l'ironie ça glace la brise ! Les billetistes : ils usent avant de s'user Sur le service public de la radio et de la télévision prolifèrent depuis plusieurs années le genre billetiste dit humoristique et c'est une raison supplémentaire que j'ai de passer au large. Je tombe sur eux sur Facebook où quelques amis se font l'écho de leurs vannes quotidiennes. En bon travailleur organisé, je me suis fait la liste pas marrante de ces gens qui se trouvent très marrants et que je ne trouve pas marrants du tout. Alors voilà : Nicole Ferroni, Guillaume Meurice, Charline Van Hoenacker. J'ajoute Laurent Ruquier, qui sévit sur la télé publique et sur RTL. Je pourrais ajouter Léa Salamé, elle est "née" chez Ruquier, mais elle n'a jamais cherché à être drôle, d'ailleurs elle ne doit pas savoir, en plus aujourd'hui elle se croit éditorialiste politique, sérieuse, engagée et très très casse-pieds. La profession de billetiste est vieille comme le journalisme et il n'est pas question d'en nier l'éventuel intérêt. Le destin de ces professionnels est en général de s'user. Jean Roucas a sombré dans la vulgarité de son Bébête Show, les Guignols tournent en rond et ont du mal à s'en rendre compte, Stéphane Guillon a fini par en faire un peu trop et se prendre pour une victime de la liberté d'expression. Et en plus je paye Ce qui me chiffonne c'est qu'ils soient à ce point concentrés sur un service public de la radio et de la télé dont je conteste le bien-fondé. Je ne comprends pas pourquoi je suis obligé de payer pour que ces braves gens nous dispensent leurs ironies perpétuelles. C'est le moment d'en parler : nous avons une taxe d'habitation à payer d'ici la mi-novembre et une partie de cette douloureuse est destinée à financer "la redevance", laquelle revient en grande partie sinon en totalité à financer la subsistance de Nicole Ferroni, de Guillaume Meurice et de Charline Van Hoenacker, de Léa Salamé et un bout de celle de Laurent Ruquier. Je préfèrerai mettre mon pognon ailleurs. Du lien que je fais entre l'ironie permanente et l'épouvantable Donald Plus j'observe la campagne Trump, la montée des populismes en Europe et bien sûr en France et plus ces humoristes politiquement corrects me fatiguent. Car si je suis fâché aujourd'hui contre ces gens là, je pense que ce n'est rien face à la colère de centaines de personnes face à l'énormité des "bien-pensances" diverses que l'on nous colle. Quand Guillaume Meurice se fout de la gueule, sur les marchés de Nancy, des braves dames qui défendent Nadine Morano, il fait son boulot de chroniqueur de gauche dite caviar et il alimente la bestiole qu'il prétend chasser. Je n'ai aucun goût pour Mme Morano mais j'aimerai qu'on s'abstienne de lui sauter dessus pour la faire taire. Car plus ça va, plus elle va crier fort, elle ou ses semblables. Et nous observons bien qu'aux Etats-Unis, quand l'électeur trouve quelqu'un qui crie vraiment très fort en se servant très bien du système, le résultat est épouvantable. Il y a quelques années Stéphane Hessel avait publié un bouquin au succès foudroyant, "Indignez vous". Certains y ont vu le bréviaire des mouvements type Occupy Wall Street, Podemos, Syriza ou, plus près de nous les Nuits Debout ou aux USA les partisans de Bernie Saunders. Pour ma part j'avais lu le bouquin de Stéphane Hessel et jj n'étais pas absolument pas ok avec ce mot d'ordre d'indignation que je trouvais vain et sans espoir. Aujourd'hui je constate que ce mot d'ordre a malheureusement été entendu bien au delà des petites chapelles de la gauche caviar. Il y a un terreau commun entre la France Insoumise de Méluche et les foules qui acclament Donald. Que cela fasse le miel des vannes de Nicole Ferroni, de Charline Van Hoenacker ou de Guillaume Meurice, tant mieux pour eux j'espère qu'ils dorment bien. J'en reste très chiffonné. Derrière l'ironie pointe le commissaire En plus c'est très vite fait de tomber sous le coup du "politiquement correct".  Le réalisateur de "C'est quoi cette famille" une comédie très sympa sortie cet été, s'est fait agonir d'injures par un blogueur qui lui en voulait, entre autres péchés, de ne pas avoir montré de famille homoparentale dans sa comédie. Le réalisateur, un copain de longue date dont le tempérament "cool et progressiste" ne fait aucun doute n'en est pas revenu. Il a bien sûr répliqué comme il convenait à celui qu'il a qualifié de "commissaire politique" et l'expression était hélas la bonne. Heureusement il reste Lucky Luke. Il faut lire "La Terre Promise" pour rester de bonne humeur !

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